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Cyrille dit Constantin le Philosophe et Méthode

jeudi 8 avril 2021, par ljallamion

Cyrille dit Constantin le Philosophe et Méthode

Cyrille, né vers 827/828 à Thessalonique [1], et son frère Méthode, évêque de Sirmium [2] né vers 815 ou 820, sont connus comme les Apôtres des Slaves, c’est-à-dire ceux qui ont évangélisé les peuples slaves de l’Europe centrale.

Fils d’un drongaire [3] du thème [4] de Thessalonique nommé Léon, et d’une mère appelée Marie, ils appartenaient à une fratrie de 7 frères dont Cyrille était le benjamin. Leur père étant mort alors que Cyrille avait 14 ans, le premier ministre Théoctiste les prit sous sa protection. Cyrille, reçut une brillante éducation à Constantinople [5], sous l’égide, notamment, de Léon le Mathématicien et de Photios, et il fut bientôt connu, sous le nom de Constantin le Philosophe, comme l’un des hommes les plus savants de la capitale. Les deux frères entamèrent des carrières de fonctionnaires, Méthode dans l’administration provinciale, Constantin dans la diplomatie : il participa à une ambassade à Bagdad [6] auprès du calife Jafar al-Mutawakkil. Méthode fut le premier des deux à entrer en religion, en 856, dans un monastère du mont Olympe de Bithynie [7], mais Constantin le rejoignit peu après.

Selon leurs Vies, ils se consacrèrent alors aux livres : il est probable, en fait, qu’ils commencèrent alors leurs travaux sur la mise au point de l’alphabet glagolitique [8] et d’une liturgie et d’une littérature religieuse en langue slave. On sait que l’alphabet existait en 863 et il a dû exiger plusieurs années de travail. Leur région de naissance, autour de Thessalonique, était en grande partie peuplée de Slaves, et leur mère, Marie, était peut-être d’origine slave, puisqu’ils parlaient apparemment la langue.

En 860, les deux frères, selon la tradition, sont envoyés en mission chez les Khazars [9]. Selon la tradition hagiographique [10], ils auraient accompli de nombreuses conversions au christianisme au cours de cette mission. D’autre part, ils auraient alors retrouvé en Crimée [11] les reliques du pape Clément 1er, qu’ils devaient apporter à Rome en 868.

Peu après leur retour, en 862, le prince Rastislav de Grande Moravie [12] envoya une ambassade à Constantinople pour demander des clercs capables d’instruire ses sujets dans le christianisme dans leur propre langue. C’est alors, selon les hagiographes, que les deux frères auraient inventé l’alphabet glagolitique et la liturgie slavonne en quelques semaines ou mois. Cependant, il s’agissait sûrement de leur part d’une entreprise plus ancienne.

Vers 860, l’entourage de Rastislav se décide à demander l’appui du pape pour renforcer à la fois son État et la chrétienté. En 862, il effectue le même type de requête à Byzance [13] : Une ambassade est envoyée auprès des deux chefs, spirituel et temporel, de la chrétienté orientale : le patriarche Photios et l’empereur Michel III.

Michel III délègue alors en Moravie une mission dirigée par les deux frères pour y créer une Église de rite oriental et établir avec la Grande Moravie des relations durables. Constantin et Méthode qui parlent le dialecte slave de Macédoine ont des facilités pour évangéliser ces peuples à qui ils enseignent une liturgie en langue slave. La mission byzantine étend vite son action à la Pannonie [14], provoquant ainsi l’opposition de l’archevêque de Bavière qui considère que ses droits sont violés. Mais à partir de 867, la situation est changée à Constantinople, où Michel III est assassiné et le patriarche Photios démis de ses fonctions.

Constantin et Méthode se rendent alors auprès du pape, apportant à Rome les reliques supposées de Clément 1er qui sont accueillies avec grande vénération par Adrien II. Méthode lui-même, et plusieurs de leurs disciples comme Clément d’Ohrid , sont alors ordonnés prêtres, et le pape accepte l’usage du vieux slave comme langue liturgique, ce qui était un point très épineux en Occident, où seuls l’hébreu, le grec et le latin étaient reconnus comme langues religieuses légitimes.

Adrien II consacre aussi Constantin évêque. Mais peu de temps après, en 869, ce dernier meurt à Rome, après être devenu moine sous le nom de Cyrille.

Adrien II nomme alors Méthode archevêque de Sirmium, en Pannonie, évêque missionnaire pour les Slaves, chargé d’organiser une province ecclésiastique dans les régions à l’est de Salzbourg [15].

En 870, Méthode est emprisonné en Souabe [16] à l’instigation des évêques allemands qui contestent sa juridiction et n’admettent pas sa liturgie ; il n’est libéré qu’en 873 sur l’intervention du pape Jean VIII.

Appelé à Rome en 879/880, il est approuvé par Jean VIII et consacré évêque du royaume de Grande Moravie. En 881, il fait un dernier voyage à Constantinople où Photius a été rétabli comme patriarche. Il repart ensuite et meurt en Moravie en 885.

L’œuvre de Cyrille et Méthode est de longue durée. Les Slaves leur doivent une culture exprimée en langue vernaculaire, le vieux slave, et un accès à la culture byzantine. L’œuvre missionnaire de saint Cyrille et saint Méthode date d’une époque où, malgré la tension qui s’accroît entre l’Orient et l’Occident, la chrétienté a encore le sentiment de former un seul corps.

Avec Cyrille et Méthode les Slaves ont été dotés de leur premier alphabet et de leurs premiers textes religieux : évangile, psautier, épîtres, offices.

L’œuvre de Cyrille et Méthode se maintient jusqu’en 894 sous le règne de Svatopluk , neveu de Rastislav, qui constitua un empire de la Grande Moravie incluant, en plus de la Moravie, la Slovaquie [17], la Bohême [18], une partie du territoire des Serbes prolabes, la Silésie [19], la région de Cracovie [20] et celle du lac Balaton [21] en Pannonie. Mais ensuite, les compagnons des deux frères doivent quitter la région, et le christianisme original qu’ils y avaient implanté tombe sous les coups du clergé germanique : l’évêque allemand Wiching prend sa succession et rétablit le latin comme langue d’Église.

Cette dispersion des disciples, accélérée par la destruction du royaume de Moravie par les Magyars [22] ruine en apparence l’œuvre de Méthode mais permet en fait d’essaimer la liturgie et le nouvel alphabet dans les pays slaves, premièrement en Bulgarie, puis chez les Serbes et les Russes. La Grande Moravie est remplacée par la Bohême où subsistent des monastères fidèles à la tradition de Méthode, et un double culte en latin ou en vieux slovène. En Croatie blanche [23], c’est autour du monastère de Tynce à Cracovie que le rite vieux slovène se diffuse. Malgré son mariage avec la princesse de Bohème Dubravka, le roi de Pologne nouvellement converti, Mieszko 1er opte pour le rituel latin. Deux métropolites [24] coexistent pourtant, l’un à Gniezno [25] en rituel latin et l’autre à Sandomir [26], sans doute en rite vieux slovène qui disparut au moment où le schisme fut officiel en 1054.

Peu à peu se précise ainsi en travers de l’Europe, une frontière, non pas politique, mais bien réelle qui sépare le christianisme latin et le christianisme grec

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Cyrille et Méthode/ Portail du christianisme orthodoxe/ Portail du catholicisme/ Catégories : Saint catholique et orthodoxe

Notes

[1] Thessalonique ou Salonique est une ville de Grèce, chef-lieu du district régional du même nom, située au fond du golfe Thermaïque. Aujourd’hui, elle est la capitale de la périphérie (région) de Macédoine centrale en Macédoine grecque mais aussi celle du diocèse décentralisé de Macédoine-Thrace.

[2] Sirmium, aujourd’hui Sremska Mitrovica, dans la province de Voïvodine, en Serbie était une cité romaine située dans la province de Pannonie. Originellement fondée par les Celtes au 3ème siècle av. jc et conquise par les Romains au 1er siècle av. jc, elle fut la capitale économique de la province de Pannonie et l’une des quatre capitales de l’Empire romain au temps de la Tétrarchie.

[3] Un drongaire (en est un rang militaire de la fin de l’Empire romain et de l’Empire byzantin. Il désigne le chef d’un drongos (Le drongos désigne une unité militaire de la taille d’un bataillon).

[4] Les thèmes (corps d’armée, puis par extension « région militaire ») furent des divisions administratives de l’Empire byzantin.

[5] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[6] Bagdad ou Baghdad est la capitale de l’Irak et de la province de Bagdad. Elle est située au centre-Est du pays et est traversée par le Tigre. Madīnat as-Salām fut fondée ex nihilo au 8ème siècle, en 762, par le calife abbasside Abou-Djaafar Al-Mansur et construite en quatre ans par 100 000 ouvriers. Selon les historiens arabes, il existait à son emplacement plusieurs villages pré-islamiques, dont l’un s’appelait Bagdad.

[7] Le mont Uludağ est la plus haute montagne de l’Ouest de la Turquie (2 543 m d’altitude). Il se situe à environ 30 kilomètres au sud de la ville de Bursa et marque la frontière de la province du même nom. Elle consiste en une longue formation d’environ 15 km de long par 3 km de large. Son sommet le plus élevé se nomme Kartaltepe

[8] L’alphabet glagolitique est le plus ancien alphabet slave. Il était utilisé dans la Grande-Moravie mais il a été inventé par les frères Cyrille et Méthode au monastère de Polychron. Il tire son nom du vieux mot slave glagoljati qui signifie dire. Il est couramment utilisé, au Moyen Âge, en Croatie, en Bulgarie ou au Monténégro, sporadiquement au Royaume de Bohême. Au cours du 10ème siècle, l’alphabet cyrillique a progressivement remplacé l’alphabet glagolitique par substitution aux lettres glagolitiques des lettres grecques correspondantes.

[9] Les Khazars étaient un peuple semi-nomade turc d’Asie centrale ; leur existence est attestée entre le 6ème et le 13ème siècle. Au 7ème siècle les Khazars s’établirent en Ciscaucasie aux abords de la mer Caspienne où ils fondèrent leur Khaganat ; une partie d’entre eux se convertirent alors au judaïsme qui devint religion d’État. À leur apogée, les Khazars, ainsi que leurs vassaux, contrôlaient un vaste territoire qui pourrait correspondre à ce que sont aujourd’hui le sud de la Russie, le Kazakhstan occidental, l’Ukraine orientale, la Crimée, l’est des Carpates, ainsi que plusieurs autres régions de Transcaucasie telles l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Les Khazars remportèrent plusieurs séries de succès militaires sur les Sassanides. Ils luttèrent aussi victorieusement contre le Califat, établi en deçà de la Ciscaucasie, empêchant ainsi toute invasion arabo-islamique du sud de la Russie. Ils s’allièrent à l’Empire byzantin contre les Sassanides et la Rus’ de Kiev. Lorsque le Khaganat devint une des principales puissances régionales, les Byzantins rompirent leur alliance et se rallièrent aux Rus’ et Petchenègues contre les Khazars. Vers la fin du 10ème siècle, l’Empire Khazar s’éteignit progressivement et devint l’un des sujets de la Rus’ de Kiev. S’ensuivirent des déplacements de populations rythmées par les invasions successives des Rus’, des Coumans et probablement de la Horde d’Or mongole. Les Khazars disparurent alors de l’histoire n’étant plus mentionnés dans aucun récit historique.

[10] L’hagiographie est l’écriture de la vie et/ou de l’œuvre des saints. Pour un texte particulier, on ne parle que rarement d’« une hagiographie », mais plutôt d’un texte hagiographique ou tout simplement d’une vie de saint. Le texte hagiographique étant destiné à être lu, soit lors de l’office des moines soit en public dans le cadre de la prédication. Un texte hagiographique recouvre plusieurs genres littéraires ou artistiques parmi lesquels on compte en premier lieu la vita, c’est-à-dire le récit biographique de la vie du saint. Une fresque à épisode est également une hagiographie, de même qu’une simple notice résumant la vie du bienheureux. Par rapport à une biographie, l’hagiographie est un genre littéraire qui veut mettre en avant le caractère de sainteté du personnage dont on raconte la vie. L’écrivain, l’hagiographe n’a pas d’abord une démarche d’historien, surtout lorsque le genre hagiographique s’est déployé. Aussi les hagiographies anciennes sont parsemées de passages merveilleux à l’historicité douteuse. De plus, des typologies de saints existaient au Moyen Âge, ce qui a conduit les hagiographes à se conformer à ces modèles et à faire de nombreux emprunts à des récits antérieurs.

[11] La Crimée anciennement Tauride, est une péninsule située au sud de l’Ukraine et à l’ouest du kraï de Krasnodar en Russie, qui s’avance dans la mer Noire. Correspondant à l’antique Tauride, la Crimée a fait partie, de l’Antiquité au 13ème siècle, du monde grec devenu byzantin, tout en étant ouverte au nord aux peuples des steppes (Cimmériens, Scythes, Goths, turcophones, Mongols, etc.) pour rejoindre au 15ème siècle l’Empire ottoman et à la fin du 18ème siècle l’Empire russe

[12] La Grande-Moravie était un royaume slave. De 833 jusqu’au début du 10ème siècle, il s’étendit sur les territoires des actuelles Tchéquie, Allemagne orientale, Slovaquie et Hongrie nord-occidentale, le sud de la Pologne avec la région de Cracovie et l’ouest de l’Ukraine avec la Galicie. Le premier usage du terme « Grande-Moravie » remonte à l’ouvrage de Constantin VII Porphyrogénète De Administrando Imperio (écrit vers 950). Le terme « Moravia » renvoyait non seulement à la région correspondant à l’actuelle Moravie mais aussi aux territoires autour de la rivière Morava ou de sa capitale appelée Morava, dont l’emplacement reste actuellement inconnu (peut-être se trouve-t-elle sous une grande ville actuelle telle Brno, Nitra ou Bratislava).

[13] Byzance est une ancienne cité grecque, capitale de la Thrace, située à l’entrée du Bosphore sous une partie de l’actuelle Istanbul. La cité a été reconstruite par Constantin 1er et, renommée Constantinople en 330, elle est devenue la capitale de l’Empire romain, puis de l’Empire romain d’Orient et enfin de l’Empire ottoman à partir de 1453 date de la prise de la ville par les Turcs. Elle fut rebaptisée Istanbul en 1930.

[14] La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie et de la Serbie. Les habitants originaux sont les Pannoniens, qui sont envahis par les Celtes et les Boïens au 4ème siècle av. jc. Vers 105 apr. jc, Trajan divise la province en Pannonie supérieure à l’ouest et Pannonie inférieure à l’est. Ces qualificatifs ne sont pas seulement déterminés par le sens du cours du Danube, mais aussi par l’éloignement par rapport à Rome en suivant les itinéraires routiers : le voyageur venant d’Italie rencontre d’abord la Pannonie supérieure, puis la Pannonie inférieure. Le Pannonien Maximien est associé au pouvoir en 285. Les tétrarques réorganisent les provinces pour en améliorer l’administration et la défense : la Pannonie inférieure est divisée en deux : au nord la Valeria, du nom de famille de Dioclétien, avec pour capitale Aquincum ; au sud, la Pannonia Secunda, avec pour capitale Sirmium

[15] Salzbourg et la capitale du Land de Salzbourg. Située à la frontière allemande, la ville est célèbre pour avoir vu naître Mozart. Elle tient son nom de la rivière qui l’arrose, la Salzach, et du château (Burg) qui la domine. Au 17ème siècle, la ville se « baroquise », notamment sous les princes-archevêques Wolf Dietrich von Raitenau, Markus Sittikus von Hohenems et Paris von Lodron. Le 31 octobre 1731 les protestants sont expulsés de la ville

[16] La Souabe est une région historique d’Allemagne. Au haut Moyen Âge, le royaume d’Alémanie regroupait de nombreux petits royaumes sur le territoire des Alamans. Ceux-ci sont soumis par les Francs sous Clovis 1er et Théodebert 1er. À partir du début du 6ème siècle, l’Alémanie est un duché sous le contrôle des Francs, jusqu’à ce qu’il soit dissous en 746 en raison du Massacre de Cannstatt. En 829, le royaume de la Souabe se forme sur le même territoire, qui est attribué à Louis II le Germanique et donc à la Francie orientale dans le traité de Verdun en 843. Après la réforme des comtés dans la Francie orientale, le Duché de Souabe est alors formé en 915 ; il s’étendait alors des Vosges dans l’ouest jusqu’au Lech dans l’est et à Chiavenna, aujourd’hui en Italie, dans le sud

[17] Pays situé en Europe centrale, au cœur de l’Europe continentale. Ses pays frontaliers sont la Pologne au nord, l’Ukraine à l’est, la Hongrie au sud, l’Autriche à l’ouest et la Tchéquie à l’ouest-nord-ouest. Slavisé au 5ème siècle, le territoire slovaque constituait le cœur de la Grande-Moravie et, à partir du 11ème siècle, une partie du Royaume de Hongrie (bien qu’il fût temporairement occupé par la Pologne au 11ème siècle). La Slovaquie tiendrait son nom des Slaves (slovanský) et des Valaques.

[18] La Bohême est une région historique d’Europe centrale, actuellement l’une des composantes de la République tchèque avec la Moravie et une petite fraction de la Silésie.

[19] La Silésie est une région qui s’étend sur trois États : la majeure partie est située au sud-ouest de la Pologne, une partie se trouve au-delà de la frontière avec la République tchèque et une petite partie en Allemagne.

[20] Chef-lieu de la voïvodie de Petite-Pologne, elle est située à 300 km au sud de Varsovie, sur la Vistule. Datant du 7ème siècle, c’est une des villes les plus anciennes et les plus importantes de Pologne, dont le patrimoine architectural est très bien conservé. La ville historique se situe au pied de la colline du Wawel. Cracovie était, avant Varsovie, la capitale de la Pologne et elle est souvent considérée comme le véritable centre du pays avec ses traditions et son passé vieux de plus de 1 000 ans. Elle est le centre culturel et scientifique du pays, avec l’Université jagellonne de Cracovie, la deuxième plus ancienne université d’Europe centrale (1364, après celle de Prague fondée en 1348 ; celle de Varsovie date de 1816).

[21] Le lac Balaton est un lac d’eau douce de Hongrie et le lac le plus vaste d’Europe centrale.

[22] Les Magyars ou Hongrois sont à l’origine un groupe ethno-linguistique finno-ougrien originaire d’Asie centrale et dont les migrations successives, d’abord vers l’Oural, ensuite vers la mer Noire (pays d’Etelköz, l’actuelle Ukraine) ont finalement abouti à la création du « pays magyar » (Magyarország), c’est-à-dire la Hongrie. Des débats historiographiques récurrents évoquent l’existence de « Magyars orientaux » (keleti Magyarok) dans le Caucase et en Asie centrale. De nos jours, le qualificatif « magyar » est souvent utilisé comme un ethnonyme, pour désigner la catégorie ethnique dans son sens historique (avant la création de l’État hongrois) ou dans son sens socio-culturel, pour désigner les Magyars d’outre-frontières, à savoir les minorités de langue hongroise dans les pays frontaliers de la Hongrie. En hongrois, le qualificatif magyar est également utilisé dans un sens politique, pour désigner tout ce qui est relatif à la Hongrie comme État-nation moderne et par extension tous les citoyens hongrois, quelles que soient leurs origines socio-culturelles.

[23] La Croatie blanche, également nommée Chrobatie, a été une région s’étendant dans les actuelles Pologne méridionale, Bohême et Slovaquie. La région à l’ouest de la Croatie blanche est connue comme étant la Serbie blanche. Les tribus croates y habitent environ 300 ans avant de partir s’installer au début du 7ème siècle d’abord dans le nord des Carpates puis dans le nord-ouest de la Péninsule balkanique (actuelle Croatie).

[24] Métropolite est un titre religieux porté par certains évêques des Églises d’Orient. À l’origine, le métropolite est l’évêque d’une capitale de province (métropole) romaine investi de la charge de présidence des conciles ou synodes provinciaux. Dans l’Église d’Occident, on prit l’habitude de dire « métropolitain » pour désigner un archevêque assurant un rôle de coordination entre les évêques titulaires des sièges qui composent la province ecclésiastique. En Orient on utilise le terme de métropolite qui, au cours de l’histoire, est souvent synonyme d’archevêque. Dans l’Église orthodoxe d’aujourd’hui, les deux termes ont des usages distincts. Mais il faut distinguer l’usage grec, l’usage russe et l’usage roumain.

[25] Gniezno est une ville du centre-ouest de la Pologne, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Poznań. Gniezno était une ville importante à l’époque de la naissance de l’État polonais. Elle a été la première capitale de la Pologne. Elle est intimement associée aux débuts du christianisme en Pologne.

[26] Sandomierz ou Sandomir est une ville de Pologne, chef-lieu d’un district (powiat), située dans la voïvodie de Sainte-Croix, à 200 km au sud de Varsovie. Sandomierz est une des plus anciennes villes polonaises. Quand Boleslas III le Bouche-Torse partage la Pologne entre ses fils, Sandomierz devient la capitale du Duché de Sandomierz, issu du démembrement territorial du royaume de Pologne. Au 13ème siècle, la ville est dévastée à plusieurs reprises par les Mongols. En 1286, Lech II le Noir reconstruit la ville et lui accorde les droits de Magdebourg. À la suite de la réunification des territoires polonais au 14ème siècle, le duché de Sandomierz est intégré au royaume sous forme de voïvodie.