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Bernard Mandeville ou Bernard de Mandeville

lundi 6 avril 2015 (Date de rédaction antérieure : 11 mars 2013).

Bernard Mandeville ou Bernard de Mandeville (1670-1733)

Médecin et écrivain néerlandais-philosophe-économiste et auteur satirique

Bernard Mandeville ou Bernard de Mandeville Médecin et écrivain néerlandais-philosophe-économiste et auteur satirique

Né à Rotterdam [1] en Hollande où son père était un éminent médecin, il fait ses études en philosophie et en médecine à l’Université de Leyde [2]. Il devient docteur en médecine en 1691, et s’installe en 1693 en Angleterre pour le reste de sa vie.

Il se spécialise dans les maladies nerveuses, que l’on appelle à l’époque les "passions". Il fait d’ailleurs paraître, en 1711, “son Traité des passions hypocondriaques et hystériques”. Il développe alors un intérêt non seulement pour la politique et l’économie, mais également pour les fables.

En 1703, il traduira en anglais les Fables de La Fontaine et y joindra deux de ses propres fables : "La carpe" et "Le rossignol et le hibou". Auteur d’une œuvre littéraire abondante, il est passé à la postérité avec un court opuscule didactique “La Fable des abeilles, ou les vices privés font le bien public”. Celui-ci contient un poème : "La ruche mécontente ou les coquins devenus honnêtes", en plus d’une vingtaine de remarques et d’essais sur la politique, l’éthique et l’économie.

La Fable des abeilles décrit avec passablement de cynisme les ressorts de la prospérité de l’Angleterre du 18ème siècle. Il y dénonce les fausses vertus que sont, par exemple, la modestie, la décence, l’honnêteté et le sens de la hiérarchie. Il tente de montrer comment la convoitise, l’orgueil et la vanité sont les ressorts de l’opulence. Il souligne, en somme, l’utilité économique des vices et montre, du même souffle, l’harmonie naturelle des intérêts.

La Fable provoquera un véritable scandale. Les journaux seront le lieu de débats acrimonieux, alors que l’Église condamnera ce diable d’homme.

Or, on semble avoir mal compris le sens de la dichotomie vertu/vice qu’utilise Mandeville. La vertu, selon lui, est toute action qui s’oppose aux impulsions de la nature et qui cherche à faire le bien public, alors que le vice est tout ce que l’homme accomplit pour satisfaire ses appétits sans considération pour le bien public.

L’attitude de Mandeville fut attaquée par ses contemporains l’évêque George Berkeley et William Law et en 1729 a fait l’objet d’une poursuite pour sa tendance immorale.

Néanmoins ses idées sur la société et la politique ont été saluées par Friedrich Hayek, un partisan de l’économie autrichienne , dans son livre “Droit, législation et liberté”.

Cependant, son travail a eu une influence forte sur la doctrine de l’utilitarisme du 19ème siècle et devait en revanche attirer plus tard l’attention de Keynes , qui, dans un appendice historique à sa T“héorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie” cite Mandeville de façon élogieuse.

Il est mort de la grippe le 21 Janvier 1733 à Hackney en Angleterre

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de les grandes figures intellectuelles/ Le XVIIIe siècle/le siècle des Lumières/Département de philosophie, UQÀM, 2010

Notes

[1] Rotterdam est une ville portuaire et commune néerlandaise, située en Hollande-Méridionale.

[2] L’université de Leyde est la plus ancienne des universités néerlandaises. Située à Leyde, elle est très réputée et a été fréquentée par plusieurs membres de la famille royale des Pays-Bas.