Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 10ème siècle > Crescentius le Jeune ou Crescentius 1er Nomentanus

Crescentius le Jeune ou Crescentius 1er Nomentanus

samedi 1er février 2020 (Date de rédaction antérieure : 8 novembre 2011).

Crescentius le Jeune ou Crescentius 1er Nomentanus

Fils de Crescentius l’Ancien . Après la mort de Boniface VII il saisit entre ses mains les rênes du pouvoir. Les circonstances semblaient particulièrement favorables. L’Empereur Otton III était encore un enfant et l’impératrice mère, Théophano Skleraina, était une princesse énergique mais elle était absente de Rome. Il prit le titre de Patrice [1] des Romains, manifestant ainsi qu’il était le chef à Rome, même s’il n’était pas entièrement indépendant de l’autorité impériale, il se considérait comme le lieutenant de l’empereur.

Il est tout à fait probable que l’élection du Pape Jean XV, qui succéda à Boniface VII, se fit avec la participation de Crescentius. Quand l’impératrice Théophano vint à Rome en 989, elle se manifesta comme impératrice et souveraine, laissant Crescentius dans sa position subordonnée.

A la mort du pape Jean XV au début d’avril 996, comme les Romains et leur chef, Crescentius, n’osaient pas alors nommer le successeur du défunt pape, ils envoyèrent une délégation à l’empereur lui demandant de désigner un candidat convenable au siège de Rome. Otton III était à Ravenne [2] quand les délégués de Rome arrivèrent. Ayant consulté ses conseillers il choisit son propre cousin, Bruno de Carinthie, un jeune ecclésiastique, âgé seulement de 23 ans, qui lui semblait posséder les qualités requises. Au début de mai il fut consacré à Rome sous le nom de Grégoire V, étant le premier pape de nationalité allemande. Quelques semaines plus tard le 21 mai Otton III lui-même fut couronné à Rome par le nouveau pape dans la basilique Saint-Pierre. Le 25 du même mois le pape et l’empereur tinrent à Saint-Pierre un synode, qui était en même temps une cour de justice suprême. Les Romains rebelles, y compris Crescentius, qui avaient comploté pendant les années dernières du pontificat du pape Jean XV, furent convoqués pour rendre compte de leurs actions. Le résultat fut qu’un certain nombre, et parmi eux Crescentius, furent condamnés au bannissement. Le pape Grégoire V, qui voulait inaugurer son pontificat par des actes de clémence, intercéda pour le coupable et l’empereur retira sa sentence d’exil. Crescentius fut privé de son titre de patrice, mais autorisé à vivre à Rome.

Il paya d’un regain de violence la clémence qu’avait eue le pape envers lui. Quelques mois à peine après le retour de l’empereur en Allemagne une révolte éclata à Rome sous la conduite de Crescentius. Ce pape étranger, ces nombreux dignitaires étrangers installés partout dans les États pontificaux offensaient la vue des Romains. La rébellion eut un tel succès qu’en septembre 996, le pape fut obligé de s’enfuir avec seulement quelques assistants. En février 996 il tint un synode à Pavie, et y prononça l’excommunication contre Crescentius, usurpateur et envahisseur de l’Église de Rome. Crescentius, loin d’être ému de ces mesures contre lui, mit le comble à sa rébellion en nommant un antipape, Philagathos, évêque de Plaisance, qui revenait à peine d’une ambassade à Constantinople au nom de l’empereur Otton III.

Né à Rossano en Calabre, Philagathos était un Grec, et c’est à l’impératrice Théophano et à son fils qu’il devait son élévation à l’épiscopat, mais il n’hésita pas à trahir son maître. En avril 997, il prit le nom de Jean XVI. En février 998, Otton III revint à Rome avec le pape Grégoire V et reprit possession de la ville sans grande difficulté.

L’antipape chercha son salut dans la fuite, tandis que Crescentius s’enfermait au château Saint-Ange. L’infortuné Jean XVI fut bientôt capturé par les émissaires de l’empereur, on lui coupa le nez et les oreilles, on lui creva les yeux et lui trancha la langue, et c’est dans cet état pitoyable qu’on le contraignit à chevaucher à l’envers sur un âne. Sur l’intervention de saint Nil, un de ses compatriotes, on lui laissa la vie, et il vécut jusqu’en 1013. Fin avril le château Saint-Ange fut emporté ; Crescentius fut fait prisonnier et exécuté.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Crescentius »

Notes

[1] Patrice est un titre de l’empire romain, créé par Constantin 1er. Dans les années 310-320, Constantin abolit le patriciat romain, vieille distinction sociale qui avait ses racines au début de la république romaine. Le titre de patrice est désormais accordé par l’empereur à des personnes de son choix, et non plus à des familles entières. Dès son apparition, le titre de patrice permet à son titulaire d’intégrer la nobilitas, comme le faisait déjà le patriciat républicain. Le titre était décerné à des personnages puissants mais non membres de la famille impériale ; il vient dans la hiérarchie immédiatement après les titres d’Auguste et de César. Ce titre fut ensuite conféré à des généraux barbares au service de l’empire. Le titre fut encore porté par des notables gallo-romains au 6ème siècle. Sous les Mérovingiens, le titre de patrice était donné au commandant des armées burgondes. Les papes l’ont notamment décerné à plusieurs reprises pour honorer des personnages qui les avait bien servis. Le titre fut également conservé dans l’Empire byzantin, et son importance fut même accrue au 6ème siècle par Justinien 1er, qui en fit la dignité la plus haute de la hiérarchie aulique. C’était une dignité accordée par brevet. Dans les siècles suivants, elle fut progressivement dévaluée par la création de nouveaux titres. La dignité de patrice disparut à Byzance au 12ème siècle.

[2] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.