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Néhémie

mercredi 2 mars 2022, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 21 décembre 2012).

Néhémie

Figure majeure du retour à Sion, dont l’histoire est consignée dans la Bible hébraïque [1].

Il est considéré comme le principal maître d’œuvre de la reconstruction des murailles de Jérusalem [2], et comme l’auteur principal du Livre de Néhémie [3].

Selon le Livre de Néhémie, seule source d’information sur le personnage, Néhémie est le fils de Hakhalia et appartient probablement à la tribu de Juda [4] ; ses ancêtres avaient habité à Jérusalem avant l’exil à Babylone.

Alors qu’il sert comme échanson [5] à Suse [6] auprès de Artaxerxès, roi de la Perse achéménide [7], il entend de l’un de ses frères, Hanani un rapport alarmant sur la désolation qui règne à Jérusalem.

Le deuil que prend Néhémie devient si apparent que le roi s’enquiert de ses problèmes, et lui permet, peut-être avec l’intercession de la reine ou de la reine mère, de visiter Jérusalem, en tant que tirshatha [8] de la province de Yehoud [9], sous domination perse. Néhémie, arrivé dans la vingtième année de règne d’Artaxerxès, est muni de firmans stipulant qu’il doit se voir remettre une provision de bois pour la reconstruction des murs. Son arrivée contrarie grandement Sanballât le Horonite, gouverneur de Samarie [10], et Tobia l’Ammonite [11], qui gouvernait probablement Ammon ; leur opposition, ainsi que celle de Guechem l’Arabe va grandissant lorsqu’ils sont mis au courant des projets de Néhémie.

La reconstruction des murailles d’enceinte de Jérusalem avait été entreprise plusieurs fois avant Néhémie mais ces tentatives avaient été vouées à l’échec. Après avoir inspecté Jérusalem de nuit afin d’agir dans la plus grande discrétion, il instruit la famille sacerdotale et 42 familles de diverses localités judéennes [12] de reconstruire les divers portes et tours ainsi que les pans de murs entre ces portes et édifices. Cependant, les esprits s’échauffent parmi les ennemis des Judéens, et entreprennent diverses tentatives d’intimidation. Des Judéens eux-mêmes alliés aux adversaires de Néhémie les dissuadent de poursuivre les travaux.

Néhémie fait armer les maçons, instaurant des tours de garde. Malgré l’ampleur de la tâche, celle-ci est achevée, selon le récit biblique, en 52 jours.

Sitôt la construction terminée, Néhémie s’attelle à des réformes politiques. La première est de restituer leurs terres à ceux qui ont dû s’en défaire pour payer leurs dettes. Cette mesure, qui annule toute considération pour des propriétés légalement acquises, passe relativement facilement, selon le récit, du fait du désintéressement de Néhémie, qui préfère partager l’ordinaire avec les gens que les mesures alimentaires qui lui reviennent de droit en tant que gouverneur. Peu après, cependant, il doit faire face à des tentatives d’assassinat et de discrédit, auxquelles prennent part des habitants de Jérusalem sous la coupe des ennemis de Néhémie, parmi lesquels le faux prophète Shemaya et la fausse prophétesse Noadiya.

Néhémie lance ensuite une enquête sur la généalogie des résidents de Jérusalem, afin d’en écarter les étrangers. Il se fait remettre à cet effet une copie du rouleau des familles retournées à Sion avec Zorobabel .

Le reste de ses réformes semble être de nature religieuse, Néhémie secondant Esdras le Scribe dans sa réinstitution de la loi mosaïque, en particulier du respect dû au shabbat [13]. Il met également en place un système de taxation pour l’entretien du Temple et de son culte, malgré l’opposition que ses décrets suscitent. Une fois ses réformes établies, Néhémie retourne à Suse ou Ectabane [14].

Lors de son retour à Jérusalem, au cours duquel il complète son enquête généalogique, Néhémie se lamente de la décadence dans laquelle Jérusalem a sombré au cours de son absence de 2 ans. On ne connaît rien de son histoire au-delà de ce point ; il est probablement mort à Jérusalem dans son vieil âge.

Néhémie est le dernier gouverneur mandaté par la cour de Perse, la province de Yehoud sera en effet annexée à la satrapie [15] de Cœlé-Syrie [16], et gouvernée par un Grand Prêtre [17] nommé par les Syriens [18].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia / Portail Israël antique et Juifs dans l’Antiquité/ Personnalité de l’Israël antique

Notes

[1] Tanakh. Les livres inclus dans le Tanakh étant pour la plupart écrits en hébreu, on l’appelle également la Bible hébraïque. Bien que l’araméen se soit introduit en bonne partie dans les livres de Daniel et d’Esdras, ainsi que dans une phrase du Livre de Jérémie et un toponyme de deux mots dans le Sefer Bereshit (Livre de la Genèse), ces passages sont écrits dans la même écriture hébraïque. Selon la tradition juive, le Tanakh est constitué de vingt-quatre livres : la Torah contenant cinq livres, les Nevi’im huit, et les Ketouvim onze.

[2] Ville du Proche-Orient que les Israéliens ont érigée en capitale, que les Palestiniens souhaiteraient comme capitale et qui tient une place centrale dans les religions juive, chrétienne et musulmane. La ville s’étend sur 125,1 km². En 130, l’empereur romain Hadrien change le nom de Jérusalem en « AElia Capitolina », (Aelius, nom de famille d’Hadrien ; Capitolina, en hommage au dieu de Rome, Jupiter capitolin) et il refonde la ville. Devenue païenne, elle est la seule agglomération de la Palestine à être interdite aux Juifs jusqu’en 638. Durant plusieurs siècles, elle est simplement appelée Aelia, jusqu’en 325 où Constantin lui redonne son nom. Après la conquête musulmane du calife Omar en 638, elle devient Iliya en arabe, ou Bayt al-Maqdis (« Maison du Sanctuaire »), équivalent du terme hébreu Beit ha-Mikdash (« Maison sainte »), tous deux désignant le Temple de Jérusalem, ou le lieu du voyage et d’ascension de Mahomet, al-Aqsa, où se situait auparavant le temple juif

[3] Le Livre de Néhémie est un livre de la Bible hébraïque et de l’Ancien Testament. Il est appelé ainsi dans les canons hébraïque et protestant et correspond à II Esdras dans le canon catholique. Dans les textes massorétiques, il fait partie du Livre d’Esdras jusqu’en 1448. Le livre couvre une période de douze ans (445/433 av. jc). Le livre de Néhémie raconte les progrès et les difficultés de l’œuvre à Jérusalem après le retour des Juifs de la captivité babylonienne.

[4] La Tribu de Juda est une des 12 tribus d’Israël citées dans la Bible. Cette Tribu descend de Juda, le fils de Jacob et Léa. C’est de cette Tribu que sont issus les rois de Juda, de la lignée de David et sera issu le Messie selon la tradition biblique et, ultérieurement, la parenté charnelle de Jésus-Christ, selon la tradition chrétienne.

[5] Un échanson était un officier chargé de servir à boire à un roi, un prince ou à tout autre personnage de haut rang. En raison de la crainte permanente d’intrigues et de complots, la charge revenait à une personne en qui le souverain plaçait une confiance totale. L’échanson devait en particulier veiller à écarter tout risque d’empoisonnement et parfois même goûter le vin avant de le servir. Dans la mythologie et les religions, les divinités ont parfois, elles aussi, un échanson.

[6] Suse ou Shushan dans la Bible est une ancienne cité de la civilisation élamite, devenue au 5ème siècle av. jc la capitale de l’Empire perse achéménide, située dans le sud de l’actuel Iran à environ 140 km à l’est du fleuve Tigre. Elle ne présente plus aujourd’hui qu’un champ de ruines.

[7] L’Empire achéménide est le premier des Empires perses à régner sur une grande partie du Moyen-Orient. Il s’étend alors au nord et à l’ouest en Asie Mineure, en Thrace et sur la plupart des régions côtières de la mer Noire ; à l’est jusqu’en Afghanistan et sur une partie du Pakistan actuels, et au sud et au sud-ouest sur l’actuel Iraq, sur la Syrie, l’Égypte, le nord de l’Arabie saoudite, la Jordanie, Israël et la Palestine, le Liban et jusqu’au nord de la Libye. Le nom « Achéménides se rapporte au clan fondateur qui se libère vers 556 av. jc de la domination des Mèdes, auparavant leurs suzerains, ainsi qu’au grand empire qui résulte ensuite de leur fusion. L’empire fondé par les Achéménides s’empare de l’Anatolie en défaisant la Lydie, puis conquiert l’Empire babylonien et l’Égypte, unissant les plus anciennes civilisations du Moyen-Orient dans une seule entité politique de façon durable. L’Empire achéménide menace par 2 fois la Grèce antique et prend fin, vaincu par Alexandre le Grand, en 330 av. jc.

[8] vice-roi

[9] Yehoud Medinata, ou simplement Yehoud est le nom araméen d’une province de l’Empire perse achéménide formée à partir de l’ancien royaume de Juda. Elle est fondée par les exilés judéens revenant de Babylonie. Après la victoire de Cyrus II sur les Babyloniens en 538 av. jc, celui-ci permet le retour des exilés en Judée. Les Perses gouvernent cette région pendant environ 200 ans jusqu’en 323 av. jc et l’époque hellénistique qui voient la conquête d’Alexandre le Grand la faire passer sous domination grecque.

[10] Samarie est une ancienne ville de Palestine. C’était la capitale du Royaume d’Israël aux 9ème et 8ème siècles av. jc. Les ruines de la ville sont situées dans les montagnes de Samarie, dans le territoire gouverné par l’Autorité palestinienne, à quelques kilomètres de Naplouse.

[11] Les Tobiades sont une famille juive implantée depuis le 6ème siècle av. jc en Transjordanie et d’extraction très ancienne. Type achevée de l’aristocratie indigène intégrée au monde hellénistique, le destin de cette famille fascina les contemporains : Flavius Josèphe l’évoque longuement, et elle inspire sans doute le livre de Tobit, qui fait partie de la Bible.

[12] La Judée est le nom historique et biblique d’une région montagneuse qui correspond aujourd’hui à une partie de la Cisjordanie et du sud d’Israël. Son nom vient de la tribu de Juda dont elle constituait le territoire. Dans l’Antiquité, c’était une région plutôt reculée au relief escarpé. La Judée a été le centre de plusieurs royaumes et provinces antiques : le royaume de Juda à l’âge du fer, la province perse de Yehoud Medinata, les dynasties des hasmonéens et des hérodiens puis la province romaine de Iudaea.

[13] Le shabbat ou chabbat est le jour de repos assigné au septième jour de la semaine juive, le samedi, qui commence dès la tombée de la nuit du vendredi soir. Élément fondamental de la religion, il est observé par beaucoup de Juifs. Au-delà des notions de permis et d’interdit, le chabbat est surtout considéré comme un jour hors du temps et des contingences matérielles, un jour durant lequel toutes les activités extérieures doivent être réduites pour se concentrer sur sa famille et son foyer. Il y est surtout question d’activités dans son cercle familial, de moments pour se ressourcer, de repas en famille… Il commence le vendredi, 18 minutes avant le coucher du soleil et se termine le samedi après l’apparition de 3 étoiles moyennes (approximativement 40 minutes après le coucher du soleil)

[14] Ecbatane est une ville de l’Antiquité, identifiée sur le site de l’actuelle d’Hamadan (ou Hanadhân) au pied du mont Oronte (Elvend), au sud-ouest de la mer Caspienne et au nord-est de Babylone. Ancienne capitales des Mèdes. Elle le restera jusqu’à la prise de la ville, en 549av.jc, par le roi perse Cyrus II le Grand qui mettait fin au règne du dernier roi mède, Astyage. Les souverains achéménides garderont la ville comme capitale d’été.

[15] c’est-à-dire une division administrative de l’Empire perse.

[16] La Cœlé-Syrie, littéralement la « Syrie creuse », désigne dans l’Antiquité la Syrie intérieure, ou plus exactement toute la Syrie à l’exception de la Phénicie. Cette région est disputée par les Diadoques après la mort d’Alexandre le Grand, puis, après le partage qui suit la bataille d’Ipsos en 301 av. jc, entre la dynastie des Séleucides et celle des Ptolémées pendant les guerres de Syrie. Au sens large, ce terme désigne tout le territoire allant jusqu’à à la frontière nord de l’Égypte ptolémaïque, y compris la Phénicie et le Levant-Sud. Au fil du temps le terme de Cœlé-Syrie reçoit cependant des acceptions différentes. Ainsi, sous l’Empire romain à l’époque des Sévères, la province romaine de Syrie, qui prend le nom de Syrie-Cœlé, est centrée autour d’Antioche, au nord ; la région de Tyr, au sud, appartient à la province de Syrie-Phénicie.

[17] Le grand prêtre est le titre que portait le premier des prêtres dans la religion israélite ancienne et dans le judaïsme classique, depuis l’émergence de la nation israélite jusqu’à la destruction du Second Temple de Jérusalem. Les grands prêtres, comme d’ailleurs tous les prêtres, appartenaient à la lignée d’Aaron. Pendant la période du Second Temple, le grand prêtre exerça souvent la charge de président du Sanhédrin. Son rôle déclina avec l’occupation romaine (à partir de 63 av. jc) puis la fonction de grand Prêtre disparut avec la destruction du Second Temple.

[18] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.