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Li Yuan dit Tang Gaozu

jeudi 25 août 2022, par ljallamion

Li Yuan dit Tang Gaozu (566- 635)

Premier empereur chinois de la dynastie Tang

Les sources sont partagées sur son rôle réel, certaines lui attribuant un mérite important, le qualifiant de fin diplomate et de gouverneur à la fois expérimenté et ambitieux. D’autres sources le qualifient d’attentiste et loyal, suivant finalement les consignes de son fils Li Shimin. Dans la version de l’historiographie impériale, c’est son fils Li Shimin, futur empereur Taizong, qui mena les armées Li en son nom et forgea ainsi les bases de l’Empire des Tang [1].   Sui Yangdi empereur trop ambitieux et dépensier entraîne une situation politique instable, aggravée par ses échecs militaires en Corée contre le royaume de Koguryo [2] et contre les Turcs. Cela conduit, en 613, à un soulèvement conduit par des généraux issus tout comme les Sui [3] de l’aristocratie des Zhou du Nord [4], aux origines Xianbei [5] et Han [6].   C’est finalement le général responsable de la garnison de Taiyuan [7], Li Yuan, qui profite de la situation. Avec son prestige et son expérience militaire, il monte une rébellion avec ses fils Li Shimin et Li Jiancheng et également sa fille la princesse Zhao de Pingyang , qui rassemble et commande sa propre armée.   En 617, Li Yuan, paré du titre de Prince de Tang, occupe la capitale Chang’an [8] et devient régent du jeune empereur Sui Gongdi , reléguant l’empereur Sui Yangdi à la fonction d’empereur retiré.

Le 18 juin 618, Sui Yangdi est assassiné par son général Yuwen Huaji. Li Yuan se proclame alors empereur d’une nouvelle dynastie, les Tang, prenant le nom de Gaozu.   L’unité du royaume reste à achever, et une nouvelle ère de prospérité débute. Le bouddhisme [9], qui s’était lentement introduit en Chine au premier siècle, devint la religion prédominante et fut largement adopté par la famille royale. On estime que Chang’an, la capitale de l’époque, était alors la plus grande ville du monde.   Sur le plan administratif, une importante innovation consista à confier les provinces à des gouverneurs militaires. Le gouvernement central, copié sur celui des Han [10], fut perfectionné par la création de sections techniques confiées à des experts plutôt qu’à des lettrés. Le bon fonctionnement du système permit une augmentation sans précédent du budget de l’État : la population atteignit le chiffre de 50 millions d’habitants.   En 626, Li Shimin força son père à abdiquer et devint empereur sous le nom de Taizong. Après avoir régné 8 ans, Tang Gaozu s’éteint en 635 à 69 ans, 9 ans après la perte de son trône.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Samuel Adrian M. Adshead, T’ang China : The Rise of the East in World History, New York, Palgrave Macmillan, 2004 (ISBN 1-4039-3456-8)

Notes

[1] La dynastie Tang est une dynastie chinoise précédée par la dynastie Sui (581-618) et suivie par la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes. Elle a été fondée par la famille Li, qui prit le pouvoir durant le déclin et la chute de l’empire Sui. Venant après une longue période de division de la Chine qui dura de 220 à 581, à laquelle l’éphémère dynastie Sui avait mis fin, les premiers empereurs de cette dynastie eurent d’abord pour tâche de stabiliser l’empire récemment réunifié, et de lui redonner la puissance qu’avait eue la Chine à l’époque des Han. Ils firent rapidement mieux que ces derniers dans le domaine des conquêtes extérieures.

[2] Koguryo ou Koguryŏ, était, au début de notre ère, un royaume coréen situé au nord de la péninsule, sur le territoire de l’actuelle Corée du Nord, sur une partie de la Mandchourie ainsi que sur l’actuel Extrême-Orient russe. On en constate l’existence durant la période correspondant aux confédérations Samhan qui se constituent au Sud de la péninsule et, ensuite, au cours de la période dite des Trois Royaumes de Corée, c’est l’un des trois, les deux autres royaumes étant Baekje et Silla. Durant cette dernière période, qui s’étend du 1er au 7ème siècle de notre ère, il fut le plus étendu des trois. Il a perduré durant sept siècles, depuis le premier siècle avant notre ère jusqu’à sa destruction en 668. Le nom moderne de Corée dérive du nom de ce royaume.

[3] La dynastie Sui (581/618) succède aux dynasties du Nord et du Sud et précède la dynastie Tang, en Chine. La dynastie Sui est une dynastie pivot dans l’histoire de la Chine dans la mesure où elle met fin à quatre siècles de division, et impose par ses réformes et ses grands travaux une unité qui sera à partir d’elle vue comme naturelle. Elle est fondée par Yang Jian, le puissant général semi barbare des Zhou du Nord. Devenant dès lors l’empereur Wendi des Sui, il soumet la Chine du sud, puis impose comme capitale Daxing (plus tard renommée Chang’an, actuelle Xi’an). En dépit de sa faible durée de vie, cette dynastie se caractérise par l’importante réunification du Nord et du Sud, par les immenses tâches de construction du Grand Canal et de reconstruction expansion de la Grande Muraille de Chine.

[4] La dynastie des Zhou du Nord régna en Chine du nord-ouest de 557 à 577 puis en Chine du nord de 577 à 581 lors de la période des Dynasties du Nord et du Sud. Elle fut précédée par la dynastie des Wei de l’Ouest et suivie par la dynastie des Sui, qui réunifia la Chine en 589. Cette dynastie a joué un rôle capital dans la fin de la longue période de division de la Chine, posant les bases de la réunification.

[5] ethnie non-chinoise

[6] chinoises

[7] Shanxi

[8] l’actuelle Xi’an

[9] Le bouddhisme est, selon le point de vue occidental, une religion (notamment une religion d’État) ou une philosophie, voire les deux, dont les origines sont en Inde au 5ème siècle av. jc à la suite de l’éveil de Siddhartha Gautama et de son enseignement. Le bouddhisme est né en Inde à peu près à la même époque que Mahâvîra, qui rendit plus populaire le jaïnisme, avec lequel il partage une certaine tendance à la remise en cause de l’hindouisme (en particulier de la caste sacerdotale des brahmanes) tel que ce dernier était pratiqué à l’époque (6ème siècle av. jc). Le bouddhisme a repris et aménagé beaucoup de concepts philosophiques de l’environnement religieux de l’époque (tels que dharma et karma, par exemple).

[10] La dynastie Han régna sur la Chine de 206 av. jc à 220 apr. jc. Deuxième des dynasties impériales, elle succéda à la dynastie Qin (221/206 av. jc) et fut suivie de la période des Trois Royaumes (220/265). Fondée par Liu Bang, chef de guerre d’origine paysanne révolté contre la dynastie Qin, elle compta 28 empereurs.