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Marguerite de Constantinople ou Marguerite II de Flandre dite la Noire

jeudi 1er juillet 2021, par lucien jallamion

Marguerite de Constantinople ou Marguerite II de Flandre dite la Noire (vers.1202-1280)

Comtesse de Flandre et de Hainaut de 1244 à 1280-Dame de Beaumont (Hainaut)

Fille cadette du comte Baudouin IX ou Baudouin VI de Hainaut, comte de Flandre [1] et de Hainaut [2], puis empereur latin de Constantinople [3] et de Marie de Champagne . Marguerite est la sœur de la comtesse Jeanne de Flandre .

En 1202, Baudouin participe à la 4ème croisade [4], et Marie le rejoint 2 ans plus tard, confiant Marguerite encore bébé et sa sœur Jeanne, aux bons soins de leur oncle Philippe de Namur , puis de l’évêque de Liège [5]. La mère de Jeanne meurt en 1205, et son père, l’année suivante. Philippe de Namur qui assure la régence à son plus grand profit, confie les 2 filles au roi de France, Philippe Auguste. Celui-ci à son tour concède leur garde à Enguerrand III de Coucy .

Vers 1212, alors qu’elle n’a que 10 ans, Marguerite est confiée à un parent, le quadragénaire Bouchard d’Avesnes , bailli [6] du Hainaut et sous-diacre [7] de l’église de Laon [8], qui s’empresse de l’épouser. Concernant la part de succession de Marguerite, les 2 sœurs se déchirent, Jeanne tentant de dissoudre le mariage, alléguant qu’il était inadmissible. Sans beaucoup d’instruction des faits, le pape Innocent III se contente de condamner le mariage, sans pour autant formellement l’annuler.

Bouchard et Marguerite continuent de mener leur vie familiale, ayant 2 fils. Tant et si bien que leurs conflits avec Jeanne se développent. Bouchard est capturé et emprisonné en 1219. Il est libéré en 1221, à la condition que le couple se sépare et que Bouchard obtienne l’absolution du pape. Tandis qu’il était à Rome, Jeanne convainc Marguerite de se remarier, cette fois à Guillaume II de Dampierre, un noble de Champagne.

Cette situation fut la cause d’un véritable scandale, parce que Marguerite était de fait probablement bigame, et en violation des règles de l’Église. Les conflits concernant la validité des deux mariages et la légitimité des enfants, perturbent la politique du Saint Empire romain germanique pendant des décennies.

À la mort de Jeanne, en 1244, Marguerite succède à sa sœur et devient comtesse de Flandre et de Hainaut.

En 1246 le roi de France Louis IX, arbitre les droits de succession, donnant la Flandre aux enfants de Dampierre [9], et le Hainaut aux enfants d’Avesnes [10]. Ceci semblerait avoir réglé la question, mais en 1253 de nouveaux problèmes surgissent. Jean Ier d’Avesnes le fils le plus âgé, d’Avesnes n’étant pas satisfait de son sort, convainc Guillaume II, comte de Hollande [11], roi de Germanie, son beau-frère, de s’emparer du Hainaut et des régions de Flandre qui se trouvent dans les limites de l’empire. Une guerre civile s’ensuit, qui finit par la victoire des forces d’Avesnes à la bataille de Walcheren [12] et l’emprisonnement de Dampierre.

En 1260 elle fonde l’Abbaye Sainte-Élisabeth du Quesnoy [13].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Marguerite de Constantinople/ Portail de la Région flamande/ Catégories : Comte de Flandre/Maison de Hainaut

Notes

[1] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).

[2] Le comté de Hainaut ou Hainau est un ancien comté qui relevait du Saint Empire romain germanique, qui se trouvait en bordure du royaume de France. Le traité de Meerssen en 870 attribue le comté de Hainaut à Charles le Chauve, qui en fait en 877 un fief héréditaire de la couronne de France. Il en confia probablement le gouvernement à un certain Enguerrand, probablement originaire de Flandre. La prise de possession de la Lotharingie par Louis le Jeune en 880 dut mettre fin à cet interim.

[3] L’Empire latin de Constantinople est un État éphémère fondé en avril 1204 sur le territoire de l’Empire byzantin à la suite de la quatrième croisade et la chute de Constantinople aux mains des Latins. Il dure jusqu’en 1261, année de la reconquête de la ville par Michel Paléologue, qui restaure l’Empire byzantin.

[4] La quatrième croisade est une campagne militaire qui fut lancée de Venise en 1202. Levée à l’origine en vue de reconquérir les lieux saints sous domination musulmane, elle aboutit en fait à la prise et au pillage de la ville chrétienne de Constantinople par les croisés, et à la fondation de l’Empire latin de Constantinople qui dura de 1204 à 1261.

[5] La principauté épiscopale de Liège était un État du Saint Empire romain, compris dans le Cercle de Westphalie, ayant pour capitale la ville de Liège. C’est en l’an 985 que naît la principauté épiscopale. C’est à cette date que Notger, déjà évêque de Liège depuis 972, devient prince-évêque en recevant le comté de Huy. Cet État a existé pendant plus de 800 ans, jusqu’à la révolution liégeoise en 1789.

[6] Le bailli était, dans l’Ancien Régime français, un officier de judicature représentant de l’autorité du roi ou du prince dans le bailliage, chargé de faire appliquer la justice et de contrôler l’administration en son nom. Il s’agissait de l’équivalent de nos actuels préfets. La juridiction dont est responsable un bailli s’appelle un bailliage. En France méridionale, le terme généralement utilisé était sénéchal et la circonscription la sénéchaussée. En Provence, les couples de mots « bayle », « baillie » et « viguier », « viguerie » étaient répandus. Les bailliages ont été établis au 12ème siècle sur le domaine royal, notamment par Philippe Auguste. Il était à l’origine porté par des commissaires royaux qui rendaient la justice, percevaient les impôts et recevaient, au nom de la couronne, les plaintes du peuple contre les seigneurs. Leur juridiction, régularisée avec les Capétiens fut d’abord très étendue ; mais l’abus qu’ils firent de leur puissance obligea les rois à la réduire. Vers le 16ème siècle, le rôle du « bailli » était devenu simplement honorifique, le lieutenant général du bailliage et d’autres officiers se répartissant son pouvoir. Néanmoins, leur office était noble et d’épée ; Charles IX, en 1560, les déclara officiers de robe courte.

[7] Fonction créée par les Apôtres pour se décharger des soucis matériels. Ainsi, le diacre est chargé de distribuer les aumônes à leur place. Peu à peu, il assiste le prêtre dans des tâches spirituelles telles que la distribution de l’eucharistie et le baptême. Saint Etienne a été le premier diacre.

[8] Laon est une commune française, préfecture du département de l’Aisne. Ville fortifiée sur une colline, Laon possède de nombreux monuments médiévaux, des hôtels particuliers et des maisons des 16ème , 17 et 18ème siècles en grand nombre, notamment dans les rues Sérurier, Saint-Jean, Saint-Cyr ou Vinchon, véritables musées urbains.

[9] La maison de Dampierre est une grande famille du Moyen-Âge, originaire de Dampierre (Aube). Ses différentes branches se sont développées à partir du 11ème siècle en Champagne, en Artois, et dans plusieurs provinces de la Belgique actuelle. Toutes les branches de cette famille se sont éteintes avant la fin du Moyen Âge.

[10] La maison d’Avesnes peut désigner deux familles nobles du Hainaut, des Flandres et de la Hollande. Vers l’an 1000, tous les domaines aux alentours de la ville d’Avesnes-sur-Helpe appartenaient à la Maison d’Avesnes en comté de Hainaut. L’un des vassaux les plus puissants du comte de Hainaut était Wédric le Sor (Wéderic), seigneur de Leuze et Condé. Son fils Wedric II et son fils Theobald firent construire à Avesnes un château. Autrefois, celui-ci devait devenir la demeure principale de la famille du même nom. Wedric le Barbu eut une fille, Ada, qui se maria avec le bailli de Tournai, Fastré d’Oisy et continua ainsi la Maison des seigneurs d’Avesnes.

[11] Les premiers seigneurs de Hollande portaient le titre de comte de Frise occidentale et encore avant de comte de Kennemerland. Ce n’est qu’avec Thierry 1er qu’apparaît le titre de comte de Frise occidentale puis avec Thierry V qu’apparaît le titre de comte de Hollande.

[12] Westkapelle

[13] L’ancienne Abbaye Sainte-Élisabeth du Quesnoy est une abbaye fondée en 1260 par Marguerite de Constantinople, comtesse du Hainaut et de Flandres. Elle était située sur le territoire de la commune du Quesnoy dans le Nord de la France. Elle fut occupée par des moniales augustiniennes venues de l’abbaye de Prémy, près de Cambrai.