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Otton IV de Brunswick

mardi 12 juillet 2016 (Date de rédaction antérieure : 5 mai 2012).

Otton IV de Brunswick (1182 -1218)

Roi des Romains (1198)-Empereur germanique (1209-1218)

Fils de Henri le Lion, duc de Bavière, il se fit élire roi des Romains en 1198, avec l’appui des guelfes [1], contre Philippe de Souabe, candidat des gibelins [2]. Innocent III fit savoir dès 1198 qu’il lui revenait d’arbitrer la compétition entre Philippe et Otton.

Des princes, ecclésiastiques aussi bien que laïcs, eurent beau protester énergiquement à Spire en 1199 contre cette intrusion du pape dans les affaires de l’empire, en 1200 le verdict tomba, formulé dans une “Délibération sur le problème de l’empire”. Comme tout le laissait prévoir, il était favorable à Otton qui avait cédé sur les droits impériaux en Italie centrale et reconnu la suzeraineté du Saint-Siège sur l’État normand. Mais il avait plus d’alliés au-dehors que de partisans à l’intérieur de l’Allemagne ; Philippe réussit à se faire réélire et couronner à Aix-la-Chapelle.

Réaliste, Innocent III se tourna vers celui qui semblait l’emporter ; des négociations aboutirent en mai 1208 à une solution de compromis, moyennant quelques arrangements imposant aux 2 parties des concessions pénibles mais supportables, le pape s’apprêtait à reconnaître Philippe lorsqu’un nouveau coup du sort réduisit à néant les espoirs de ceux qui attendaient la fin du conflit.

Des raisons personnelles poussèrent le comte palatin de Bavière à tuer Philippe à Bamberg [3], le 21 juin 1208. Le pape, le couronna à Rome, le 4 novembre 1209.

Il avait épousé la fille de son rival. Mais il envahit la Sicile, l’année suivante, et le pape l’excommunia. Les gibelins, soutenus par le roi de France Philippe II Auguste, lui opposèrent alors Frédéric II de Hohenstaufen en 1211. Il tenta de résister, mais la défaite qu’il subit dans son entreprise anti-capétienne à Bouvines en 1214 entraîna l’écroulement de son parti en Allemagne et le triomphe du pape et de Frédéric qui allait par la suite, sans qu’on le soupçonnât vraiment sur le champ, devenir le plus implacable adversaire du Saint-Siège.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article du petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 971

Notes

[1] À la fin du 13ème siècle, le parti guelfe se divise en deux factions : les blancs et les noirs. À l’origine de cette division est encore une querelle de clans, celle qui oppose les Vieri dei Cerchi (blancs) aux Donati (noirs). Cette division est également sociale, les Cerchi étant proches du peuple et les Donati de l’élite florentine. Ces derniers entendent s’opposer aux Ordonnances de Justice émises par Giano della Bella. En 1300, sur la Place de la Sainte Trinité à Florence, éclate une bataille qui marquera un clivage définitif entre les deux partis. Les Guelfes noirs, très proches de Boniface VIII, vont prévaloir sur les blancs, incapables de se défendre convenablement, et Charles de Valois, venu de France en appui du pape, investira Florence sans rencontrer aucune résistance.

[2] Les gibelins (la pars gebellina), soutiennent la dynastie des Hohenstaufen, au-delà, celles du Saint Empire romain germanique.

[3] Bamberg est une ville allemande, située au sud du pays, dans le Land de Bavière et la région de Haute-Franconie.