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Temudjin dit Gengis Khan

mercredi 19 août 2015 (Date de rédaction antérieure : 30 avril 2012).

Temudjin dit Gengis Khan (1167-1227)

Temudjin dit Gengis Khan

Il naît sur la rive droite de l’Onon [1] dans la Russie actuelle, près de la frontière avec la Mongolie. A 9 ans après l’assassinat de son père, craignant pour sa vie, il s’enfuit dans les montagnes mais il fut capturé par l’ennemi de sa famille, Targutaï, du clan des Taïdjioutes [2]. Il s’échappe. Alors, sa renommée grandit et de nombreux jeunes gens avides d’aventures le rejoignent.

Ses premières victoires décisives interviennent en 1201 face aux Turcs naïmans, [3] aux Tatars [4] et à ses rivaux mongols, les Taïdjioutes.

En 1202, les Tatars sont écrasés définitivement et incorporés à l’armée mongole. En 1203 il revient vers les sources de la Tola et bat les troupes Kereyit [5] qui sont désormais incorporées dans les troupes mongoles. Il épouse Börte, une des nièces de Toghril et donne l’autre, Sorgaqtani, en mariage à son fils Tului. En 1204 il bat les Naïman ; le roi Tayang est tué, son fils Kütchlüg s’enfuit chez les Qara-Khitaï [6], Gengis Khan prend Gürbesü, nièce de Tayang, comme épouse. Les Ouïghour [7], qui étaient au service des Naïman, passent au service de Gengis Khan et lui confient le sceau royal. Les Merkit [8] sont également battus ; leur chef s’enfuit.

En 1206 le Kouriltaï [9] le consacre chef suprême des Mongols. Il sera désormais connu sous le nom de Gengis Khan, le "souverain universel". La même année il se lance à l’assaut de la Chine, après s’être rendu maître de la Mongolie. Il commence par s’attaquer au peuple des Tangouts [10], établi dans les marches du nord-ouest. En 1209, les Tangouts sont vaincus et il cherche à s’emparer des places fortes de la Grande Muraille, qui protègent Pékin. Mais l’armée mongole, faite quasi-exclusivement de cavalerie, n’est pas habituée aux sièges et reste pendant 2 ans au pied de la Grande Muraille. En 1213, il parvient à franchir la Grande Muraille et arrive dans la plaine de Pékin. Il saccage les campagnes, pille les villages et établit le blocus de Pékin. Au cours d’une trêve, les Jin [11] se réfugient plus au sud, à Kaifeng [12]. il en profite pour s’emparer de Pékin en 1215.

La population est massacrée, la ville incendiée et presque entièrement rasée. Il se tourne alors vers l’ouest et conquiert l’empire des Turcs Kara-Khitans [13] et en 1218, il est maître de toute la haute Asie.

En 1219, il laisse ses lieutenants continuer la conquête de la Chine et se lance dans une campagne contre le Türkestan et l’Iran. En 1220, il défait les Bulgares et les Russes. La menace mongole fait trembler l’Europe.

Cet homme alors âgé, bon vivant, amateur de festins, est aussi un personnage complexe. Il serait faux de voir en lui un barbare inculte : dans Karakorum [14], sa capitale, nestoriens, musulmans chiites et sunnites, mazdéens, bouddhistes, brahmanistes, taoïstes et même chrétiens romains viennent discuter religion et philosophie ; il les écoute avec intérêt.

Il revient en Chine en 1227, à cause d’une révolte Tangout. Il meurt après avoir remporté la victoire, le 18 août 1227. On ne sut jamais si ce fut de maladie ou d’empoisonnement.

Gengis Khan laisse à son fils Ogodai le soin d’étendre les conquêtes vers la Perse, la Chine, l’Ukraine et la Hongrie.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire Gengis Khan/ Biographie de Gengis Khan/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 544

Notes

[1] L’Onon gol est une rivière de Mongolie et de Russie longue de 818 km. Elle prend sa source sur le versant septentrional des monts Khentiy. Elle coule sur 298 km en Mongolie, puis en Russie. Sa confluence avec la rivière Ingoda forme la rivière Chilka. Le haut Onon est la région où Genghis Khan serait né et aurait grandi.

[2] Les Tayitchi’out ou Taïdjioutes sont les membres d’une tribut mongole présente au centre et au sud de la Mongolie avant la formation de l’empire Mongol. Rivaux des Naïman et de plusieurs autres tribus mongoles, ils sont peints dans l’Histoire secrète des Mongols comme de violents ennemis de Gengis Khan.

[3] Les Naïman sont les membres d’une tribu turco-mongole présente en Mongolie centrale avant la formation de l’empire Mongol.

[4] Les Tatars ou Tartares est un nom collectif donné à des peuples turcs d’Europe orientale et d’Asie. La plupart des Tatars vivent au centre et au sud de la Russie, en Ukraine, en Bulgarie, en Chine, au Kazakhstan, en Roumanie, en Turquie, et en Ouzbékistan. Ils forment par ailleurs, l’un des cinquante-six groupes ethniques recensés par la République populaire de Chine.

[5] Les Kéraït ou Kereyit sont les membres d’une tribu turco-mongole présente en Mongolie centrale avant la formation de l’empire Mongol. Ils nomadisaient entre les rivières Orkhon et la Kerulen, à l’est des Naïmans. Ils se convertissent au nestorianisme au début du 11ème siècle. Leur chef Toghril joua un rôle important dans l’ascension fulgurante de Gengis Khan qui unifia par la suite les tribus mongoles. C’est par mariage avec des princesses kéraïtes que le christianisme pénétra dans la famille de Gengis Khan. Ainsi, Sorgaqtani, nièce de Toghril devint l’épouse principale de Tolui, quatrième fils de Gengis Khan et de son épouse principale, Börte. De ce mariage naquirent Möngke, Kubilaï, tous deux grands khans des Mongols, et Houlagu, fondateur de la dynastie des khans Houlagides d’Iran.

[6] Les Kara-Khitans ou Qara Khitaï sont une branche du peuple protomongol des Khitans qui avait créé en Chine la dynastie des Liao (907-1125). À la chute des Leao, les Kara-Khitans créèrent en Asie centrale un khanat parfois appelé Liao de l’Ouest, qui dura de 1118 à 1123. Ils furent expulsés par les Joutchen, les ancètres des Mandchous. Pendant leur séjour ils furent profondément sinisés et perdirent leurs vertues ancestrales. Ils ont adoptés le bouddhisme.

[7] Les Ouïghours constituent aujourd’hui la plus importante des minorités nationales reconnues de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang de Chine, que les Ouïghours appellent le Turkestan oriental. Les Ouïghours, peuple de langue turque dont le nom signifierait « alliance, unité », habitent traditionnellement en Asie centrale, dans les oasis du Taklamakan, les bassins de Turfan et de la Dzoungarie et dans une partie du Ferghana. L’Empire ouïghour de Mongolie et les royaumes qui lui ont succédé en Asie centrale ont connu une brillante civilisation, jusqu’à leur absorption dans l’Empire mongol au 13ème siècle.

[8] Les Merkit sont les membres d’une tribu turco-mongole présente en Mongolie centrale avant la formation de l’empire Mongol.

[9] L’assemblée des princes et notables mongols qui participent à l’élection du khan suprême après le décès de son prédécesseur

[10] Les Tangoutes ou Tangouts sont un peuple d’Asie, dont l’histoire remonte à la dynastie Tang, et qui ont formé un empire connu sous le nom de Xixia entre 1036 et 1227. Leur langue, le tangoute, est une des rares langues tibéto-birmanes à avoir disposé d’une écriture indigène. Au 7ème siècle, les Tangoutes vivaient sur le Plateau Tibétain, et au 13ème siècle, ils avaient émigré dans le corridor de Gansu. Ils se soumirent aux Mongols de Gengis Khan entre 1207 et 1209.

[11] La dynastie Jin a dirigé la Chine du Nord. Elle a été fondée en 1115 par Taizu, du peuple mandchou des Jurchen et a pris fin en 1234 par l’invasion des Mongols de Gengis Khan.

[12] Kaifeng anciennement connu sous le nom de Bianliang est une Ville-préfecture de l’est de la province du Henan en Chine. Elle fut capitale impériale sous la dynastie Song du Nord (960-1127).

[13] Les Kara-Khitans ou Qara Khitaï sont une branche du peuple protomongol des Khitans qui avait créé en Chine la dynastie des Liao (907-1125). Peu avant la chute des Liao, un des notables Yelü Dashi en scission avec l’empereur partit avec une partie de la population Liao jusqu’en Asie centrale et créa un khanat parfois appelé Liao de l’Ouest, qui dura de 1130 à 1218.

[14] Karakorum, est une ancienne ville mongole fondée en 1235 par Ögödei, capitale de l’empire jusqu’au choix par Kubilai Khan de Khanbalik (actuelle Pékin) vers 1260.