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Charles 1er Stuart

vendredi 5 novembre 2021, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 9 novembre 2012).

Charles 1er Stuart (1600-1649)

Roi d’Angleterre et d’Irlande de 1625 à 1649

Charles 1er Stuart Roi d'Angleterre et d'Irlande de 1625 à 1649

Second fils et successeur de Jacques 1er Stuart, il monta sur les trônes d’Angleterre et d’Ecosse en 1625 dans un grand élan populaire.

George Villiers de Buckingham est alors son favori. Celui-ci négocia le mariage de Charles avec Henriette de France fille d’Henri IV et de Marie de Médicis. Au cours de la première session du Parlement, en mai, beaucoup de membres du Parlement sont opposés à ce mariage, car Henriette de France étant catholique, ils craignent que Charles ne lève les restrictions sur les catholiques et ne remette en cause l’établissement du protestantisme.

Bien qu’il ait déclaré au Parlement qu’il les maintiendrait. Le mariage à lieu le 13 juin 1625 à Cantorbéry [1]. Charles est couronné le 2 février 1626 à l’abbaye de Westminster [2], mais sans sa femme à ses côtés, à cause de la polémique.

Mais ses tendances absolutistes et la confiance qu’il manifesta à Buckingham, responsable d’expéditions malheureuses contre l’Espagne et la France, expédition sur Cadix [3], puis au siège de La Rochelle en 1627-1628 [4], lui aliénèrent le Parlement. Le Parlement aurait préféré une attaque navale sur les colonies espagnoles du Nouveau Monde, espérant que la capture de la flotte espagnole aurait fourni un butin pour financer la guerre.

De plus, la Chambre des Communes limite son autorisation de prélever la collecte royale pour une période d’un an seulement, alors que depuis 1414 les souverains précédents avaient reçu ce droit à vie. Au lieu de congédier le duc de Buckingham, Charles, convaincu de détenir son pouvoir royal de droit divin, fait dissoudre le Parlement et court-circuite la voie parlementaire pour exiger de nouveaux impôts pour financer ces guerres. En 1628, les deux chambres du Parlement adressent une pétition des droits qui rappelle au roi ses manquements aux libertés anglaises, tout nouvel impôt doit être soumis au consentement du Parlement. Elles évoquent aussi la nécessité de respecter la Magna Carta [5] de 1215 qui assure de nombreux droits.

Charles 1er accepte de tenir compte de la pétition pour un temps seulement, puisque, l’année suivante, il lève une nouvelle taxe douanière sans l’accord des Parlementaires. Face à l’opposition, le roi décide de ne plus convoquer le Parlement et de régner en monarque absolu.

Après l’assassinat du ministre duc de Buckingham en 1628, il imposa un gouvernement personnel aidé de ses ministres, Laud et Strafford. En 1637, on chercha à imposer à l’Ecosse une nouvelle liturgie, fondé sur le Book of Common Prayer anglais, ce qui provoqua la révolte de la cathédrale à Edimbourg [6] en 1637, Mais c’est la pression fiscale qui met le feu aux poudres, John Hampden, un ancien parlementaire, s’oppose à l’impôt du ship money. Il est traduit en justice et condamné à payer une amende.

Les presbytériens se soulèvent alors et rédigent le Covenant, acte par lequel ils s’engagent à défendre leur religion jusqu’à la mort en 1638.

Charles, qui a besoin d’argent, et surtout suite à la révolte en 1639 de l’Écosse calviniste, se voit forcé, pour obtenir des subsides de convoquez un nouveau parlement, mais l’assemblée redoubla de critiques contre la politique royale et fut renvoyé au bout de 3 semaines.

A ce Court Parlement, avril et mai 1640, succéda, en novembre 1640, le Long Parlement, qui siégea jusqu’en 1648. La chambre des communes, aux mains des opposants à l’absolutisme royal, est dirigée par John Pym . Thomas Wentworth comte de Strafford , son principal ministre, est arrêté et exécuté en 1641.

Se trouvant financièrement aux abois, il entra dans la voie des concessions, il accepta le Triennall Bill [7] en février 1641, qui lui imposait de convoquer le Parlement au moins une fois tous les 3 ans.

Ayant tenté de ressaisir le pouvoir par un coup d’Etat, il déclencha la guerre civile. Vaincu à Nasely le 14 juin 1645 par Cromwell, il se réfugia en Ecosse, mais fut livré en janvier 1647.

Les vainqueurs se divisent et les niveleurs réclament l’abolition de la monarchie.

Le 15 novembre 1647, il réussit à s’échapper, mais il est bientôt enlevé le 30 novembre 1648, traduit en justice devant un tribunal spécial composé de la soixantaine de députés siégeant encore aux Communes et condamné à mort pour trahison, meurtre et tyrannie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de John Philipps Kenyon, Stuart England, Harmondsworth, Allen Lane / Penguin Books, 1978 (ISBN 978-0-7139-1087-2, OCLC 4808219).

Notes

[1] Canterbury, ou en français Cantorbéry, est une cité du Kent, dans l’extrémité sud-est de l’Angleterre, sur la rivière Stour, à 86,4 km de Londres. Ancienne capitale du royaume de Kent, elle est l’une des villes les plus anciennes du pays. Augustin de Cantorbéry convertit la ville, ainsi que le roi Æthelbert de Kent et en fait pour lui un siège épiscopal en 597. La ville devient rapidement le siège de l’archevêque primat d’Angleterre.

[2] L’abbaye de Westminster est l’un des édifices religieux les plus célèbres de Londres. Sa construction date pour l’essentiel du 13ème siècle, sous Henri III. C’est le lieu de sépulture d’une partie des rois et reines d’Angleterre et aussi des hommes et des femmes célèbres. Le « Coin des poètes » fait honneur aux écrivains du royaume. La quasi-totalité des couronnements des monarques anglais a eu lieu dans cette abbaye.

[3] Cadix est la capitale de la province de Cadix appartenant à la Communauté autonome d’Andalousie, en Espagne, dans le sud-ouest extrême de l’Europe continentale. Elle est avec Jerez de la Frontera l’une des deux grandes villes de la baie de Cadix. Cadix se situe à environ 30 kilomètres au sud de l’embouchure du Guadalquivir.

[4] Le siège de La Rochelle, ordonné par Louis XIII et commandé par le cardinal de Richelieu, principal ministre du roi, commence le 10 septembre 1627 et se termine par la capitulation de la cité protestante, le 28 octobre 1628.

[5] La Magna Carta Libertatum ou Grande Charte est une charte de soixante-trois articles arrachée par le baronnage anglais au roi Jean sans Terrenote 1 le 15 juin 1215 après une courte guerre civile notamment marquée par la prise de Londres, le 17 mai, par les rebelles. Les barons étaient excédés des exigences militaires et financières du roi et de ses échecs répétés en France, en particulier à Bouvines et à La Roche-aux-Moines.

[6] Édimbourg est une ville de la côte d’Écosse au Royaume-Uni, et est sa capitale depuis 1532. Elle est le siège du Parlement écossais, qui a été rétabli en 1999.

[7] Le Triennial Act 1641, également connu comme « Dissolution Act » est une Loi du Parlement votée le 15 février 1641 par le Long Parlement pendant le règne de Charles Ier. L’acte exige que le Parlement se réunisse pour une session de cinquante jours au moins une fois tous les trois ans. Cela afin d’empêcher le roi de régner sans Parlement, comme Charles Ier l’a fait de 1629 à 1640. Si le roi manquait de convoquer le Parlement, la loi impose au lord grand chancelier d’émettre un décret qui convoque la Chambre des lords, laquelle émet à son tour des décrets pour convoquer l’élection de la Chambre des Communes. La clause 11 est inhabituelle, car elle établit explicitement que le projet de loi doit recevoir l’assentiment royal avant la fin de la session parlementaire. À cette époque, les projets de loi n’étaient pas approuvés avant la fin de la session. Ainsi, sans cette clause 11, la loi n’aurait pas pu être appliquée avant la prochaine session du Parlement. La loi reçoit une sanction royale en février 1641

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