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Une Constitution polonaise sans lendemain

lundi 20 juillet 2020, par ljallamion

Une Constitution polonaise sans lendemain

   Le 3 mai 1791, les réformateurs polonais font adopter par la Grande Diète* une Constitution inspirée des principes libéraux de la Révolution française. Elle abroge le liberum veto*, (un principe vieux de 150 ans qui permettait à tout participant à la Diète de faire annuler une loi) et paralysait de ce fait la vie politique du pays.

Elle déclare la monarchie héréditaire et non plus élective. Elle accorde aussi des libertés communales aux villes et place les paysans sous la protection du roi. La nouvelle Constitution est soutenue par le roi de Pologne, Stanislas II Auguste Poniatowski.

Mais les monarques voisins ne tolèrent pas la rénovation politique de la Pologne. En 1772, déjà, la Prusse, l’Autriche et la Russie s’étaient partagées d’autorité une partie de ce vaste pays. En 1793, la Prusse et la Russie récidivent. A l’appel des grands propriétaires de Pologne, des magnats*, qu’inquiète le volet social de la Constitution, les troupes des deux pays envahissent le pays.

Un deuxième partage a lieu le 23 septembre 1793 malgré la résistance héroïque des paysans et des bourgeois guidés par un héros de la guerre d’Indépendance américaine, Tadeusz Kosciuszko.

Un troisième et dernier partage auquel participera l’Autriche effacera la Pologne de la carte le 24 octobre 1795, la plus grande partie du peuple passant sous la domination tsariste. On en viendra à oublier que ce pays fut au début de la Renaissance l’un des plus avancés d’Europe.

Malgré une tradition d’amitié qui remonte au mariage de Louis XV et au-delà, la France empêtrée dans la Révolution n’est pas en mesure d’aider la Pologne. Napoléon s’y essaiera en créant un éphémère Grand-duché de Varsovie* qui lui vaudra le soutien passionné de la noblesse polonaise. Mais sa défaite anéantira les espoirs de la Pologne et il faudra rien moins qu’une première guerre mondiale pour qu’elle recouvre une fragile indépendance.

P.-S.

L’Europe au 18ème siècle Source : Imago mundi Texte de Léonardon/ article de Fabienne Manière/herodote/ evenement/17720428/dossier 414