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Thibaut 1er de Blois dit le Tricheur

mercredi 11 février 2026, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 14 octobre 2013).

Thibaut 1er de Blois dit le Tricheur (vers 910- 975/977)

Comte de Blois-de Chartres, Vicomte de Tours-vicomte de Châteaudun, seigneur de Vierzon et de Sancerre- de Chinon, de Saumur, de Beaugency et de Provins

Thibaut 1er de Blois dit le Tricheur Comte de Blois-de Chartres, Vicomte de Tours-vicomte de Châteaudun, seigneur de Vierzon et de Sancerre- de Chinon, de Saumur, de Beaugency et de Provins

Fils de Thibaud l’Ancien, vicomte de Tours et de Richilde, il épouse vers 943/944 Liutgarde, fille d’Herbert II de Vermandois, et récente veuve de Guillaume Longue-Épée, duc de Normandie.

Sa femme lui apporte le comté de Provins [1] et procure à sa descendance la succession du comté de Champagne [2].

Lorsqu’en 952 meurt son beau-frère, le duc de Bretagne [3] Alain dit Barbe-Torte, l’époux de sa sœur, c’est lui qui, pendant la minorité de son neveu, Drogon, exerce sa tutelle sur le duché de Bretagne, créant une zone d’influence dans le comté de Rennes [4].

Initialement, Thibaud est un des vassaux d’Hugues le Grand, duc des Francs, l’un des hommes les plus puissants du royaume, pourvu du marquisat de Neustrie [5] et qui a fait et défait les derniers rois carolingiens.

Vers 945, ce dernier le charge de garder le roi Louis IV qu’il vient de faire prisonnier. En contrepartie de la liberté qu’il doit rendre au roi au bout d’une année de captivité, Hugues le Grand lui confie la cité de Laon [6].

Profitant de la mort en 956 du duc des Francs et de la minorité de son jeune fils Hugues Capet, il s’émancipe de son suzerain, s’intitule dès 960, comte de Blois [7] et de Tours [8] et augmente son domaine en occupant Chartres [9] et Châteaudun [10].

En 958, lors d’une rencontre avec Foulques II d’Anjou, dans le pays de Véron [11] il remarie sa sœur au comte d’Anjou Foulques II d’Anjou.

Dans les années 960, il s’associe au roi Lothaire, fils de Louis IV d’Outremer, contre son suzeraLe comté de Rouen est la division administrative du comte de Rouen, en Normandie. Rollon le reçut de Charles III le Simple en 911, lors du traité de Saint-Clair-sur-Epte. Guillaume Longue-Épée et Richard Sans-Peur en sont également titulaires. Durant les 20 premières années, Rollon réorganise le comté et répartit les territoires selon les traditions nordiques entre ses proches conseillers et compagnons d’arme. L’implantation des vikings provoque la création de nouveaux toponymes dans le Cotentin et le long des cours d’eau. Ce domaine a disparu à la création du duché de Normandie.in Hugues Capet, et ne tarde pas à s’opposer à Richard 1er de Normandie. En 961, il attaque le comté d’Évreux [12]. En réaction, les Normands attaquent le Dunois [13]. En 962, il lance une puissante expédition contre Rouen [14], qui échoue. En représailles, les Normands pénètrent en Chartrain et brûlent Chartres.

De son vivant il s’assure le contrôle des forteresses de Saint-Aignan [15], de Vierzon [16], ainsi que peut-être celle de La Chapelle d’Angillon [17], en Berry [18].

Pendant la minorité d’Hugues Capet, il renforce les défenses de Chartres et de Châteaudun et vers 960 construit la forteresse de Saumur [19]. Sa principauté devient suffisamment puissante dans le val de la Loire, pour inquiéter Hugues Capet, qui juge nécessaire de s’allier avec l’Anjou.

Son frère Richard devient archevêque de Bourges [20].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia/ Portail du royaume de France/ Maison de Blois/Comte de Blois/Comte de Tours/Comte de Chartres/Comte de Châteaudun

Notes

[1] Provins est une commune française située à 77 kilomètres au sud-est de Paris, sous-préfecture du département de Seine-et-Marne. Ancienne capitale des comtes de Champagne. Témoignant déjà d’une certaine importance, dès le début du 9ème siècle, Charlemagne y envoie ses missi dominici. Autre preuve d’un rôle majeur : Provins frappe sa propre monnaie, le denier provinois. Provins est devenue à cette époque la 3ème ville de France, après Paris et Rouen. Provins fut au Moyen Âge l’une des villes abritant les plus grandes foires de Champagne, lorsque la ville était sous la protection des comtes de Champagne. C’est sûrement cette période qui laissa le plus de traces sur Provins.

[2] Le comté de Champagne et de Brie est issu de la réunion des terres de la dynastie des Thibaldiens, c’est-à-dire la branche issue de Thibaut « le Tricheur » (Thibaud 1er de Blois) : comté de Meaux, comté de Troyes. Le comté de Champagne est rattaché au domaine royal par le mariage de Jeanne de Navarre, comtesse de Champagne, et du dauphin Philippe le Bel en 1284. Le rattachement est rendu définitif par leur fils Louis X le Hutin.

[3] Le Duché de Bretagne est un duché féodal qui a existé de 939 à 1547. Son territoire, partie de celui de l’ancienne Armorique, correspond à la région Bretagne actuelle avec une grande partie du département de la Loire-Atlantique où se trouvent la ville de Nantes et l’ancien pays de Retz. Le duché s’est trouvé, au fil des siècles, dans les zones d’influence du duché de Normandie, du royaume de France et du royaume d’Angleterre. À plusieurs reprises, les ducs ont essayé de se détacher de ces influences. Succédant au royaume de Bretagne, le duché naît en 936, en plein cœur de l’occupation de la Bretagne par les troupes viking du chef Incon. Alain Barbetorte, petit-fils du dernier roi de Bretagne Alain 1er Le Grand, libère le pays du joug normand et devint alors le premier duc de Bretagne. Pendant près de trois siècles, du 10ème siècle au 12ème siècle, les grandes maisons comtales bretonnes (Nantes, Rennes, Cornouaille) se disputent ardemment le pays breton et finissent par posséder le duché les unes après les autres.

[4] Les comtes de Rennes étant devenus ducs de Bretagne avec Conan 1er. Le comté disparut quand il fut intégré au duché de Bretagne sous Pierre Mauclerc duc consort de 1213 à 1221.

[5] Royaume franc qui couvrait le nord-ouest de la France actuelle, et avait pour capitale Soissons. Néanmoins, il semble que le terme de Neustrie ne soit apparu qu’un siècle après la création du royaume. La Neustrie avait été créée lors du partage qui suivit la mort de Clovis 1er, en 511, et revint à Clotaire 1er, qui, au terme de son long règne de 50 ans, avait réussi à reconstituer le royaume de son père. Elle fut le 2ème grand royaume franc né lors des partages successoraux mérovingiens à partir des territoires conquis sur Syagrius. Son aire géographique était limitée par la Loire au sud, l’océan Atlantique et la Basse-Bretagne à l’ouest, et la Champagne à l’est. Elle s’étendait jusqu’en Flandre au nord.

[6] Laon est une commune française, préfecture du département de l’Aisne. Ville fortifiée sur une colline, Laon possède de nombreux monuments médiévaux, des hôtels particuliers et des maisons des 16ème , 17 et 18ème siècles en grand nombre, notamment dans les rues Sérurier, Saint-Jean, Saint-Cyr ou Vinchon, véritables musées urbains.

[7] Le comté de Blois est un ancien comté du Nord de la France. Le comté de Blois était une juridiction féodale du Royaume de France née vers 900. Le premier vicomte est Garnegaud, décédé en 906. Son successeur était le chevalier bourguignon Thibaud l’Ancien qui reçut également la vicomté de Tours en 908 et en 940, il devint vicomte de Blois et de Tours. Il mourut en 943 et son fils Thibaut le Tricheur prend le titre de Comte de Blois et s’empare du comté de Chartres. Son fils Eudes 1er devient Comte de Blois et de Chartres, de Tours, de Châteaudun, de Provins et de Reims. Son fils Thibaut II lui succède de 996 à 1004 . Son frère Eudes II rajoute à son domaine le comté de Meaux et le comté de Troyes. Il meurt en 1019, date à laquelle les domaines sont divisés. La dynastie continua jusqu’à la mort de Thibaut VI, donnant le comté à sa fille Marguerite de Blois. Le comté passe alors dans la Maison d’Avesnes puis de Blois-Châtillon. En 1397, le comté est intégré au Duché d’Orléans par manque de descendance.

[8] Tours est une commune de l’ouest de la France, sur les rives de la Loire et du Cher, dans le département d’Indre-et-Loire, dont elle est le chef-lieu. Ancienne Caesarodunum cité des Turones, fondé par Auguste, capitale de la 3ème Lyonnaise avec un des plus grands amphithéâtres de l’empire romain. Sanctuaire national avec saint Martin, Grégoire de Tours et Alcuin sous les Mérovingiens et les Carolingiens, avec l’adoption par les Capétiens de la monnaie locale la livre tournois qui deviendra la monnaie du royaume. Capitale du comté de Tours qui deviendra la Touraine, le jardin de la France. Première ville de l’industrie de la soie, voulu par Louis XI, capitale royale sous les Valois avec ses châteaux de la Loire et ville d’art avec l’École de Tours. Capitale de loyauté pour Henri III et Henri IV pendant les guerres de Religion

[9] Terre à proximité de la Normandie, le Chartrain a été au cours des 9ème et 10ème siècles secoué par les invasions et guerres normandes, notamment en 858 et en 911. Pour fixer les populations normandes et mettre ainsi un terme au saccage des terres du royaume, Carloman fait le chef viking Hasting « comte de Chartres » en 882, après l’avoir battu en 879. Sitôt comte, Hasting vend sa possession en 886. Vassal du duc des Francs Hugues le Grand, un certain Thibaud de Blois profite de la jeunesse de l’héritier au titre ducal pour s’ériger en « comte de Blois » vers 960 alors que son père en était le vicomte. Bientôt, les terres personnelles du comte sont augmentées du comté de Chartres ainsi que la vicomté de Châteaudun. Le titre reste dans les mains de la famille de Thibault jusqu’en 1286, date à laquelle le comté est de nouveau fondu dans le domaine royal.

[10] En 956, Thibaut 1er le Tricheur, comte de Blois, s’empare de Chartres et de Châteaudun, soutenu par le roi Lothaire, ce qui contribue à l’affaiblissement d’Hugues Capet, alors duc de France. Thibaut le tricheur délègue à Châteaudun des vicomtes, qui prirent peu à peu de plus en plus de pouvoirs, restant sous la suzeraineté du comte de Blois. Les comtés de Blois, de Châteaudun et de Chartres passèrent à la maison de Châtillon, qui les conserva jusqu’en 1391, date à laquelle Guy de Châtillon vendit ses biens à Louis d’Orléans. À cette même époque, le dernier vicomte de Châteaudun vend la vicomté à ce même prince.

[11] région comprise entre Chinon et Bourgueil,

[12] Le comté d’Évreux, créé au 11ème siècle, est commandé par un comte, c’est une partie du duché de Normandie, qui avait pour capitale la ville d’Évreux. Rattaché au domaine royal capétien en 1200, il en sortit pour former un apanage.

[13] Le Dunois est le pagus qui entoure la ville de Châteaudun. Quelques comtes et vicomtes de l’époque carolingienne sont connus. En 956, Thibaud Ier le Tricheur, comte de Blois, s’empare de Chartres et de Châteaudun, soutenu par le roi Lothaire, ce qui contribue à l’affaiblissement d’Hugues Capet, alors duc de France. Thibaud le Tricheur délègue à Châteaudun des vicomtes, qui prennent peu à peu de plus en plus de pouvoirs, restant sous la suzeraineté du comte de Blois. Les comtés de Blois, de Châteaudun et de Chartres passent à la maison de Châtillon, qui les conserve jusqu’en 1391, date à laquelle Guy de Châtillon vend ses biens à Louis d’Orléans frère cadet de Charles VI. À cette même époque, le dernier vicomte de Châteaudun vend la vicomté à ce même prince. Louis d’Orléans crée alors le comté de Dunois qui échoit à son fils illégitime Jean de Dunois, le célèbre capitaine compagnon de Jeanne d’Arc, par don de Charles d’Orléans, demi-frère légitime de Jean.

[14] *

[15] Saint-Aignan (anciennement appelée Saint-Aignan-en-Berry ou Saint-Aignan-sur-Cher) est une commune française située dans le département du Loir-et-Cher. Érigée à flanc de coteau sur les bords de la rivière Cher, la cité possédait une situation très enviée, au carrefour de trois provinces : Orléanais, Berry et Touraine. Elle conserve de son histoire une architecture urbaine faite de petites ruelles ainsi que de nombreux monuments.

[16] Vierzon est une commune française située dans le département du Cher. En 1196, les troupes de Richard Cœur de Lion s’emparent de Vierzon et la pillent. En août 1356, lors de la Chevauchée du Prince noir, la ville est prise par les troupes du captal de Buch, Jean de Grailly. Elle est incendiée ainsi que le château et l’abbaye. En 1370, Bertrand Du Guesclin en chasse les Anglais et redonne Vierzon à la couronne de France. La ville deviendra alors un des centres de ravitaillement des armées de Jeanne d’Arc. Vierzon subit les guerres de Religion, mais reste catholique.

[17] La Chapelle-d’Angillon est une commune française située dans le département du Cher. Elle fait partie de l’aire d’attraction d’Aubigny-sur-Nère. Le patrimoine architectural de la commune comprend un immeuble protégé au titre des monuments historiques : le château de Béthune, édifié pour Gilon de Sully dans la deuxième moitié du 11ème siècle, puis agrandi au 16ème siècle.

[18] Le duché de Berry est un ancien duché du royaume de France, couvrant les actuels départements du Cher et de l’Indre. Sa capitale était Bourges, également centre du bailliage de Berry, auxquels s’ajoutaient les châtellenies de Lury, Mehun-sur-Yèvre et Vierzon. Confié en apanage à plusieurs reprises à des princes de la famille royale, il connut une existence intermittente et éphémère, à partir de sa constitution, en octobre 1360, au profit de Jean de France, troisième fils du roi Jean II le Bon. À la mort du duc de Berry, en 1416, le duché retourne au domaine royal.

[19] Le château de Saumur a connu ses premières fortifications sous Thibaud le Tricheur, comte de Blois, au 10ème siècle. Les premières pierres sont posées autour de l’abbaye bénédictine de Saint-Florent-du-Boële afin d’assurer sa protection et asseoir la position de sa famille sur la Loire. Mentionné dans un texte de 968, on ne connaît cependant presque rien de ce premier édifice. En 1026, dans un moment de crise et d’instabilité de la structure, la forteresse est prise aux mains du comte d’Anjou, Foulques III d’Anjou dit Foulques Nerra, qui repousse par conséquent les bénédictins de l’autre côté du Thouet. Le château reste ensuite aux mains des ducs d’Anjou jusqu’à la défaite de Jean Sans Terre en 1203.

[20] L’archidiocèse de Bourge est un archidiocèse de l’Église catholique en France. Il a été érigé dès le 3ème siècle. L’autorité métropolitaine de Bourges sur l’Aquitaine est admise à la fin du 5ème siècle ; déjà en 630, Didier, évêque de Cahors, appelait patriarche Sulpice, évêque de Bourges ; en 786, Ermembert de Bourges, métropolitain, devenait le premier archevêque de son siège en recevant le pallium. Dans une lettre (vers 864/867) du pape Nicolas 1er à l’archevêque Raoul, Radulf ou Rodolphe, le siège de Bourges est qualifié de patriarcat, mais sa juridiction sur Narbonne est réduite à néant. Il s’agit, selon toute apparence, d’un faux, sans grandes conséquences immédiates : on sait que Vulfade reçut le pallium le 23 février 868), mais guère plus. On constate dans la première moitié du 11ème siècle une utilisation diffuse du titre de primat pour désigner l’archevêque de Bourges, par exemple dans une lettre d’Oliba, évêque de Vich à Gauzlin.