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L’histoire pour le plaisir

Nicasius Bernaerts

samedi 28 novembre 2020, par ljallamion

Nicasius Bernaerts (1620-1678)

Peintre flamand

Né à Anvers [1], reçu à l’Académie [2] en 1663, il a en France une carrière reconnue de peintre animalier et de nature morte. Outre la commande royale de l’ensemble des peintures de la ménagerie de Versailles, il a aussi travaillé pour la manufacture des Gobelins [3] et les Tuileries [4].   Élève de Frans Snyders, il fut le maître d’Alexandre-François Desportes.   En 1634, il est cité dans les registres de la guilde de Saint-Luc [5] de la ville d’Anvers comme élève de Frans Snyders. À la fin de son apprentissage, il effectue un voyage en Italie, où il se fera connaître sous le nom de Monsù Nicasio. Son œuvre italienne entrera dans la collection de Ferdinand II de Médicis .   Il se rend ensuite en France et à Paris, où il réside quelques années à partir de 1643. De 1654 à 1659, il retourne à Anvers, où il est inscrit comme maître dans les registres de la guilde de Saint-Luc.   Il s’installe définitivement à Paris en 1659. Il effectue des travaux au château de Vaux-le-Vicomte [6] en 1661. En 1663, il est admis à l’Académie royale de peinture et de sculpture sur la présentation de son tableau représentant plusieurs pièces de gibier mort gardé et défendu par des chiens [7]. Entre 1665 et 1668, sur demande du roi Louis XIV, il réalise les peintures du salon octogonal de la ménagerie de Versailles. Il réalise également des travaux pour la manufacture des Gobelins.   Nicasius Bernaerts se charge de l’apprentissage d’Alexandre-François Desportes dans son atelier de 1676 jusqu’à sa mort, qui survient en 1678, alors qu’il est réduit à la pauvreté à la suite de problèmes d’alcoolisme.   Il est principalement connu pour ses représentations d’animaux luttant. Ses oiseaux de proies s’inspirent directement des travaux de son maître Frans Snyders, pionnier du genre en Flandres. Cette période de l’œuvre de Bernaerts se situe avant et peut-être pendant son engagement à la manufacture des Gobelins.   Lorsqu’il représente les animaux de la ménagerie royale de Versailles, ses tableaux ont une portée pédagogique. Les animaux qu’il peint prennent une pose sereine, le corps presque toujours de profil et le regard dirigé vers le spectateur, ce qui permet de observer en détail l’anatomie de chaque espèce. L’arrière-plan est toujours composé d’un paysage classicisant.   Les peintures de Bernaerts, qui sont une source primordiale pour identifier la faune qui composait la ménagerie de Versailles, ont été inventoriées par Nicolas Bailly dans son Inventaire des tableaux du roy rédigé entre 1709 et 1710.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Vincent Delieuvin, « Le décor animalier de la ménagerie de Versailles par Nicasius Bernaerts », Le Bulletin de la société de l’Histoire de l’Art français, 2008.

Notes

[1] Anvers est une ville belge dans la Région flamande, chef-lieu de la province d’Anvers et de l’arrondissement administratif du même nom, située au cœur de la Dorsale européenne. Sa véritable expansion ne remonterait selon l’historiographie classique qu’aux alentours de l’an 900, lorsque les habitants agrandissent le légendaire Aanwerp, terrain surélevé de la primitive jetée qui donne son nom à Anvers. En 970, une fois l’ordre ottonien imposé, Anvers n’est encore qu’un poste frontière de l’Empire germanique, on y construit des fortifications en bois, remplacées plus tard au 12ème siècle par un château fort en pierre (le Steen). L’extension de la ville se poursuit d’abord vers le sud, comme le prouve l’installation de l’ordre des Prémontrés, attiré par les milieux urbanisé ou péri-urbanisé avec la construction suite à des dons seigneuriaux, sous l’égide de saint Norbert, de l’abbaye Saint-Michel. Par la suite, les chanoines de la petite église se déplacent vers le nord et fondent une nouvelle paroisse, avec au centre l’église Notre-Dame, ancêtre de la cathédrale actuelle. Dans les décennies qui suivent, la ville continue à se développer en vagues concentriques créant une succession de remparts que l’on devine encore dans sa topographie.

[2] L’Académie royale de peinture et de sculpture est une ancienne institution d’État chargée en France, de 1648 à 1793, de réguler et d’enseigner la peinture et la sculpture en France durant l’Ancien Régime. L’acte créant l’Académie royale de peinture et de sculpture date du 20 janvier 1648, jour de la requête au Conseil du roi de Louis XIV (alors enfant) par l’amateur d’art Martin de Charmois, conseiller d’État originaire de Carcassonne où il possède un cabinet de curiosité remarquable. Cette institution est ainsi fondée sur mandat royal, sous la régence d’Anne d’Autriche, à l’instigation d’un groupe de peintres et de sculpteurs réunis par Charles Le Brun, qui avait pris la première initiative.

[3] La manufacture des Gobelins est une manufacture de tapisserie dont l’entrée est située au 42, avenue des Gobelins à Paris dans le 13e arrondissement. Elle est créée en avril 1601 sous l’impulsion d’Henri IV, à l’instigation de son conseiller du commerce Barthélemy de Laffemas. Reprenant pour le compte de Louis XIV le plan mis en œuvre par Henri IV, Colbert incite peu avant 1660 le hollandais Jean Glucq à importer en France un nouveau procédé de teinture écarlate appelé « à la hollandaise ». Celui-ci se fixe définitivement en 1684 dans une des maisons de l’ancienne folie Gobelin qu’il achète et embellit après avoir obtenu des lettres de naturalité. Appréciant la qualité des productions de l’enclos des Gobelins, Colbert réussit à convaincre Louis XIV de donner les moyens nécessaires au lustre censé glorifier la monarchie. Voulant donner une tout autre organisation à l’œuvre d’Henri IV, il ne renouvelle pas à Hippolyte de Comans la concession en 1661 : il emprunte afin d’acheter le 6 juin 1662 au sieur Leleu, à l’emplacement de l’ancien Clos Eudes de Saint Merry, l’hôtel des Gobelins (environ 3,5 hectares, maintes fois agrandi jusqu’en 1668) pour la somme de 40 775 livres et regrouper autour tous les ateliers parisiens ainsi que celui créé à Maincy par Nicolas Fouquet. Ainsi naît la Manufacture royale des Gobelins qui dépend du surintendant des bâtiments et est soumise par lui à l’autorité du premier peintre du Roi, Charles Le Brun, lequel, nommé officiellement en 1663, a par la suite sous ses ordres des équipes entières d’artistes. Il cumule donc la direction de la Manufacture des Meubles de la Couronne. C’est ainsi qu’incluse dans la Manufacture des Meubles de la Couronne, la Manufacture des Gobelins reçoit de l’édit royal de novembre 1667 son organisation définitive, d’importants avantages étant octroyés à ses habitants

[4] Le palais des Tuileries est un ancien palais parisien, aujourd’hui détruit, dont la construction commença en 1564 sous l’impulsion de Catherine de Médicis, à l’emplacement occupé auparavant par l’une des trois fabriques de tuiles établies en 1372 à côté de l’hôpital des Quinze-Vingts, non loin du vieux Louvre. Agrandi au fil du temps et unifié avec le palais du Louvre en 1860, il disposait d’une immense façade (266 mètres de long pour le palais disparu, et environ 328 mètres si on compte les pavillons de Flore et de Marsan qui subsistent) et il était le point focal du grand axe historique de Paris conçu à partir de ce palais. Il a été la résidence royale à Paris de nombreux souverains (Henri IV, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI mais aussi Louis XVIII, Charles X puis Louis Philippe), et impériale (Napoléon 1er puis Napoléon III). Entretemps il a aussi été le siège de la Première République et du Consulat. Son rôle de siège officiel du pouvoir français fut interrompu par sa destruction par un incendie volontaire le 23 mai 1871, allumé par les communards Jules-Henri-Marius Bergeret, Victor Bénot et Étienne Boudin. Les ruines du palais des Tuileries furent abattues en 1883, les présidents de la Troisième République étant alors installés dans le palais de l’Élysée.

[5] Une guilde de Saint-Luc ou gilde de saint Luc (aussi appelées corporation, confrérie ou compagnie de Saint-Luc) est une organisation corporative strictement réglementée de peintres, de graveurs, de sculpteurs et d’imprimeurs de la Renaissance, active depuis le 14ème siècle en Italie (Florence), aux Pays-Bas (Bruges, Anvers, Utrecht, Delft ou Leyde), les pays rhénans et la France. Ces guildes prennent ce nom en référence à saint Luc l’évangéliste, le saint patron des peintres. Dans certaines villes, comme à Anvers, un très grand nombre de métiers artistiques y sont représentés, tandis qu’à d’autres endroits comme Bruxelles, elles réunissent uniquement les peintres.

[6] Le château de Vaux-le-Vicomte, situé sur le territoire de la commune française de Maincy (Seine-et-Marne), à 50 km au sud-est de Paris, près de Melun est un château du 17ème siècle, construit pour le surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet. Ce dernier fit appel aux meilleurs artistes de l’époque pour bâtir ce château : l’architecte Louis Le Vau, premier architecte du roi, le peintre Charles Le Brun, fondateur de l’Académie de peinture, le paysagiste André Le Nôtre, contrôleur général des bâtiments du roi et le maître-maçon Michel Villedo. Leurs talents avaient déjà été réunis par le jeune Louis XIV pour construire des ailes au château de Vincennes en 1651-1653. Le roi refera appel à eux pour construire le château de Versailles, celui de Vaux-le-Vicomte servant alors de modèle

[7] musée des beaux-arts de Dijon