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L’histoire pour le plaisir

Lucius Opimius

samedi 24 janvier 2015

Lucius Opimius

Consul de Rome en 121 av. jc

Fils de Quintus Opimius , consul en 154 av. jc avec Lucius Postumius Albinus .

En 125 av. jc, il est préteur [1] sous le consulat de Marcus Plautius Hypsaeus et de Marcus Fulvius Flaccus. Durant cette période, Rome refuse le droit de cité aux Italiens et réprime tous les actes de rébellion et de défection avec force.

La ville de Frégelles [2], ville du Latium, au sud de Rome, fait défection. Lucius est envoyé en tant que préteur pour mettre fin à cette situation. Il obtient la capitulation de la ville. À la suite de sa victoire, il demande un triomphe qui est refusé car le territoire conquis était précédemment romain.

En 122 av. jc, il brigue le poste de consul. Il est membre du parti oligarchique. Il échoue face à Caius Fannius Strabo suggéré par Caius Sempronius Gracchus. L’année suivante, du fait de la démagogie de Marcus Livius Drusus et du manque de popularité de Marcus Fulvius Flaccus, Lucius Opimius a toutes ses chances d’obtenir le consulat.

Lors des élections, en juillet 122, pour l’année 121 av. jc, Caius Sempronius Gracchus échoue dans sa réélection pour être tribun de la plèbe, laissant sa place à Marcus Minucius Rufus et Lucius Opimius obtient le poste de consul avec comme collègue Quintus Fabius Maximus. Ce dernier part commander les légions romaines en Gaule alors que Lucius Opimius reste à Rome.

Son consulat est marqué par les morts de Caius Sempronius Gracchus et de Marcus Fulvius Flaccus, consul en 125 ainsi que ses deux fils. Ces morts ont permis la fin de cette guerre civile.

Lucius Opimius, à peine arrivé au pouvoir, et ses alliés se réunissent au Capitole afin d’abroger certaines lois de Caius Sempronius Gracchus. Gaius Gracchus reste tout d’abord calme puis excité par ses amis et surtout par Marcus Fulvius Flaccus, il rassemble autour de lui des partisans et se dirige vers le Capitole.

Quintus Antyllius, un allié de Lucius Opimius, est tué sous le portique à la suite de sa rencontre avec Caius Sempronius Gracchus. À la suite du meurtre, les gens effrayés quittent les lieux. Caius Sempronius Gracchus essaye de s’expliquer en descendant au forum mais il n’est écouté par personne. Cette mort est le prétexte attendu par Lucius Opimius et ses alliés et marque le début des confrontations. Quand Lucius Opimius est au courant de ce qui s’est passé, il excite le peuple à la vengeance.

Soit le jour même, soit le lendemain, alors que le Sénat est réuni, le corps du licteur de Lucius Opimius, Quintus Antyllius est exposé nu et transporté à travers le forum accompagné par des plaintes et des gémissements. Les sénateurs, attirés par le bruit et voyant l’étonnement feint de Lucius Opimius, sortent et voient le corps.

Ils se lamentent et leur colère envers Caius Sempronius Gracchus et Marcus Fulvius Flaccus s’embrase. Ils votent les projets de Lucius Opimius, ils confient la survie de la République et le soin d’exterminer les ennemis à Lucius Opimius par un senatus consultum ultimum [3].

Il demande aux sénateurs de prendre les armes et aux chevaliers de prendre deux serviteurs armés. Le Sénat fait mander Caius Sempronius Gracchus et Marcus Fulvius Flaccus pour qu’ils s’expliquent. Caius Sempronius Gracchus et Marcus Fulvius Flaccus s’emparent de l’Aventin dans le but de faire plier le sénat et se fortifient dans le temple de Diane avec leurs partisans.

Sur le conseil de Caius Gracchus, Marcus Fulvius Flaccus envoie au Forum son plus jeune fils, Quintus. Opimius déclare que des messagers n’avaient pas à persuader le Sénat, qu’ils devaient se présenter eux-mêmes. Il rajoute que Quintus ne pourrait revenir que si ces conditions étaient respectées, ils doivent mettre bas les armes et venir s’expliquer.

Caius Sempronius veut accepter et descendre auprès des sénateurs mais ses amis refusent. Fulvius Flaccus renvoie Quintus. Lucius Opimius arrête le jeune homme et ordonne de marcher sur Fulvius Flaccus et Sempronius Gracchus. Ces derniers sont mis en déroute. 250 partisans de Gracchus et lui-même meurent sur l’Aventin.

Afin de définitivement éliminer le parti des Gracques, Opimius fait arrêter et tuer, sans jugement, 3000 partisans de Gaius Gracchus. Quintus, le fils de M. Fulvius Flaccus qui avait servi de héraut, pu choisir son supplice et fut mis à mort.

En 120, Lucius Opimius doit répondre des événements qui ont eu lieu sous son consulat. Le chef d’accusation était de déterminer si oui ou non il avait le droit de tuer des citoyens alors que cela était interdit par la loi. L’accusateur était Decius, tribun de la plèbe avec le consul Caius Papirius Carbo comme défenseur. L’argument de défense était que Lucius Opimius avait tué Caius Sempronius Gracchus afin de sauver la République. De plus, il ajoutait que Lucius Opimius était sous l’autorité d’un “senatus consultum ultimum” et donc, qu’il agissait sur la demande du Sénat en accord avec sa conscience. Lucius Opimius fut acquitté.

L’institutionnalisation du “senatus consultum ultimum” mit aux mains du Sénat et de ses factions fut une arme sans limite contre d’éventuels opposants et on l’utilisa contre Saturninus en 100 av. jc, Catilina en 63 av. jc.

À la mort du roi numide, Micipsa, en 118 av. jc, le royaume de Numidie [4] est divisé entre le neveu Jugurtha et les deux fils du roi. En 116, Jugurtha tue le plus jeune fils du roi, Hiempsal et une commission part de Rome afin de diviser le royaume entre Jugurtha et Adherbal. Lucius Opimius est choisi comme chef de la délégation composée par 10 légats.

Jugurtha connaissant bien les Romains et réussit par des cadeaux à corrompre Lucius Opimius et ses compagnons. Jugurtha reçoit ainsi la partie la plus peuplée et la plus riche de la Numidie. Adherbal reçoit celle qui était la plus équipée en ports et en édifices.

En 113-112, Jugurtha attaque Adherbal qu’il tue, agissant contre les ordres de Rome. Des marchands italiens de Cirta [5] sont tués et cela déclenche une guerre entre Rome et Jugurtha.

Caius Mamilius Limetanus, tribun de la plèbe demande une enquête. Lucius Opimius ainsi que plusieurs de ses collègues, le prêtre Caius Galba, trois consulaires, Lucius Bestia, Cauis Cato, Spurius Albinus sont traduits en justice en 109. Ses droits civiques sont retirés et Lucius Opimius est condamné à l’exil.

Lucius Opimius haï et détesté par le peuple se retire à Dyrrachium [6] en Épire [7] et meurt peu après.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Lucius Opimius/ Portail de la Rome antique/ Consul de la République romaine

Notes

[1] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[2] aujourd’hui connue sous le nom de Ceprano

[3] Le senatus consultum ultimum (« décret ultime du Sénat »), plus exactement senatus consultum de re publica defendenda (« décret du Sénat pour la défense de la République »), est un terme moderne basé sur la formulation utilisée par Jules César. La forme est usuellement consules darent operam ne quid detrimenti res publica caperet ou videant consules ne res publica detrimenti capiat (« que les consuls veillent à ce que la République ne subisse aucun dommage. »).

[4] La Numidie est d’abord un ancien royaume berbère, qui alterna ensuite entre le statut de province et d’état vassal de l’Empire romain. Elle est située sur la bordure nord de l’Algérie moderne, bordé par la province romaine de Maurétanie, de nos jours l’Algérie et le Maroc, à l’ouest, la province romaine d’Afrique, la Tunisie, à l’est, la mer Méditerranée vers le nord , et le désert du Sahara vers le sud. Ses habitants étaient les Numides.

[5] Cirta fut capitale du royaume de Numidie, puis romaine pour laisser place à la ville actuelle de Constantine dans l’Algérie actuelle. Cirta au temps de Massinissa prend une importance stratégique de par sa position géographique

[6] Durrës est la deuxième plus grande ville d’Albanie après Tirana. Elle est le principal port du pays. Dans l’Antiquité, elle fut la capitale de la province d’Épire, sous les noms d’Épidamne ou Dyrrhachium

[7] Région montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l’Albanie. Épire se traduit par "Continent" en français. Ses habitants sont les Épirotes. Le terme peut désigner plus particulièrement :
- la périphérie d’Épire, l’une des 13 périphéries de la Grèce. Elle est bordée à l’ouest par la Mer Ionienne ; elle est limitrophe au sud-ouest de l’Albanie, au nord de la région de Macédoine de l’Ouest, à l’est de la région de Thessalie. La périphérie (capitale Ioannina (57 000 habitants) est divisée en 4 préfectures : Thesprotie, Ioannina, Arta et Preveza.
- l’Épire du Nord, une région d’Albanie La dynastie des rois éacides du peuple des Molosses y fonda un royaume puissant au 5ème siècle av. jc, avec les autres peuples Chaones, et Thesprôtes. Pyrrhus est un des membres de cette dynastie, ainsi qu’Olympias, la mère d’Alexandre le Grand.