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Acace de Séleucie

samedi 24 juin 2023, par lucien jallamion

Acace de Séleucie

Patriarche de l’Église de l’Orient de 484 à 497

Disciple d’Ibas d’Édesse, il officialisa le nestorianisme [1].

Apparenté au catholicos [2] Babowaï, il fut élève de l’école d’Édesse [3], puis en fut chassé, comme Barsauma et Narsaï, par le triomphe du monophysisme [4] en Syrie [5]. Revenu en Perse [6], il enseigna à Séleucie [7]-Ctésiphon [8] auprès de Babowaï, et soutint celui-ci contre le parti de Barsauma.

Il succéda à Babowaï à la mort de celui-ci en 484, prenant la place que Barsauma espérait. Les partisans de celui-ci tentèrent de le discréditer en l’accusant d’adultère, mais il les réfuta en se mettant nu et en montrant qu’il était eunuque [9]. Barsauma finit par se soumettre à lui au synode de Beth ’Adrai en 485.

Il présida le synode de 486 qui confirme les orientations du Concile de Beth Lapat [10], la théologie de Théodore de Mopsueste comme doctrine officielle de l’Église de l’Orient, institution du mariage des évêques et de tous les clercs, et condamnation du monophysisme.

Il fut envoyé comme ambassadeur à Constantinople par le roi Valash, et, devant le patriarche Acace de Constantinople, s’y déclara étranger à la doctrine de Nestorius, acceptant de l’anathématiser. Le patriarche exigea également de lui qu’il excommunie Barsauma.

La Chronique de Séert [11] indique qu’il fut emprisonné un temps pour s’être opposé au clergé des Mages [12]. Il mourut en 497 et fut enseveli à Hira [13]. Babowaï II lui succéda en 498

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Acace de Séleucie/ Portail des chrétiens d’Orient/ Catégorie  : Patriarche de l’Église de l’Orient

Notes

[1] Le nestorianisme est une doctrine christologique affirmant que deux personnes, l’une divine, l’autre humaine, coexistent en Jésus-Christ. Cette thèse a été à l’origine défendue par Nestorius, patriarche de Constantinople de 428 à 431. Après la condamnation de Nestorius et de son enseignement, le nestorianisme devient une hérésie. Les Nestoriens rejettent les formulations dogmatiques issues du concile d’Éphèse et des conciles suivants. Le nestorianisme est une des formes historiquement les plus influentes du christianisme dans le monde durant toute la fin de l’Antiquité et du Moyen Âge à partir de l’Église d’Orient.

[2] Le titre de catholicos est un titre équivalent à celui de patriarche porté par des dignitaires de plusieurs Églises orthodoxes orientales, notamment les Églises de la tradition nestorienne et les Églises monophysites, en particulier l’Église apostolique arménienne.

[3] L’école théologique d’Édesse fut une des grandes écoles théologiques des premiers siècles du christianisme et occupe une place importante dans l’histoire du christianisme de langue syriaque. À partir de 363, elle prit le nom d’École des Perses. En 432, l’école d’Édesse se déchire entre les partisans d’Ibas, chef de l’école (fidèle aux idées de Théodore de Mopsueste discréditées par le concile d’Éphèse) et ceux de Rabbula, évêque d’Édesse, qui soutiennent les thèses de Cyrille d’Alexandrie.

[4] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans les écoles théologiques de l’empire byzantin. Cette doctrine tente de résoudre les contradictions de la foi nicéenne concernant la nature du Christ. La doctrine chrétienne s’est construite à l’origine autour du symbole de Nicée, c’est-à-dire la reconnaissance de la consubstantialité du Père et du Fils, tout comme de la nature humaine du Christ. Les monophysites, en revanche, affirment que le Fils n’a qu une seule nature et qu’elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. Ils rejettent la nature humaine du Christ. En cela le monophysisme s’oppose au nestorianisme. Cette doctrine a été condamnée comme hérétique lors du concile de Chalcédoine en 451, tout comme la doctrine opposée. Malgré cela, sous l impulsion de personnages tels que Sévère d’Antioche, le monophysisme continue de se développer dans les provinces byzantines de Syrie et d’Égypte auprès des populations coptes tout au long du 6ème siècle, jusqu aux invasions perses puis arabes au tout début du 7ème siècle. Il fut également responsable du premier schisme entre Rome et Constantinople en 484. Le monophysisme est encore professé aujourd’hui, dans sa variante miaphysite. Ce sont les Églises préchalcédoniennes, arménienne, syro jacobite, copte, etc

[5] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.

[6] La Perse désigne le territoire gouverné par les rois achéménides. L’apogée de la Perse antique est représentée par la dynastie achéménide, dont les conquérants Darius 1er et Xerxès 1er ont étendu le territoire allant jusqu’en Inde. Convoitée, cette région sera ensuite conquise par Alexandre le Grand au 4ème siècle av. jc, par les Parthes dans la seconde moitié du 3ème siècle av. jc, par les troupes musulmanes au 7ème siècle, par Gengis Khan au 13ème siècle, par Tamerlan au 14ème siècle.

[7] Séleucie du Tigre est une ville antique ruinée située en Irak, en face de Ctésiphon et à 35 kilomètres environ de Bagdad. Elle fut une des plus grandes cités de Mésopotamie à la fin de l’Antiquité, s’inscrivant dans l’histoire entre Babylone et Bagdad. Fondée par le successeur d’Alexandre le Grand, Séleucos 1er Nicator, elle devint rapidement une très grande ville et un centre commercial incontournable. Après son passage dans l’empire des Arsacides, elle resta fortement marquée par ses origines grecques, ce qui lui donnait une place à part dans l’empire et qui ne doit pas cacher le caractère très cosmopolite de l’agglomération. Souvent disputée par les Romains, la grande cité déclina au 3ème siècle, concurrencée par la fondation voisine de Coche par les souverains sassanides.

[8] Ctésiphon est une ancienne ville parthe, située face à Séleucie du Tigre, sur la rive gauche du Tigre, à 30 km au sud-est de la ville actuelle de Bagdad, en Irak. La ville s’étendait sur 30 km².

[9] Un eunuque est un homme castré. La castration se limite généralement à l’ablation des testicules mais il arrive qu’elle concerne également le pénis, connue alors sous le nom de pénectomie. Dans la Chine ancienne, la castration était à la fois une punition traditionnelle (jusqu’à la dynastie Sui) et un moyen d’obtenir un emploi dans le service impérial. À la fin de la dynastie Ming, il y avait 70 000 eunuques dans la Cité interdite. La valeur d’un tel poste était importante car elle pouvait permettre d’obtenir un pouvoir immense qui dépassait parfois celui du premier ministre. Cependant, la castration par elle-même fut finalement interdite. Le nombre d’eunuques n’était plus estimé qu’à 470 en 1912, lorsque la fonction fut abolie. La justification de cette obligation pour les fonctionnaires de haut rang était la suivante : puisqu’ils ne pouvaient procréer, ils ne seraient pas tentés de prendre le pouvoir pour fonder une dynastie. À certaines périodes, un système similaire a existé au Viêt Nam, en Inde, en Corée et dans d’autres contrées du monde.

[10] Le concile de Beth Lapat (aujourd’hui Gundishapur, en Iran) est un concile de l’Église de l’Orient qui eut lieu en 484. Barsauma, métropolite de Nisibe, qui le présidait, y fit prononcer la déposition du catholicos Babowaï, qui répondit en excommuniant les participants. Ce concile adopta la théologie de Théodore de Mopsueste, inspiratrice du nestorianisme, comme doctrine officielle de l’Église de l’Orient, en rupture avec toutes les Églises de l’Empire byzantin. La conséquence en fut une séparation effective de l’Église de l’Orient de l’Église byzantine, dans l’objectif politique de plaire aux rois perses, alors zoroastriens. On y désapprouva aussi le célibat du clergé, qui allait à l’encontre des coutumes persanes de l’époque. Ce concile n’empêcha d’ailleurs pas une nouvelle persécution anti-chrétienne qui eut lieu peu après. Quelques participants rejoignirent le monophysisme, et, dans le synode de 544 réuni par le catholicos Mar Aba 1er, certaines décisions, notamment l’autorisation du mariage des évêques, furent annulées.

[11] La Chronique de Séert, dite aussi Histoire nestorienne, est un texte historiographique anonyme qui a été conservé en arabe, mais dont la version originale était en syriaque, et qui appartient à la littérature de l’Église d’Orient.

[12] Un mage (du persan magis) désigne à l’origine un disciple de Zarathoustra. Par extension, le terme est également utilisé comme synonyme de « magicien ».

[13] Al-Hîra est une ville d’Irak située sur la rive droite de l’Euphrate à 18 km au sud-est de Nadjaf. Al-Hîra est déjà une ville assez importante avant l’ère islamique. C’est à l’origine un campement militaire. Des populations arabes poursuivent une migration vers le Proche-Orient depuis des siècles. La population locale, principalement araméenne (Beth Aramayè), comporte bien avant l’islam de bonnes proportions d’arabes. Les Sassanides appellent Arabistan le sud de l’Irak, l’île (Gzîrta en syriaque, al-Jazirâ en arabe, ou localement Djezirzh). L’un des premiers royaumes arabes en dehors de l’Arabie s’établit à Al-Hîra. La dynastie locale des Lakhmides, vassale des Sassanides depuis Shapur II, a pour mission de protéger l’empire Sassanide des incursions des autres tribus arabes. Elle devient la capitale des Lakhmides au 5ème et 6ème siècles.Al-Hîra1 est une ville d’Irak située sur la rive droite de l’Euphrate à 18 km au sud-est de Nadjaf. Al-Hîra est déjà une ville assez importante avant l’ère islamique. C’est à l’origine un campement militaire. Des populations arabes poursuivent une migration vers le Proche-Orient depuis des siècles. La population locale, principalement araméenne (Beth Aramayè), comporte bien avant l’islam de bonnes proportions d’arabes. Les Sassanides appellent Arabistan le sud de l’Irak, l’île (Gzîrta en syriaque, al-Jazirâ en arabe, ou localement Djezirzh). L’un des premiers royaumes arabes en dehors de l’Arabie s’établit à Al-Hîra. La dynastie locale des Lakhmides, vassale des Sassanides depuis Shapur II, a pour mission de protéger l’empire Sassanide des incursions des autres tribus arabes. Elle devient la capitale des Lakhmides au 5ème et 6ème siècles.