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L’histoire pour le plaisir

Ebon de Reims

lundi 28 juillet 2014, par ljallamion

Ebon de Reims (vers 775-851)

Archevêque de Reims de 816 à 835, puis de 840 à 841

Saint Marc tiré des Evangiles d'Ebbon. Figurine colorée au trait à Hautvillers par des artistes rassemblés et dirigés par Ebbon. (Epernay, Bibliotheque, Municipale)Il naît en Germanie dans une famille de serfs d’un domaine royal de Charlemagne. Il est éduqué à la cour puis devient bibliothécaire et conseiller de Louis le Pieux, alors roi d’Aquitaine.

Quand Louis devient empereur, il nomme Ebon à l’archevêché de Reims, laissé vacant après le décès de Wulfaire.

Ebon devient une figure importante de l’expansion du christianisme dans le nord de l’Europe. Sur les instances de l’empereur Louis le Pieux, en 822, il va à Rome où le pape Pascal 1er le fait légat. À partir de 823, il est autorisé à prêcher chez les Danois avec Halitgaire , évêque de Cambrai, et Willerich, évêque de Brême.

Par la suite, il y fit de courts voyages qui n’auront que peu de succès. Quelques années plus tard Saint Ansgar aura plus de succès dans la christianisation du Danemark.

Quand les fils de Louis Le Pieux issus de son premier mariage avec Ermengarde de Hesbaye, Lothaire, Louis , et Pépin se rebellent en 830, Ebon reste loyal envers le roi, mais en 833 il rejoint l’insurrection.

En novembre de cette même année, il préside en l’abbaye Saint-Médard de Soissons [1] le synode qui dépose Louis le Pieux, et l’oblige à confesser publiquement ses soi-disant nombreux crimes. En retour, Lothaire 1er lui donne l’abbaye Saint-Vaast [2] près d’Arras en récompense.

Il devient alors un fidèle de Lothaire, même après le rétablissement de Louis le Pieux en mars 834. Quand Lothaire s’enfuit en Italie, Ebon, trop malade pour le suivre, se réfugie dans un ermitage parisien. Il y est retrouvé par les hommes de Louis et emprisonné à l’abbaye de Fulda [3]. Les événements de l’année précédente devaient bientôt s’inverser. Traîné au synode de Thionville le 2 février 835, Ebon doit admettre, devant 43 évêques, que Louis a été injustement accusé de crimes qu’il n’a jamais commis. Il se retire officiellement de l’archevêché de Reims le 28 février suivant. Le synode le dépose promptement ensuite le 4 mars. Il est à nouveau emprisonné à Fulda et plus tard confié à Fréculf évêque de Lisieux , puis à Boson, abbé de Fleury.

En décembre 840, après la mort de Louis le Pieux, Lothaire succède à son père et réintègre Ebon. Un an plus tard, cependant, Charles le Chauve prend le contrôle du royaume de Francie occidentale et Ebon est déposé une seconde fois. Hincmar de Reims est alors nommé pour lui succéder en 845 mais refuse de reconnaître les ordinations prodiguées par son prédécesseur. En 853, les ordinations antécédentes d’Ebon seront également déclarées illégales par le concile de Soissons.

Ebon part alors se réfugier à la cour de Lothaire 1er qui, n’ayant plus besoin de lui, s’en sépare en l’envoyant à la cour de Louis le Germanique qui l’accueille et le fait évêque de Hildesheim [4] où il meurt en 851.

Il a écrit “l’Apologeticum Ebbonis” en défense de sa réintégration. C’est peut-être un prêtre ordonné par Ebon qui a écrit les fausses décrétales. Il a aussi rassemblé des artistes à Hautvillers [5] qui ont transformé l’Art carolingien en quelque chose de nouveau, et a créé l’école de Reims. Les magnifiques Évangiles d’Ebbon sont leur œuvre la plus connue. Son influence sur la Renaissance carolingienne est énorme dans les domaines de l’art et de l’enluminure.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Ebon de Reims/ Renaissance carolingienne/ Portail de Reims

Notes

[1] L’Abbaye Saint-Médard était un monastère bénédictin de Soissons dont la fondation remontait au vie siècle. Seule sa crypte subsiste aujourd’hui. Sous les Carolingiens, l’abbaye continua de jouer un rôle déterminant dans les affaires du royaume. C’est ici qu’en 751 le dernier Mérovingien, Childéric III, reçut la tonsure, et c’est encore à Saint-Médard que se réunit le 13 novembre 833 le synode convoqué par Lothaire et présidé par l’archevêque Ebon de Reims, qui déposa pour la seconde fois l’empereur Louis le Pieux. Louis fut contraint de lire des aveux forcés, de rendre les armes, d’endosser le cilice, d’abdiquer et de renoncer au monde.

[2] L’abbaye Saint-Vaast était un monastère bénédictin fondé en 667 sur la colline de La Madeleine près d’Arras, où le futur saint Vaast avait coutume de se retirer. C’est autour d’elle que grandit le village sur les rives du Crinchon. L’abbaye Saint-Vaast fonda l’un des trois premiers collèges de l’université de Douai en 1619.

[3] Située près de Cassel en Allemagne, cette abbaye fut fondée en 744 par Sturmius, un disciple de Saint Boniface. Richement dotée par Carloman, l’abbaye de Fulda adopta la règle bénédictine que Sturm rapporta du Mont-Cassin. En 751, le pape Zacharie exempta l’abbaye de toute juridiction épiscopale autre que celle de l’évêque de Rome c’est-à-dire du pape.

[4] Hildesheim est une ville allemande, située près de Hanovre, Basse-Saxe

[5] Hautvillers est une commune française située dans le département de la Marne en région Champagne-Ardenne. En l’an 650, en plein Moyen Âge, l’archevêque saint Nivard, alors en charge de l’église de Reims, aurait eu, au cours d’un voyage dans cette région, une vision prophétique : une colombe volant à flanc de coteaux, lui indiquant le lieu ou installer le futur monastère. Dès lors, il ordonne la construction de l’abbaye bénédictine Saint-Pierre d’Hautvillers.