Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Vasak Bagratouni

jeudi 13 janvier 2022, par ljallamion

Vasak Bagratouni (mort après 772/775)

Prince arménien de Taron

Armoiries de la dynastie BagratidesMembre de la dynastie des Bagratides [1] dont est issue la dynastie nationale des Bagrations en Géorgie [2].

Le prince Vasak Bagratouni n’est pas connu de la Chronique géorgienne [3] qui attribue l’implantation des Bagratides en Ibérie [4] à un mythique Gouaram le Curopalate ou Gouaram 1er qui aurait régné dès la fin du 6ème siècle. Les sources arméniennes relatives aux Bagratides précisent par contre que Vasak, prince de Taron [5], est le fils cadet du prince d’Arménie Achot III Bagratouni et un frère du prince Smbat VII Bagratouni.

Après la défaite de la coalition des dynastes arméniens lors de la bataille de Bagrévand en 772/775 [6], Vasak, comme son neveu Achot Msaker dit Achot IV Bagratouni , se réfugie dans le nord-ouest de l’Arménie à la frontière de l’Empire byzantin [7].

De là, Vasak Bagratouni s’établit avec sa famille dans la région montagneuse du Klardjeth, située dans la province de Kolaver [8], où il épouse selon Cyrille Toumanoff une fille de Gouaram III d’Ibérie , le prince local de Djavakhétie [9] et de Calarzène.

La Chronique géorgienne mentionne que le roi Artchil 1er le Martyr , venant d’Egris [10] et s’arrêtant dans la citadelle ruinée de Khidar, reçoit un mthawar [11] nommé Adarnassé, fils d’un frère d’Adarnassé l’Aveugle et dont le père allié aux Bagratides avait reçu des Grecs un “érsithawat” dans les contrées du Somkheth [12] et qui s’était réfugié dans le Klardjeth où il était resté. Adarnasé devient le vassal d’Artchil qui lui concède Cholawer [13] et Artan [14].

Comme la Chronique géorgienne, la version arménienne de cette même Chronique dite de Jouansher indique que le fils de Vasak, Adarnassé Ier de Tao , reçoit des domaines du roi Artchil 1er.

À cette époque, les Khazars [15] dont l’alliance avec Byzance [16] remonte à l’époque des empereurs Héraclius 1er et Justinien II, occupent une partie du Sud Caucase où ils bataillent contre les forces arabes du Calife.

Vers 799/800, ils ont pris la ville de Tiflis [17] et capturé le prince Djouanscher . L’influence de ce dernier avec qui devait d’ailleurs s’éteindre la dynastie des Chosroïdes [18] en Ibérie, est fortement réduite par les sécessions de Léon II d’Abkhazie et du Chorévêque [19] Grigol de Kakhétie .

Il est vraisemblable que les Khazars ne se sont pas opposés à l’installation de la famille de Vasak, qui s’est reconnue vasale de l’Empire grec, qui accordera ensuite régulièrement à ses membres le titre de Curopalate [20].

Les Arabes reconnaissent également Achot Ier d’Ibérie , fils d’Adarnassé et petit-fils de Vasak comme prince d’Ibérie.

Selon Cyrille Toumanoff, Vasak Bagratouni et son épouse inconnue, fille de Gouaram III d’Ibérie, laissent au moins un fils au nom ibère inconnu jusqu’alors chez les Bagratides

P.-S.

Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les princes caucasiens et l’Empire du vie au ixe siècle, Paris, de Boccard, 2006, 634 p. [détail des éditions] (ISBN 978-2-7018-0226-8), p. 420-460, « Les princes d’Ibérie du vie au viiie siècle »

Notes

[1] La dynastie Bagratide, Bagratouni est une famille royale dont les branches dirigèrent de nombreux royaumes régionaux tels que les territoires arméniens de Ani, Lorri, Kars, Taron, et Tayk, ainsi que diverses principautés du royaume de Géorgie et dont les derniers membres s’illustrèrent dans l’histoire de l’Empire russe.

[2] Pays sur la côte est de la mer Noire dans le Caucase, situé à la fois en Europe de l’Est et en Asie. Elle est considérée comme faisant culturellement, historiquement et politiquement parlant partie de l’Europe. Sa capitale est Tbilissi.

[3] Les Chroniques géorgiennes désignent conventionnellement le principal recueil de textes historiques médiévaux de Géorgie Kartlis Tskhovreba , le Karthli étant la région de la Géorgie ancienne et médiévale connue dans l’Antiquité classique et encore sous l’Empire byzantin sous le nom d’Ibérie du Caucase. Les chroniques sont également connues sous le nom d’« Annales royales de Géorgie » car elles constituent l’essentiel du corpus officiel de l’histoire du royaume de Géorgie.

[4] L’Ibérie, aussi connue sous le nom d’Ivérie, est le nom donné par les Grecs et les Romains à l’ancien royaume de Karthlie et correspondant approximativement aux parties méridionale et orientale de l’actuelle République de Géorgie. Les Ibères du Caucase forment une base pour le futur État géorgien et, en même temps que les Colches de Colchide, le noyau de la population géorgienne actuelle. La région n’était, jadis, habitée que par quelques tribus qui faisaient partie du peuple appelé « Ibères ».

[5] Le Taron est une région du centre de l’Arménie historique, possédée initialement par les Mamikonian. À la mort de Chmouel Mamikonian, tué à la bataille de Bagrévand le 15 avril 775, son neveu Achot s’empare du Taron. En 968, les deux frères cèdent le Taron à Byzance, en échange de domaines et de charges byzantines. Leurs descendants prennent le nom de Taronitès. Le Taron est à présent compris dans la province de Muş, en Turquie orientale.

[6] La bataille de Bagrévand est une bataille qui oppose les Arméniens révoltés aux troupes du calife abbasside le 25 avril 772 ou 775. Elle se solde par une défaite arménienne

[7] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[8] région de l’actuelle Ardahan en Turquie

[9] La Djavakhétie, parfois Djavakheti est une province historique de la Géorgie. Elle regroupe deux districts (raions), Akhalkalaki et Ninotsminda, peuplés majoritairement d’Arméniens (54 % de la population) et intégrés en 1994 dans la région géorgienne de Samtskhé-Djavakhétie.

[10] Dans l’ancienne géographie, la Colchide, Colchis ou Kolchis est un ancien État, royaume puis région géorgienne, qui a joué un rôle important dans la formation de la culture ethnique du peuple géorgien et de ses sous-groupes. Le royaume de Colchide a contribué au développement de l’État géorgien médiéval, à la suite de son unification avec le royaume d’Ibérie, ou Karthli.

[11] descendant du prophète David

[12] Le Somkhéti est le nom géorgien pour l’Arménie.

[13] Kolover

[14] Ardahan

[15] Les Khazars étaient un peuple semi-nomade turc d’Asie centrale ; leur existence est attestée entre le 6ème et le 13ème siècle. Au 7ème siècle les Khazars s’établirent en Ciscaucasie aux abords de la mer Caspienne où ils fondèrent leur Khaganat ; une partie d’entre eux se convertirent alors au judaïsme qui devint religion d’État. À leur apogée, les Khazars, ainsi que leurs vassaux, contrôlaient un vaste territoire qui pourrait correspondre à ce que sont aujourd’hui le sud de la Russie, le Kazakhstan occidental, l’Ukraine orientale, la Crimée, l’est des Carpates, ainsi que plusieurs autres régions de Transcaucasie telles l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Les Khazars remportèrent plusieurs séries de succès militaires sur les Sassanides. Ils luttèrent aussi victorieusement contre le Califat, établi en deçà de la Ciscaucasie, empêchant ainsi toute invasion arabo-islamique du sud de la Russie. Ils s’allièrent à l’Empire byzantin contre les Sassanides et la Rus’ de Kiev. Lorsque le Khaganat devint une des principales puissances régionales, les Byzantins rompirent leur alliance et se rallièrent aux Rus’ et Petchenègues contre les Khazars. Vers la fin du 10ème siècle, l’Empire Khazar s’éteignit progressivement et devint l’un des sujets de la Rus’ de Kiev. S’ensuivirent des déplacements de populations rythmées par les invasions successives des Rus’, des Coumans et probablement de la Horde d’Or mongole. Les Khazars disparurent alors de l’histoire n’étant plus mentionnés dans aucun récit historique.

[16] Byzance est une ancienne cité grecque, capitale de la Thrace, située à l’entrée du Bosphore sous une partie de l’actuelle Istanbul. La cité a été reconstruite par Constantin 1er et, renommée Constantinople en 330, elle est devenue la capitale de l’Empire romain, puis de l’Empire romain d’Orient et enfin de l’Empire ottoman à partir de 1453 date de la prise de la ville par les Turcs. Elle fut rebaptisée Istanbul en 1930.

[17] Tbilissi est la capitale de la République de Géorgie, sur les rives de la rivière Koura (ou Mt’kvari). Située stratégiquement au cœur du Caucase, entre l’Europe et l’Asie, elle devient le principal objet de rivalités entre les différentes puissances voisines telles que l’Empire byzantin, la Perse, l’Arabie et la Turquie seldjoukide. Le développement culturel de la ville dépend ainsi des différents empires la dominant du 6ème au 10ème siècle. Toutefois, Tbilissi, comme le reste de la Géorgie orientale, réussit à préserver une autonomie notable vis-à-vis de ses conquérants. À partir de 570/580, les Perses prennent Tbilissi et y règnent pour environ une décennie. En 627, elle est prise et saccagée par les armées byzantines et khazares. Vers 737, les Arabes entrent dans la ville sous le commandement de Marwan al-J`adîy al-Himâr et établissent un émirat dans la région avec pour capitale Tbilissi. En 764, la ville est à nouveau prise par les Khazars mais reste sous domination arabe. En 853, les armées du général arabe Boughba le Turc envahissent Tbilissi dans le but d’établir une domination abbasside dans le Caucase. La domination arabe sur Tbilissi continue ainsi jusque dans les années 1050, les Géorgiens y résidant ne pouvant se révolter.

[18] Les Chosroïdes sont les membres d’une dynastie de rois puis de prince-primats d’Ibérie et qui régnèrent à l’origine du 4ème au 9ème siècle dans la région connue ensuite sous le nom de Karthli. D’origine iranienne, les Chosroïdes sont sans doute une lignée issue de la maison de Mihran. La dynastie se convertit au christianisme vers 337 et tente de maintenir un certain degré d’indépendance entre l’Empire byzantin et les Sassanides. Après l’abolition de la monarchie d’Ibérie par les Sassanides vers 580, la dynastie se maintient en deux lignées princières rivales parfois en compétition, la branche aînée dites les « Chosroïdes » et la cadette les « Gouaramides », jusqu’au début du 9ème siècle, lorsque la succession du trône d’Ibérie revient à la lignée arménienne des Bagratides.

[19] Nom masculin, du latin chorepiscopus, chorévêque signifie littéralement « évêque de la campagne ». Apparu dès les premiers siècles de l’ère chrétienne en Orient et 4ème et 5ème siècles en Occident, le chorévêque exerce dans les zones rurales les fonctions de l’évêque dont il dépend et qui siège toujours en ville. Alors qu’elle a disparu en Occident dès les 11ème et 12ème siècles, la dignité de chorévêque est aujourd’hui encore conférée, le plus souvent à titre honorifique, dans les Églises chrétiennes orientales unies ou non à l’Église catholique romaine.

[20] La dignité de curopalate fut d’abord une fonction de la cour impériale byzantine avant de devenir l’un des titres les plus prestigieux du 6ème au 12ème siècle. Réservée aux membres de la famille impériale et à divers rois et princes du Caucase, elle finit par se déprécier et être reléguée à la fin des listes de préséance avant de tomber en désuétude sous les Paléologues. L’épouse d’un curopalate portait le titre de kouropalatissa.