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Jean Cauvin dit Calvin

vendredi 9 novembre 2012

Jean Cauvin dit Calvin (1509-1564)

Réformateur religieux

Jean Cauvin dit Calvin Réformateur religieux

Né à Noyon dans l’Oise dans une famille de petite bourgeoisie, il est le fils de Gérard Cauvin, notaire et procureur fiscal de l’évêque de Noyon. Il étudie à la Sorbonne, apprend le latin, le grec et l’hébreu et démontre très jeune des qualités de dialecticien redoutable. Il prit le nom de Calvin en 1532, version francisée de son nom latin Calvinus.

Il adhère à la Réforme en 1533 et entame sa vie de prédicateur, après “l’affaire des Placards”, qui l’oblige à quitter la France pour Bâle. Un an plus tard, il est appelé à Genève où il fait adopter des mesures de dictature morale connues sous le nom d’ordonnances. Il s’agit d’une règle de vie à laquelle chacun se doit de prêter serment.

Un parti de citoyens non jureurs ou libertins résiste à ses exhortations. En 1538, ils obligèrent Farel, Calvin et leurs suivants à quitter Genève pour Strasbourg. Calvin épouse alors Idelette de Bure, qui mourra quelques années plus tard.

En 1541, il accepte de rentrer à Genève en se voyant octroyer des pouvoirs discrétionnaires, alors même que son statut officiel restait celui d’un simple pasteur. Le Consistoire composé de pasteurs et de laïcs va désormais régir la ville avec l’assistance des docteurs, anciens et diacres, sous la forme d’une théocratie. Des dispositions administratives dénommées articles et ordonnances, ou théologiques comme le Catéchisme de Genève vont matérialiser son emprise sur la vie de la cité qui acquiert dès lors le titre de Rome protestante et attire des réfugiés et des sympathisants de toute l’Europe.

La publication en français de “L’institution de la religion chrétienne”, en 1541, fait de lui une figure essentielle de la Réforme. Par la rigueur de sa doctrine, il fonde lui-même une Église. Si les Ordonnances ecclésiastiques établissent le statut de l’Église réformée de Genève, où il s’installe définitivement en 1541, elles fondent aussi les règles qui sont celles du “ calvinisme ”. Calvin ne reconnaît que la Bible pour source de la foi, et admet les dogmes des 5 premiers conciles. La doctrine de la prédestination et de la grâce qui est la sienne est proche des thèses de saint Augustin. Enfin il prône un retour à la simplicité du culte, où seuls les sacrements du baptême et de la communion, commémoration de la Cène, sont admis. Les valeurs éthiques, qui louent le travail et permettent le prêt, auront une influence déterminante sur les protestants, qui prennent à leur compte les critères de la foi qu’il a définis.

Les idées de Calvin sont à bien des égards rétrogrades : il voit la terre au centre de l’univers, les femmes comme accessoires de l’homme. Il ne tolère pas les résistances, fut-ce de ses propres amis. Gouet, Bolsec sont poursuivis pour impiété et le premier exécuté en tout pas moins de 58 sentences capitales et 76 bannissements sont prononcés entre 1550 et 1555.

Castellion qui en tient pour ses idées de tolérance doit s’exiler. Michel Servet, poursuivi par l’Inquisition en France, croit trouver à Genève de la compréhension en 1553. Calvin le fit juger derechef et brûler vif pour hérésie. La musique, le théâtre, le bal et la vie mondaine sont proscrits. Il vit en ascète et s’inflige des privations et une vie dépourvue de confort malgré une santé chétive et des migraines continuelles. Il trouve encore le temps de soutenir avec énergie et intransigeance la cause de la Réforme en France au colloque de Poissy en 1561. Il meurt en 1564 et est inhumé au cimetière des Rois de Plainpalais.

Il laissa une œuvre théologique et didactique considérable, en latin pour la plus grande part. On possède plus de 2.300 sermons de sa main. Il a fait preuve de plus d’intransigeance envers les protestants extrémistes que vis-à-vis des catholiques avec lesquels il collabora plus d’une fois. Dans le domaine politique et social, il tient à l’ordre établi, alors qu’il fait preuve à titre personnel d’une extrême austérité. Il créer le Collège de Genève en 1550, lequel compta jusqu’à 1500 élèves. Son rôle lors des querelles politiques en France fut modéré et il condamna la Conjuration d’Amboise qui visait à s’assurer de la personne de François II pour en tirer des concessions en 1560.