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Meng Tian ou Mong T’ien

vendredi 23 octobre 2020, par ljallamion

Meng Tian ou Mong T’ien (?-210 av. jc),

Général et architecte militaire chinois

L'empire Qin après l'unification et les conquêtes du règne de Qin Shi Huangdi, vers 210 av. jc.Il fut général à l’époque de la fin des Royaumes combattants [1] et de la dynastie Qin [2]. Il s’est principalement illustré pour ses campagnes contre les Xiongnu [3], et la construction de la première Grande Muraille de Chine [4].

Il est le frère de Meng Yi, juge au service des Qin, et le fils de Meng Wu , petit-fils de Meng Ao , tous deux généraux de l’État de Qin. Meng Tian commence son service en tant que mandarin [5] chargé de faire appliquer les ordres de justice. En 224 av. jc, il devient l’assistant du général Li Xin et avec 200 000 hommes, tous deux mènent une attaque contre l’État de Chu [6].

De son côté, Meng Tian dirige un contingent et capture Qinqiu [7] tandis que Li Xin attaque Yan [8]). Plus tard, Meng Tian se replie à l’ouest, à Chengfu [9] tandis que Li Xin achève la conquête du Chu en 223 av. jc. Pour ses services, le roi du Qin, Ying Zheng le futur empereur Shi Huangdi des Qin offre à Meng Tian la charge de wángji [10]. Le père de Meng Tian, Meng Wu, est nommé général et reçoit une armée de 600 000 hommes pour achever la conquête de l’État de Chu.

En 221 av. jc, le roi Ying Zheng promeut Meng Tian au rang de général et l’envoie attaquer l’État de Qi [11]. Meng Tian rentre victorieux et avec la chute du Qi, Ying Zheng achève l’unification de la Chine et se proclame empereur sous le nom de règne de Shi Huangdi. Il nomme Meng Tian gardien des annales historiques.

Vers 214 av. jc, l’empereur Shi Huangdi envoie Meng Tian avec 300 000 hommes pour attaquer les Xiongnu. Meng Tian repousse les Xiongnu sur plus de 700 li [12] et capture le Henan [13]. Il se poste en garnison dans le district de Shang [14], puis, afin de défendre les territoires nouvellement conquis, entreprend la construction de la première Grande Muraille de Chine Cette dernière part de Lintao et arrive à Liaodong et traverse le Fleuve Jaune [15]. Finalement, l’ouvrage fait plus de 10 000 li [16] et dissuade efficacement les Xiongnu.

En 210 av. jc, à la mort de l’empereur Shi Huangdi, Meng Tian tombe victime des complots de l’eunuque [17] Zhao Gao. Il est poussé au suicide et son clan est exterminé.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Meng Tian Portail du monde chinois/ Catégories : Dynastie Qin / Général chinois

Notes

[1] La période des Royaumes combattants, s’étend en Chine, du 5ème siècle av. jc à l’unification des royaumes chinois par la dynastie Qin en 221 av. jc. Ce nom lui est donné tardivement, par référence aux Stratagèmes des Royaumes combattants, ouvrage portant sur cette période. Elle correspond dans la chronologie dynastique à la fin de la période des Zhou orientaux (771-256 av. jc). Cette chronologie, qui repose sur l’historiographie traditionnelle, ne correspond pas nécessairement à la datation précise des évolutions sociales, politiques, économiques et culturelles : ce qui caractérise les Royaumes combattants date principalement du début du 4ème siècle av. jc.

[2] La dynastie Qin est la première dynastie impériale de la Chine, qui dure de 221 à 206 av. jc. C’est la conquête des six États issus de la chute de la dynastie Zhou par l’État de Qin, conquête unifiant de facto le pays, qui l’installe au pouvoir. Les 14 années de règne de son fondateur, Qin Shi Huang, le premier empereur de l’histoire de la Chine, et de son fils Qin Er Shi, représentent, malgré cette brièveté, un tournant capital dans l’histoire nationale

[3] Xiongnu, ou Hunnu, est une confédération de peuples nomades vivant en Mongolie, en Transbaïkalie et en Chine du Nord. Xiongnu est le nom que leur ont donné les Chinois dans l’Antiquité.

[4] La Grande Muraille est un ensemble de fortifications militaires chinoises construites, détruites et reconstruites en plusieurs fois et à plusieurs endroits entre le 3ème siècle av. jc et le 17ème siècle pour marquer et défendre la frontière nord de la Chine. C’est la structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme à la fois en longueur, en surface et en masse. Populairement, on désigne sous le nom de « Grande Muraille » la partie construite durant la dynastie Ming qui part de Shanhaiguan sur le territoire de la ville de Qinhuangdao dans la province du Hebei à l’Est pour arriver à Jiayuguan dans la province du Gansu à l’Ouest. Sa longueur varie selon les sources. Selon un rapport de 1990, la longueur totale des murs serait de 6 259,6 km.

[5] Mandarin est le terme occidental utilisé pour désigner un haut fonctionnaire lettré et éduqué dans la tradition de Confucius, mis au service de l’Empereur de Chine, à l’issue d’une sélection rigoureuse et très limitative des meilleurs candidats. Pendant 1 300 ans, entre les années 605 et 1905, la haute administration impériale, tant centrale que provinciale, est tenue par une caste recrutée sur la base de concours extrêmement difficiles ; les examens impériaux. Les mandarins et le modèle qu’ils ont fait naître, le mandarinat, apparaissent comme le parangon de tous les systèmes de bureaucraties d’État, à la tête desquels sont des hauts fonctionnaires de carrière, recrutés au mérite intellectuel et littéraire, formés techniquement à l’administration et constitués en élites étatiques reproduites et fermées. Il a également existé des mandarins dans certains états sinisés voisins, notamment au Viêt Nam.

[6] Chu ou l’état de Chu était un État des périodes des Printemps et Automnes et des Royaumes combattants, établi sur le fleuve Yangzi. Chu a été annexé par les Qin en 223 av. jc. La maison royale de Chu à l’origine portait le nom ancestral Nai et le nom de clan Yan mais ceux-ci sont devenus plus tard Mi et Xiong.

[7] actuellement le comté de Linquan dans l’Anhui

[8] aujourd’hui le comté de Yanling dans le Henan

[9] qui correspond aujourd’hui à l’est du comté de Baofeng dans le Henan

[10] sorte de général

[11] Qi était un État relativement puissant des périodes des Printemps et Automnes et des Royaumes combattants. Qi est fondé vers 1046 av. jc, peu de temps après l’avènement de la dynastie Zhou. Sa capitale était Linzi, qui correspond aujourd’hui à la ville de Zibo au Shandong. Le premier duc est Jiang Shang. En 384 av. jc, un coup d’État de la famille Tian met fin au règne de plusieurs siècles de la famille Jiang. Sa capacité à venir à bout d’ennemis de taille plus importante, comme le Chu et le Qin en fait une force avec laquelle il faut composer.

[12] environ 400 km

[13] Le Henan, autrefois Honan, est une province du centre-est de la Chine. Le Henan fut appelé Zhongzhou ce qui signifie littéralement « plaine centrale », ce nom est toutefois également appliqué à l’ensemble de la Chine. Le Henan, berceau de la civilisation chinoise ayant plus de 3 000 ans d’histoire, est resté un centre culturel, économique et politique de la Chine jusqu’il y a un millénaire.

[14] aujourd’hui le sud-est de Yuling dans le Shanxi

[15] Le fleuve Jaune est le deuxième plus long fleuve de Chine après le Yangzi Jiang. Long de 5 464 kilomètres, il prend sa source dans le plateau tibétain et après avoir traversé les provinces de Gansu, Ningxia, Mongolie-Intérieure, Shaanxi, Shanxi, Henan et Shandong il se jette dans la mer de Bohai, dans la mer Jaune. Le bassin versant du fleuve d’une superficie de 752 443 km² est caractérisé par un climat en grande partie semi-aride qui explique le débit modéré du fleuve à son embouchure (2 571 m3/s). Le fleuve Jaune a joué un rôle crucial dans l’histoire de la Chine car la civilisation chinoise est née au confluent du fleuve et de son affluent le Wei He puis s’est développée le long de son cours.

[16] environ 5 760 km

[17] Un eunuque est un homme castré. La castration se limite généralement à l’ablation des testicules mais il arrive qu’elle concerne également le pénis, connue alors sous le nom de pénectomie. Dans la Chine ancienne, la castration était à la fois une punition traditionnelle (jusqu’à la dynastie Sui) et un moyen d’obtenir un emploi dans le service impérial. À la fin de la dynastie Ming, il y avait 70 000 eunuques dans la Cité interdite. La valeur d’un tel poste était importante car elle pouvait permettre d’obtenir un pouvoir immense qui dépassait parfois celui du premier ministre. Cependant, la castration par elle-même fut finalement interdite. Le nombre d’eunuques n’était plus estimé qu’à 470 en 1912, lorsque la fonction fut abolie. La justification de cette obligation pour les fonctionnaires de haut rang était la suivante : puisqu’ils ne pouvaient procréer, ils ne seraient pas tentés de prendre le pouvoir pour fonder une dynastie. À certaines périodes, un système similaire a existé au Viêt Nam, en Inde, en Corée et dans d’autres contrées du monde.