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Abū Al-Abbās-ibn Yazīd dit Al-Walīd II

dimanche 5 septembre 2021, par lucien jallamion

Abū Al-Abbās-ibn Yazīd dit Al-Walīd II (707-744)

Onzième calife omeyyade

Il succède à son oncle Hicham en 743. Il est le fils de Yazīd II . Son règne ne dure qu’un an, 2 mois et 21 jours.

Hicham pense un moment à choisir son propre fils pour lui succéder, Al-Walīd ibn Yazīd étant très porté sur les boissons alcoolisées et peu religieux.

Hicham reproche à Al-Walīd ce comportement et lui enjoint de quitter son compagnon de boisson. Il lui coupe également les fonds d’héritage et le somme d’être plus respectueux en matière de religion. Al-Walīd succède à Hicham le 6 février 743.

Au début de son règne, Al-Walīd II confirme Nasr ibn Sayyar au poste de gouverneur du Khorassan [1], ainsi que d’autres gouverneurs nommés par Hicham. Al-Walīd II nomme également son oncle Youssef ibn Mohammed au poste de gouverneur de Médine [2].

Sous Al-Walīd II, les tensions ethniques commencent à s’amplifier, et les Omeyyades [3] perdent peu à peu leur statut d’arbitre, et donc leur légitimité. La politique d’arabisation menée par la dynastie et la confiscation du pouvoir par les Arabes conduit à l’affaiblissement du pouvoir.

Les kharidjites [4], révoltés en Irak, prennent Koufa [5] et contrôlent une bonne partie du pays et des provinces à l’est, où la propagande abbasside [6] s’étend lentement mais sûrement.

Al-Walīd II remet en liberté Yahya ben Zayd, fils de Zayd ibn Ali. Yahya quitte Merv [7] pour Nichapur [8], où il est arrêté par le gouverneur Nasr, le croyant en fuite.

Une bataille s’ensuit, qui voit les partisans de Yahya prendre l’avantage. Yahya, voyant qu’il est plus prudent de ne pas continuer sa route vers l’Irak, revient au Khorassan, où il est tué, lui et son frère. Leurs corps restent exposés sur la potence jusqu’à l’insurrection de Abū Muslim Al-Ḫurāsāniyy en 743. Ce dernier les enterre, mais Al-Walīd II donne l’ordre de les exhumer et de les brûler, ce qui est fait par le gouverneur d’Irak.

Al-Walīd II met son cousin, le général Sulayman ibn Hicham , en prison. Cet acte, associé à la mauvaise réputation du calife, suscite une vive opposition, si bien qu’un groupe de personnes commence à comploter pour assassiner le calife. Lorsqu’ils approchent Ḫālid ibn Abd Allāh et prennent contact avec lui, il décline l’offre de les rejoindre et alerte Al-Walīd II du complot en cours, ce qui ne fait qu’attiser la colère du calife, qui emprisonne Ḫālid et le donne à Yusuf ibn Umar al-Thaqafi . Ce dernier le torture et finit par le tuer, ce qui augmente considérablement la colère contre le calife au sein même de sa famille.

Ayant vent de ce qui se passe en Syrie [9], Marwān ibn Muḥammad y envoie une lettre condamnant ce qui se trame, un tel acte menaçant, selon lui, la stabilité et la survie du Califat omeyyade. Au même moment, la mort de Yahya ben Zayd déclenche des émeutes populaires. De nombreux hommes armés prennent d’assaut Damas [10], et le calife est assiégé dans un château en dehors de la ville. Il finit par être vaincu et tué par les forces de Sulaymān ibn Hicham le 16 avril 744.

N’ayant pas de fils en âge de lui succéder, en dehors de fils d’esclaves, son cousin Yazīd III le Réducteur lui succède. Le meurtre du calife ternit considérablement l’image des Omeyyades. Les tribus arabes perdent de leur solidarité et la lutte pour le pouvoir devient évidente.

Al-Walīd II se consacre surtout à des projets de construction en Syrie, ainsi qu’à la promotion de la littérature, lui-même étant un poète. La construction de plusieurs palais dans la vallée du Jourdain [11] lui est parfois attribuée. Ces palais sont probablement des résidences de chasse et de divertissement.

Al-Walīd II est décrié et considéré par de nombreux auteurs comme le calife le plus pervers et le plus dissolu de l’Histoire musulmane. Une anecdote rapporte qu’un jour, étant ivre, il demande à sa concubine Nawwār de se travestir en imam [12] et d’aller diriger la prière du vendredi à sa place

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Al-Walīd II/ Portail du monde arabo-musulman/ Catégories : Calife omeyyade

Notes

[1] Le Grand Khorassan est une région historique jusqu’au Moyen Âge dont les limites varient. Il correspond néanmoins plus ou moins à l’Afghanistan actuel, autrefois faisant partie du Grand Iran, et incluait des parties de ce qui est aujourd’hui l’est de Iran, le Tadjikistan, le Turkménistan, et l’Ouzbékistan.

[2] Médine est une ville d’Arabie saoudite, capitale de la province de Médine, située dans le Hedjaz. C’est là que vint s’installer en 622 à l’hégire le prophète de l’islam, Mahomet, après qu’il eut, selon le Coran, reçu l’ordre de Dieu de quitter La Mecque, ville distante de plus de 430 km. C’est aussi là qu’il mourut et fut enterré en 632. La ville abrite son tombeau dans la Masjid An Nabawi (mosquée du Prophète) ainsi que les premiers califes Abou Bakr et Omar, les autres personnes importantes de l’islam restant au cimetière Al-Baqi.

[3] Les Omeyyades, ou Umayyades sont une dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre Umayya ibn Abd Shams, grand-oncle de Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Quraych, qui domine La Mecque au temps de Mahomet. À la suite de la guerre civile ayant opposé principalement Muʿāwiyah ibn ʾAbī Sufyān, gouverneur de Syrie, au calife ʿAlī ibn ʾAbī Ṭalib, et après l’assassinat de ce dernier, Muʿāwiyah fonde le Califat omeyyade en prenant Damas comme capitale, faisant de la Syrie la base d’un Califat qui fait suite au Califat bien guidé et qui devient, au fil des conquêtes, le plus grand État musulman de l’Histoire.

[4] Le kharidjisme ou kharijisme est une secte de l’islam apparue lors de la première fitna et le conflit entre Ali et Mu’awiya. Selon al-Shahrastani, un khariji est toute personne qui se révolte contre le dirigeant autour duquel sont réunis les musulmans. Les khawarij sont ainsi considérés comme des dissidents. Le kharijisme est l’une des toutes premières factions apparues en Islam. Les kharijites se divisèrent, par la suite, en une multitudes de groupes (près d’une vingtaine). Sept d’entre eux ont été principalement recensés : les mouhakkimites, les azraqites, les najadites, les thaalabites, les ajradites, les ibadites et les sufrites. Tous partagent des fondements communs comme l’excommunication (takfir) des musulmans commettant des grands péchés, l’obligation de se révolter contre le dirigeant injuste ou débauché, ou encore l’excommunication de certains compagnons de Mahomet.

[5] Koufa ou Kûfa est une ville d’Irak, environ 170 km au sud de Bagdad, et à 10 km au Nord-est de Nadjaf. Elle est située sur les rives du fleuve Euphrate. C’est la deuxième ville de la province de Nadjaf. Avec Kerbala, et Nadjaf, Koufa est une des trois villes irakiennes de grande importance pour les musulmans chiites. Sur une décision du calife `Omar, Koufa a été construite pour être un pôle d’immigration arabe dans le sud de la Mésopotamie, et de devenir la capitale. Les Arabes recherchaient un endroit où ils ne souffriraient pas de maladies. À l’emplacement de Koufa, il y avait une ville Sassanide qui faisait partie d’une province perse. Les quartiers arabes de la ville ont été construits en 638, à peu près au même moment qu’à Bassora, quand les armées arabes combattaient les Sassanides. La ville fut construite en briques cuites. On commença par construire la mosquée au centre de la ville à 1,5 km de l’Euphrate. On creusa un réservoir d’eau prévu pour 20 000 habitants. La population de Koufa était formée d’immigrants arabes venant soit de la région de La Mecque, soit du sud de l’Arabie, Yémen et Hadramaout, certains d’entre eux étaient chrétiens ou juifs. En 655, les habitants de Koufa soutiennent `Alî contre le calife `Uthman.

[6] Les Abbassides sont une dynastie arabe musulmane qui règne sur le califat abbasside de 750 à 1258. Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, est un descendant d’un oncle de Mahomet, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750. Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachîd, la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n’exercer qu’un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides au 10ème siècle, puis des Seldjoukides au 11ème siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols en 1258, une branche de la famille s’installe au Caire, où elle conserve le titre de calife sous la tutelle des sultans mamelouks jusqu’à la conquête de l’Égypte par l’Empire ottoman, en 1517.

[7] Merv autrefois satrapie de Margiane, était une ville de l’Asie centrale, sur la route historique de la soie. Ses vestiges sont situés aujourd’hui près de la ville de Mary au Turkmenistan. La ville a connu plusieurs refondations au cours d’une histoire millénaire et a connu divers noms comme « Mourou » à l’époque Achéménide, puis « Alexandrie de Margiane » (ville fondée par Alexandre) et enfin « Antioche de Margiane » sous les macédoniens. Ce fut un important évêché du christianisme nestorien entre le 6ème et le 14ème siècle. En 651, le dernier roi perse sassanide, Yazdgard III, fut assassiné à Merv. Merv fut un temps, capitale des Seldjoukides avant leur avancée vers l’Iran. Ce fut une ville de haute culture, renommée pour ses 10 bibliothèques, et Yaqout al-Rumi y resta deux ans, peu avant sa destruction par les Mongols en 1221.

[8] Nishapur est une des principales villes de la région du Khorasan, en Iran. Elle est construite par les sassanides : Shapur 1er la fonde, Shapur II la reconstruit, d’où son nom de Nev-Shabur. Elle fut un évêché nestorien au 5ème siècle. Occupée par les Arabes en 651. Les révoltes ne sont pacifiées qu’en 692. En 901, elle tombe aux mains des Samanides. Des tremblements de terre la détruisent.

[9] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.

[10] Damas est l’une des plus anciennes villes continuellement habitées. Elle est aussi la ville la plus peuplée de la grande Syrie (Assyrie) (des traces archéologiques remontent au 4ème millénaire av. jc). Elle est citée dans la Bible, dans le livre de la Genèse, et plusieurs fois dans les Livres des Rois et des Prophètes. Damas connut l’influence de nombreuses civilisations dont celles des Assyriens, Perses, Grecs, Séleucides, Romains, Arabes et Turcs. De la fin du 12ème siècle av. jc à 734 av. jc, elle est la capitale du royaume d’Aram-Damas. Elle fut l’un des berceaux du christianisme et vit saint Paul prononcer ses premières prédications, notamment dans la maison d’Ananie, où celui-ci a ouvert une église domestique dès l’année 37. Cette dernière est la plus vieille de Syrie (aujourd’hui dans le quartier chrétien de Bab Touma). En 635, Damas se soumit aux musulmans et devint la capitale de la dynastie des Omeyyades de 661 à 750. Avec l’adoption de la langue arabe, elle devint le centre culturel et administratif de l’empire musulman durant près d’un siècle. Par la suite, elle demeura un foyer culturel majeur et un pôle économique de premier plan profitant de sa situation géographique privilégiée, à la croisée des chemins de La Mecque, l’Afrique, l’Anatolie, la mer Méditerranée et l’Asie (route de la soie en direction de la Chine et du commerce des épices avec l’Inde).

[11] Le Jourdain est un fleuve du Moyen-Orient, qui a donné son nom à la Jordanie (Transjordanie), à la Cisjordanie et à la ville de L’Isle-Jourdain en France. Du mont Hermon à la mer Morte, le Jourdain s’écoule sur 360 km et sa vallée est la plus basse du monde puisqu’il rejoint la mer Morte à l’altitude de −421 m sous le niveau des océans.

[12] Un imam est une personne qui dirige la prière en commun. C’est de préférence une personne qui doit être instruite en ce qui concerne les rites et la pratique au quotidien de l’islam. Pour les chiites, tenant d’une tradition cléricale de l’islam, l’imam est le guide spirituel et temporel de la communauté islamique. Chez les duodécimains, ils portent souvent le titre de mollah ou d’ayatollah et, de ce fait, celui d’imam est plus usité dans le sunnisme. Dans les autres communautés chiites, l’imam est le seul guide. Dans le cadre du sunnisme, on peut comparer la fonction d’imam à celle du pasteur ou de prédicateur protestant. En effet, l’imam ne fait pas partie d’une structure hiérarchique : il est désigné par la communauté elle-même et ne prétend à aucun lien privilégié avec Dieu. Il peut être licencié s’il n’accomplit pas sa mission.