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L’histoire pour le plaisir

Lucius Antonius Saturninus

dimanche 7 mars 2021 (Date de rédaction antérieure : 7 mars 2012).

Lucius Antonius Saturninus (mort en 89)

Sénateur et général romain

emblème consul Il mena en Germanie supérieure [1] une révolte infructueuse en 89 contre l’empereur Domitien.

On ignore l’essentiel de sa carrière qui fut vraisemblablement victime de la damnatio memoriae après sa mort, son nom étant effacé des documents qui le portaient. Il n’appartenait pas à une famille sénatoriale et devait son entrée au sénat à l’empereur Vespasien. On ignore ses origines, mais son nom laisse penser qu’il venait des provinces occidentales de l’empire. Il fut consul suffect [2] en juillet 82 avec comme collègue Valerius Patruinus. Il est ensuite nommé gouverneur de Germanie supérieure, province comptant 4 légions et prend ses fonctions à Mogontiacum [3] capitale de la province où se trouve la garnison des légions XIV Gemina et XXI Rapax.

Le premier janvier 89, il tente une usurpation du pouvoir impérial avec l’intention de renverser Domitien. Sa rébellion est rapidement écrasée par l’intervention de Lappius Maximus, gouverneur de la province voisine de Germanie inférieure [4]. L’armée de Germanie inférieure est alors grandement honorée par Domitien qui lui confère les titres de Pia Fidelis et Domitiana. La légion d’Espagne, la VII Gemina fut aussi envoyée en Germanie pour participer à la répression, elle y fut conduite par son légat [5], le futur empereur Trajan, mais n’arriva qu’après l’écrasement de la révolte.

Domitien décide de ne plus laisser 2 légions tenir garnison ensemble pour éviter de tels soulèvements et rendre leur garnison moins dangereuse pour le pouvoir.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Ronald Syme, « Antonius Saturninus », Journal of Roman Studies, 68, 1978

Notes

[1] La Germanie supérieure, Germanie première ou Haute Germanie selon les auteurs et en latin Germania superior ou Germania prima est une province romaine établie en 84 par Domitien après les deux campagnes victorieuses autour de la haute vallée du Rhin, de la Nahe au lac de Constance, une grande partie de la Suisse, le Jura, la Franche-Comté et une partie de la Bourgogne. À l’est du Rhin se trouvaient les Champs Décumates, qui ne seront conquis que sous Domitien. Auparavant, la frontière entre res publica et barbaricum se situait sur le Rhin et le Danube.

[2] Parfois, un consul décède ou démissionne avant la fin de son mandat de douze mois. Le consul restant rétablit la collégialité par l’élection intermédiaire si le délai restant le permet ou par la désignation directe d’un consul suffectus (du participe passé du verbe sufficere, « remplacer »). Ce consul entre en fonction immédiatement, il a les mêmes privilèges et les mêmes pouvoirs que le consul remplacé mais il n’est en charge que pour la durée du mandat qui reste à couvrir. Enfin, le consul suffect ne donne pas son nom à l’année, à l’inverse du consul dit ordinaire.

[3] Mogontiacum est le nom latin d’origine celtique de l’actuelle ville de Mayence, fondée officiellement en 13 av.jc par Nero Claudius Drusus, capitale de Germanie supérieure* à partir de 40. Le site était cependant occupé bien avant l’arrivée des Romains.

[4] La Germanie inférieure, Germanie seconde ou Basse Germanie selon les auteurs et en latin Germania inferior, est une province romaine établie vers 90 par Domitien autour de la vallée de la Meuse, à l’ouest du Rhin, dans ce que sont aujourd’hui le sud des Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, une partie du nord-est de la France (Ardennes), et du nord-ouest de l’Allemagne. La capitale de la Germanie inférieure est Colonia Claudia Ara Agrippinensium l’actuelle ville de Cologne, également la capitale du peuple des Ubiens.

[5] Titre porté par les représentants officiels de la Rome antique. Les ambassadeurs étaient des légats du Sénat romain. Sous la République romaine, les consuls, proconsuls, préteurs en campagne pouvaient charger temporairement des légats du commandement de la cavalerie, des réserves ou même d’une légion entière et de plusieurs légions. Sous l’Empire romain, à partir d’Auguste, la fonction de ces légats militaires devint permanente. Désignés par l’empereur, ils le représentaient dans les provinces et les légions. On distingua alors les légats consulaires et les légats prétoriens, qui gouvernaient les provinces « impériales » et exerçaient le pouvoir militaire, et les légats de légion, officiers expérimentés, de rang sénatorial, qui étaient chef d’une légion. Le titre de légat se transmit de l’Empire romain à l’Église catholique