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L’histoire pour le plaisir

Tomas de Torquemada

dimanche 18 novembre 2012, par ljallamion

Tomas de Torquemada (1420-1498)

Inquisiteur espagnol

Comme son oncle, le cardinal et théologien pontifical, Juan de Torquemada, il devint moine dominicain dans le couvent San Pablo de Valladolid, il fut prieur du couvent de Santa Cruz à Ségovie de 1452 à 1474 et confesseur de la reine Isabelle de Castille et du roi Ferdinand II d’Aragon. Mais, il refusa les postes honorifiques qui lui étaient proposés, comme le riche évêché de Séville, et se contenta d’une fonction de conseiller.

Depuis le 1er novembre 1478, le pape Sixte IV, avait autorisé les Rois Catholiques à choisir les inquisiteurs sur leurs terres, en Castille. Ainsi, le 11 février 1482, il fut un des 5 nouveaux inquisiteurs validés par Sixte IV, en charge de la Castille. Ferdinand devenant roi d’Aragon en 1479, il du batailler auprès du Saint-Siège afin d’obtenir de semblables prérogatives en Aragon. Finalement, le 14 octobre 1483 il devint Inquisiteur général de Castille et d’Aragon et de Catalogne en 1486, il donna à l’Inquisition une organisation puissamment unifiée, établit des tribunaux locaux, un conseil suprême et avec l’aide de légistes, il rédigea un code de procédure unique de 28 articles qu’il promulgua le 29 novembre 1484 à l’occasion de l’assemblée générale des inquisiteurs à Séville. Il travaillera jusqu’à sa mort à affiner ce code en fonction de l’expérience acquise. Ces règles sont regroupées dans “la Compilacion de las instrucciones de la santa Inquisicion ”.

Par ailleurs, la confiscation des biens des "hérétiques" ou déclarés tels au profit exclusif de l’Inquisition procura à celle-ci une très grande richesse et donc un pouvoir et des moyens d’action encore plus étendus. Ce fut d’ailleurs une source de tensions avec les souverains Isabelle et Ferdinand, qui avaient espéré qu’une partie de cet argent viendrait alimenter le trésor public. Il fallut l’intervention du pape Alexandre VI pour que l’Inquisition espagnole consente à se déposséder d’une partie de son butin.

Il pesa de tout son poids pour convaincre les souverains de la nécessité d’achever la reconquête de l’Espagne sur les royaumes musulmans. La prise de Zahara par l’ennemi en 1481 fournit l’occasion de représailles. Il apporta un soutien indéfectible à Isabelle et Ferdinand tout au long de la campagne de Reconquista, qui s’apparentait pour lui à une guerre sainte. Finalement, il sera à leur côté lors de leur entrée en vainqueurs dans Grenade le 2 janvier 1492, qui marquera la fin de la présence musulmane en Espagne. Il fondera un couvent des dominicains dans cette ville.

Théoriquement, l’Inquisition n’avait autorité que sur les chrétiens baptisés, mais dans les faits il considéra la lutte contre les “infidèles” l’une de ses missions principales.

Les conversos, ceux, essentiellement des juifs, qui s’étaient convertis au christianisme, plus ou moins sous la contrainte, mais qui étaient soupçonnés de ne pas être sincères ou d’être secrètement revenus au judaïsme, furent l’une des cibles prioritaires du zèle inquisiteur de Torquemada. La lutte contre ces “faux chrétiens” ou perçus comme tels fut l’une des motivations majeures du renouveau de l’effort d’Inquisition, et ils en furent les principales victimes.

Il fut aussi l’un des principaux instigateurs du décret de l’Alhambra. Ce décret, édicté à son insistance le 31 mars 1492 par Isabelle et Ferdinand, donnait 4 mois aux juifs d’Espagne pour se convertir au christianisme ou quitter le pays. De surcroît, le mois suivant, il donna des ordres interdisant tout contact entre les chrétiens et les juifs, sous peine de sévères sanctions, aboutissant à l’impossibilité de fait pour les exilés de vendre leurs biens avant leur départ, et conduisant à la saisie de ceux-ci par l’Inquisition.

À la fin de sa vie, il se retira au couvent Saint-Thomas d’Ávila, qu’il avait fait construire, reprenant la simple vie de frère, tout en continuant d’occuper la fonction de Grand Inquisiteur et de réfléchir aux meilleures règles pour conduire et encadrer l’Inquisition. Il reçut à plusieurs reprises la visite des souverains.

Encore assez actif jusqu’en 1496, ses dernières années furent marquées par des crises de gouttes. En 1498, il présida la dernière assemblée générale des inquisiteurs. Il meurt le 16 septembre de la même année non sans avoir combattu le pape Alexandre VI qui voulait reprendre la main sur l’Inquisition et qui finit par nommer dès 1494, avançant l’excuse de son grand âge, 4 assistants avec des pouvoirs comparables.