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L’histoire pour le plaisir

Cancor

vendredi 30 avril 2021, par ljallamion

Cancor

Comte franc probablement de Hesbaye

Issu de la famille des Robertiens [1]. Il est le fils de Robert 1er de Hesbaye et l’ancêtre de la lignée des Popponides [2].

En 764, avec sa mère Wiliswinte, il fonda l’abbaye de Lorsch [3]. Ils en confièrent la direction à Chrodegang, archevêque de Metz [4], fils de Landrade, la sœur de Robert 1er de Hesbaye et donc cousin germain de Cancor.

Chrodegang dédia l’église et le monastère à saint Pierre et en devint le premier abbé. Cancor et sa mère enrichirent l’abbaye avec de nouvelles donations.

En 766, Chrodegang renonça à son office d’abbé pour se consacrer à l’archevêché de Metz.

Il fit nommer abbé de Lorsch son frère Gondeland, autre neveu de Cancor.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Pierre Riché, Les Carolingiens, une famille qui fit l’Europe, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 1983 (réimpr. 1997), 490 p. (ISBN 2-01-278851-3)

Notes

[1] La famille des Robertiens est une famille de la noblesse franque qui tire son nom du prénom Robert que portèrent un grand nombre de ses membres. La puissance des Robertiens, fortement implantés en Neustrie, s’explique moins par « leur carrière royale intermittente » que par leur « capacité à renoncer au trône pour affermir leur position » dans le royaume et le diriger de fait. Trois membres de la famille accédèrent au trône : Eudes en 888, son frère Robert 1er en 922 et le petit-fils de ce dernier Hugues Capet en 987. Les descendants de ce dernier sont nommés Capétiens et régnèrent sur la France sans interruption de 987 à 1792 (805 ans) puis de 1815 à 1848 (33 ans). Ainsi, de 888 à 1848, soit pendant environ 960 ans, la famille issue des Robertiens a joué un rôle politique de premier plan en France

[2] Les Popponides ou Popponiens sont une famille franque peut-être issue des Robertiens et ainsi nommée en raison de la fréquence en son sein du prénom Poppon. Elle serait issue du Robertien Cancor, fils de Robert 1er de Hesbaye.Contrairement aux autres branches de la famille des Robertiens, les Popponides feront souche en Allemagne. Ainsi, les comtes de Henneberg, d’Henneberg-Aschasch, d’Henneberg-Schleusingen et probablement les marquis de Schweinfurt sont issus des Popponides et donc des Robertiens et furent représentés jusqu’à la Renaissance. On rattache également aux Popponides la maison de Babenberg et en particulier Henri de Babenberg, guerrier de l’empereur Charles III le Gros, mort au combat contre les Normands devant Paris en 886.

[3] L’abbaye de Lorsch, fondée en 764, fut construite à la périphérie de la ville de Lorsch (Allemagne, Hesse) dans la plaine du Rhin et devint un important centre culturel au Moyen Âge. Seul subsiste son Torhalle (Porche-entrée) qui est l’un des plus importants vestiges de l’architecture préromane en Allemagne et date du milieu du 9ème siècle. Succursale de la cour carolingienne, elle a été fondée par le comte Cancor et sa tante Landrade de Hesbaye et a été occupée par des moines bénédictins venant de Gorze près de Metz. En 885, l’abbaye était nommée Lauressam, le nom actuel est apparu au cours du temps. L’église abbatiale et les bâtiments en bois d’origine étaient situés sur le terrain de l’actuelle cathédrale. La consécration de l’église fut faite par l’archevêque de Mayence Lull vers l’an 774 en présence de Charlemagne. Possédant l’une des plus grandes bibliothèques du Moyen Âge, l’abbaye avait des possessions dans la forêt d’Odenwald, la Bergstraße, la Hesse rhénane, l’Alsace et la Lorraine. L’abbaye devint une possession de l’électorat de Mayence en 1232 puis du Palatinat du Rhin à partir de 1461. L’abbaye fut dissoute en 1564 puis incendiée en 1621 lors de la retraite des Espagnols. Des documents précieux ont été produits ou conservés dans cette abbaye, en particulier l’évangéliaire, le codex, la pharmacopée et les Annales de Lorsch.

[4] Fondé vers le 3ème siècle, l’évêché de Metz a longtemps été une entité à la fois politiquement puissante et riche. Opposé à la bourgeoisie messine puis soumis à l’influence du royaume de France, il va progressivement perdre son poids économique puis son influence politique. Aujourd’hui l’évêque de Metz a la particularité d’être l’un des deux seuls évêques catholiques au monde à ne pas être formellement nommés par le Pape, mais par un pouvoir temporel (le concordat en Alsace-Moselle confiant au président de la République française la nomination de l’évêque de Metz et de l’archevêque de Strasbourg).