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L’histoire pour le plaisir

Osred 1er

mercredi 12 octobre 2022, par ljallamion

Osred 1er (vers 697-716)

Roi de Northumbrie de 705 ou 706 jusqu’à sa mort

Fils d’Aldfrith, roi de Northumbrie [1]. Sa mère est vraisemblablement Cuthburh, la sœur du roi Ine de Wessex, qui est la seule épouse connue d’Aldfrith. D’après l’Histoire ecclésiastique du peuple anglais [2] de Bède le Vénérable, Osred est âgé de 8 ans à la mort de son père.

Bède ne le précise pas, mais d’après la Vita sancti Wilfrithi [3], Osred ne succède pas directement à son père : un certain Eadwulf s’empare du trône à la mort d’Aldfrith et le conserve pendant 2 mois avant d’être chassé de Bamburgh [4] par les partisans d’Osred, au nombre desquelles se trouvent l’évêque Wilfrid, l’abbesse Aelfflæd de Whitby et l’ealdorman [5] Beorhtfrith. Ces trois personnages conservent une influence importante tout au long du règne d’Osred, qui devient même le fils adoptif de Wilfrid.

Durant la première année du règne d’Osred, un concile est organisé sur les berges de la Nidd afin de clarifier la situation de Wilfrid. Ce dernier ne recouvre pas son grand évêché d’York [6], mais il conserve les églises de Ripon [7] et de Hexham [8]. Il s’agit du seul événement connu du règne d’Osred, en dehors de la victoire de l’ealdorman Beorhtfrith sur les Pictes [9] en 711.

Osred est tué en 716, à l’âge de 19 ou 20 ans, dans des circonstances inconnues. Le manuscrit de la Chronique anglo-saxonne [10] précise qu’il meurt au sud de la frontière, ce qui pourrait impliquer qu’il est mort dans le cadre d’une campagne contre les Pictes. Un certain Cenred (roi de Northumbrie) lui succède : c’est la fin de la mainmise des descendants d’Aethelfrith sur le trône de Northumbrie.

L’image posthume d’Osred est très contrastée : la communauté de Beverley Minster se souvient de lui comme d’un bienfaiteur, alors que Bède le Vénérable déplore la dégradation des pratiques religieuses survenue sous son règne, tout comme Boniface de Mayence, qui le décrit comme un jeune débauché.

D’après un poème du 9ème siècle, le “De Abbatibus”, il fait preuve de brutalité avec la noblesse de son royaume

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de D. P. Kirby, The Earliest English Kings, Londres, Routledge, 2000, 258 p. (ISBN 0-415-24211-8, l

Notes

[1] 9950

[2] L’Histoire ecclésiastique du peuple anglais (Historia ecclesiastica gentis Anglorum en latin) est un ouvrage de Bède le Vénérable écrit vers 731. Comme son titre le suggère, il s’agit d’une histoire de l’Angleterre qui s’intéresse tout particulièrement à sa christianisation.

[3] La Vita sancti Wilfrithi est une hagiographie latine de l’évêque northumbrien Wilfrid d’York. Elle a été rédigée au début du 8ème siècle, quelques années après la mort de Wilfrid en 709, par un prêtre nommé Étienne. Les historiens ont longtemps identifié cet Étienne à un certain Eddius Stephanus, maître de chant lié à Wilfrid, mais cette identification est aujourd’hui abandonnée. Contrairement à la plupart des hagiographies, la Vita sancti Wilfrithi ne présente guère de miracles. En revanche, elle s’intéresse de près à la carrière politique tourmentée de Wilfrid, faisant de lui l’une des figures les mieux connues de cette période. Elle comprend également des digressions sur l’histoire des deux principaux monastères fondés par Wilfrid : l’abbaye de Hexham et l’abbaye de Ripon

[4] Bamburgh est un village et une paroisse civile du Northumberland, en Angleterre. Il est situé sur la côte de la mer du Nord. Au 7ème siècle, Bamburgh est la capitale du royaume anglo-saxon de Bernicie. Au 10ème siècle, Bamburgh retrouve une certaine importance comme siège des seigneurs anglo-saxons qui règnent sur une partie de la Northumbrie, indépendamment du royaume viking d’York. Le château de Bamburgh est mis à sac par une armée viking en 993.

[5] Un ealdorman est la personne qui dirige un comté dans l’Angleterre anglo-saxonne entre le 9ème siècle et le règne de Cnut le Grand (1016-1035). C’est un officier royal et un magistrat de haut rang, qui commande également l’armée de son comté en temps de guerre. Dans certaines chartes du Wessex, le terme est traduit par le latin dux ou præfectus.

[6] L’archevêque d’York est le troisième personnage de l’Église d’Angleterre, après le gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre (c’est-à-dire le monarque) et l’archevêque de Cantorbéry (le primus inter pares de tous les primats anglicans).

[7] Ripon est une ville d’Angleterre, dans le Yorkshire du Nord, qui possède le statut de Cité (historiquement associé à la présence d’une cathédrale).

[8] L’abbaye de Hexham est un lieu de culte chrétien de la ville de Hexham, située au nord-est de l’Angleterre, dans le Northumberland. Cet édifice a beaucoup de points communs avec la cathédrale de Noyon, toutes deux étant de remarquables exemples de gothique primitif. Pendant la période normande, l’abbaye de Wilfrid est remplacée par un prieuré augustin. L’église actuelle date essentiellement de cette période (vers 1170-1250) avec un style architectural du début de la période anglaise. Le chœur, les transepts nord et sud et les cloîtres, où les chanoines étudiaient et méditaient, datent de cette période.

[9] Les Pictes étaient un peuple établi principalement dans les Lowlands de l’Écosse. Les migrations Pictes s’installent entre les différentes vagues de migrations goïdeliques (gaëliques) et gallo-britonniques. Leurs ancêtres seraient venus du continent à la fin de la préhistoire, peut-être au cours du 1er millénaire avant jc. Leur première mention est due à l’orateur breton Eumenius, en 297, ce dernier les cite aux côtés des Hibernii (les Irlandais) comme ennemis des Bretons.

[10] La Chronique anglo-saxonne est un ensemble d’annales en vieil anglais relatant l’histoire des Anglo-Saxons. Le manuscrit original est probablement rédigé dans le royaume de Wessex sous le règne d’Alfred le Grand, à la fin du 9ème siècle. De multiples copies sont distribuées aux monastères d’Angleterre et ensuite mises à jour indépendamment les unes des autres.