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Ino Anastasia rebaptisée Aelia Anastasia

vendredi 3 septembre 2021, par ljallamion

Ino Anastasia rebaptisée Aelia Anastasia (morte en 594)

Soldius représentant Tibère II Constantin Empereur byzantin de 578 à 582Épouse de l’empereur byzantin Tibère II Constantin et nommée Augusta au même titre que l’Empereur de 578 jusqu’à sa mort.

D’après les écrits de Jean d’Ephèse, elle naquit à Daphnudium, probablement sur l’île de Kefken au large des côtes de Bithynie [1] en mer Noire [2]. Elle est d’abord l’épouse d’un optio [3]. Ils ont ensemble une fille qui devient la fiancé de Tibère. Son mari et sa fille meurent cependant tous les deux avant la conclusion du contrat de mariage, et c’est Ino elle-même qui épouse Tibère.

Jean d’Ephèse note que de leur union naissent 3 enfants dont 2 filles

Après avoir été nommé co-empereur par Justin II, Tibère II Constantin devient seul empereur à la mort de celui-ci le 5 octobre 578. Selon Jean d’Ephèse, Sophie, la veuve de Justin II, envoie alors le patriarche Eutychius de Constantinople afin de convaincre Tibère de divorcer d’Ino. Malgré l’offre de mariage que lui propose Sophie, le futur empereur refuse.

Craignant pour la sécurité de sa femme et de ses enfants, Tibère les fait rentrer clandestinement à Constantinople [4] par bateau en pleine nuit. Il organise ensuite une rencontre entre Ino, Eutychius et les membres du Sénat byzantin. Ino est proclamée impératrice lors d’une cérémonie publique et reçoit le titre d’Augusta.

Anastasia n’était pas la seule à avoir le titre d’Augusta. Sophie avait également conservé son rang et possédait une partie du palais pour ses besoins personnels.

L’appartenance religieuse d’Anastasia est inconnue. Selon Jean d’Ephèse, elle méconnaissait les croyances des chrétiens attachés au Chalcédonisme [5] et leur était hostile. Cependant, il ne note pas non plus, qu’elle défendait le monophysisme [6].

Le 14 août 582, Tibère II Constantin meurt et est remplacé par Maurice, un général fiancé à Constantina, la fille de Tibère et d’Ino Anastasia. Le mariage de Constantina et de Maurice a lieu à l’automne 582 lors d’une cérémonie célébrée par le patriarche de Constantinople Jean IV le Jeûneur et décrite en détail par Théophylacte Simocatta . Constantina est également proclamée Augusta, même si Sophie et Anastasia conservent le même titre. Jean d’Éphèse indique que les trois Augustas résidaient toutes au Grand Palais [7].   D’après les écrits de Théophane le Confesseur, Anastasia serait morte en 593. Elle est enterrée à l’église des Saints-Apôtres [8], à côté de son mari

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Ino Anastasia/ Portail du monde byzantin/ Catégories : Impératrice byzantine

Notes

[1] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.

[2] La mer Noire est une mer située entre l’Europe et l’Anatolie. Large d’environ 1 150 km d’ouest en est et de 600 km du nord au sud, elle s’étend sur une superficie de 413 000 km². Elle communique au nord avec la mer d’Azov par le détroit de Kertch, et au sud-ouest avec la Méditerranée par le Bosphore, la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles. Dans l’Antiquité, les Grecs la désignèrent d’abord par Skythikos Pontos. Les Scythes, peuple de langue iranienne, la désignèrent comme Axaïna, c’est-à-dire « indigo ». Les Grecs quand ses courants et ses vents leur devinrent familiers, la désignèrente comme Pontos Euxeinos, traduit en français par Pont-Euxin.Les Romains l’appelèrent Mare Caecili, terme qui fut traduit par la suite par les bulgares en « mer Cécile ».Au 13ème siècle, elle apparaît sur les portulans génois, dans les chroniques de Wavrin et de Villehardouin sous les noms de mer Majoure c’est-à-dire « grande mer ». Le terme de Noire apparu dans les textes et les cartes à partir du 15ème siècle.

[3] officier supérieur de haut rang de l’armée byzantine

[4] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[5] Le chalcédonisme est une doctrine christologique englobant les églises et les théologiens chrétiens qui acceptent la définition donnée au concile de Chalcédoine (451) concernant la liaison entre la nature divine et humaine de Jésus-Christ. Bien que la plupart des Églises chrétiennes modernes soient chalcédoniennes, entre le 5ème et 8ème siècle, l’ascendance du christianisme chalcédonien n’était pas toujours assurée. Les disputes dogmatiques soulevées lors du synode conduisirent au schisme chalcédonien et à la formation d’un corps d’Églises non-chalcédoniennes, connues sous le nom d’"Églises orthodoxes orientales" ou Églises des trois conciles. Les Églises chalcédoniennes restèrent unies à Rome, Constantinople et les trois autres patriarcats grecs de l’Est (Alexandrie, Antioche et Jérusalem), et furent organisées sous Justinien II au concile in Trullo sous le nom de Pentarchie.

[6] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans les écoles théologiques de l’empire byzantin. Cette doctrine tente de résoudre les contradictions de la foi nicéenne concernant la nature du Christ. La doctrine chrétienne s’est construite à l’origine autour du symbole de Nicée, c’est-à-dire la reconnaissance de la consubstantialité du Père et du Fils, tout comme de la nature humaine du Christ. Les monophysites, en revanche, affirment que le Fils n’a qu une seule nature et qu’elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. Ils rejettent la nature humaine du Christ. En cela le monophysisme s’oppose au nestorianisme. Cette doctrine a été condamnée comme hérétique lors du concile de Chalcédoine en 451, tout comme la doctrine opposée. Malgré cela, sous l impulsion de personnages tels que Sévère d’Antioche, le monophysisme continue de se développer dans les provinces byzantines de Syrie et d’Égypte auprès des populations coptes tout au long du 6ème siècle, jusqu aux invasions perses puis arabes au tout début du 7ème siècle. Il fut également responsable du premier schisme entre Rome et Constantinople en 484. Le monophysisme est encore professé aujourd’hui, dans sa variante miaphysite. Ce sont les Églises préchalcédoniennes, arménienne, syro jacobite, copte, etc

[7] Le Grand palais aussi appelé Palais sacré était le plus grand ensemble architectural de Constantinople. Depuis sa construction sous Constantin 1er jusqu’au 10ème siècle, il s’est agrandi au gré des besoins et des goûts des différents empereurs, les parties les plus anciennes étant progressivement abandonnées au profit de nouveaux édifices, situés plus au sud. L’ensemble de ces édifices, cours, pavillons et églises formaient un ensemble irrégulier quelque peu hétéroclite.

[8] L’église des Saints-Apôtres, également connue sous le nom de Polyandrion (cimetière impérial) ou Myriandrion, est une église byzantine de Constantinople aujourd’hui disparue. Elle fut terminée par Constance II, fils de Constantin 1er, dans les années 350 à partir d’un mausolée construit par Constantin. Reconstruite et agrandie dans la première moitié du 6ème siècle sous Justinien, elle était la deuxième église de Constantinople en taille et en importance après la basilique Sainte-Sophie ; elle fut aussi la principale nécropole des empereurs et impératrices byzantins. Avec d’autres monuments comme le Saint-Sépulcre de Jérusalem, l’église des Saints-Apôtres demeura l’un des plus importants édifices de l’époque, servant de modèle pour d’autres fondations consacrées aux Apôtres. Après la chute de Constantinople en 1453, elle devint brièvement le siège du patriarche de Constantinople qui la quitta en 1456 pour Sainte-Marie-Pammakaristos. En 1461, l’édifice alors en très mauvais état fut démoli par les Ottomans pour édifier la mosquée Fatih.