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Alcimus Ecdicius Avitus dit Avit de Vienne

lundi 30 janvier 2017 (Date de rédaction antérieure : 22 août 2011).

Alcimus Ecdicius Avitus dit Avit de Vienne (460 - vers 518)

Évêque de Vienne entre 490 et 518

Issu d’une famille sénatoriale gallo-romaine originaire d’Auvergne, il était apparenté à l’empereur Avitus. Il succéda à son père qui était lui-même évêque de Vienne. Il fut élu par acclamation en 490. Il présida en 517 le concile d’Epaone [1] où furent adoptés ou remis en vigueur d’importants canons concernant l’administration de l’Église et la discipline des clercs.

Métropolitain d’une province située en royaume burgonde [2], son premier but fut d’y combattre l’arianisme [3]. Si son influence sur les rois Chilpéric et Gondebaud ne fut pas assez forte pour les convertir au catholicisme, elle fut décisive auprès des fils de ce dernier, Sigismond et Gondemar, et de la fille de Chilpéric, Clotilde. Du coup, l’évolution des pays burgondes abandonnant l’arianisme rejoignit celle du royaume franc, que la conversion de son roi avait arraché au paganisme et qui, après la bataille de Vouillé [4] en 507, entraîna à son tour l’Aquitaine wisigothique [5] hors de l’orbite arienne.

Excellent diplomate, bon orateur, écrivain fécond, il a laissé plusieurs traités de théologie, des homélies et des poèmes.

P.-S.

Notes

[1] C’est en 517 qu’Avit, archevêque de Vienne, propose à tous les évêques du royaume burgonde un concile pour réfléchir à la situation religieuse nouvelle créée par l’accession au trône en 516 de Sigismond, converti au catholicisme. Il convoque en 517 un concile dans une ville de son diocèse, Épaone (aujourd’hui appelée Saint-Romain-d’Albon). On devait y discuter d’un certain nombre de règles morales et de l’attitude à adopter à l’égard des ariens. Avit comprit qu’il ne fallait pas bousculer une population qui restait importante dans le royaume. Les évêques refusèrent ainsi, au motif de la souillure des lieux, de pratiquer le culte catholique dans les églises ariennes. Avit craignait de provoquer la colère des ariens, encore puissants en Italie et en Provence sous domination ostrogothe ainsi qu’en Espagne. Il redoutait aussi qu’un arien ne succédât à Sigismond. Mais il pensait cela avant la conversion de Sigéric.

[2] D’abord cantonnés en Sapaudia les Burgondes commencèrent par grignoter le territoire gaulois vers l’ouest. En 457, Gondioc et Chilpéric Ier saisirent une première occasion de pousser leurs frontières. A l’été 457 le Valais, la Tarentaise, les villes de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble ainsi que Lugdunum, la vieille capitale des Gaules, se livrèrent pacifiquement aux Burgondes. Egidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprit aussitôt la capitale des Gaules mais il abandonna aux rois Burgondes leurs nouvelles terres. Lugdunum reviendra aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric 1er s’en empara, comme il s’empara également à la même époque de la ville de Vienne. Il profita probablement des troubles qui secouèrent entre 469 et 475 un Empire d’Occident, alors à l’agonie, pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les villes de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon devinrent villes burgondes. L’empereur Népos reconnut leurs conquêtes. Dès ce moment le royaume burgonde eut, ou peu s’en faut, les limites qu’il conserva dès lors. Ce territoire ne comprenait pas moins de 25 diocèses ou anciennes cités romaines : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lugdunum, Genève, Windisch, Octodurum actuellement Martigny, en Suisse, Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt. Mais les Burgondes gagnent ou perdent incessamment du terrain. Marseille et son port, Arles et la Provence gagnés vers 484, et perdus après la guerre contre les Francs, conquêtes éphémères, auront un moment fait partie de leur territoire. À son apogée, les contours du royaume burgonde touchaient, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s’étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire. Ce fut le territoire soumis à cette royauté qui prit, une première fois, le nom de Burgondia dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.

[3] Hérésie chrétienne qui a cours du 4ème au 6ème siècle sur l’instigation d’Arius, condamné par l’Eglise en 325 et en 381. Cette doctrine niant la consubstantialité du Fils avec le Père , c’est-à-dire niant l’essence divine de Jésus, se scinde ensuite en plusieurs tendances qui rencontrent un vaste écho dans l’Empire et hors de celui-ci.

[4] La bataille de Vouillé, qui s’est déroulée au printemps 507, est une bataille qui opposa les Wisigoths, au sud, aux Francs, au nord. Cette bataille vit la victoire des Francs, les Wisigoths perdant leur roi Alaric II au combat, et étant contraint de laisser un vaste territoire (midi de la France) aux vainqueurs.

[5] Le royaume wisigoth a existé de 418 à 711, à la suite des Grandes invasions et jusqu’au Haut Moyen Âge. Il a d’abord Toulouse comme capitale (il englobe la partie de la France actuelle située entre la Loire et les Pyrénées). Lorsque Clovis bat les Wisigoths à la bataille de Vouillé en 507, ces derniers conservent uniquement la Septimanie (correspondant au Languedoc) et une partie de la Provence avec l’aide des Ostrogoths installés en Italie. Après la perte de Toulouse en 508, les Wisigoths installent leur capitale à Tolède.