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L’histoire pour le plaisir

David de Ménevie

jeudi 28 mai 2020, par ljallamion

David de Ménevie (vers 500-vers 589 ou 601)

saint patron du Pays de Galles

Sous le nom de saint Ivi, il fait partie des saints semi-légendaires, non reconnus officiellement par l’église catholique, ayant christianisé la Bretagne [1] entre le 5ème siècle et le 7ème siècle.

Sa fête, le 1er mars, est fête nationale galloise. Le poireau est le symbole du saint, ainsi que la jonquille : les deux ont le même nom (cenhinen) en gallois.

Selon Rhygyfarch, auteur de la vie du saint au 11ème siècle, David était le fils de sanctus “rex ceredigionis”, ce qui a mené à l’interprétation qu’il s’agissait d’un nommé Sanctus, et ce qui explique que les Gallois aient honoré un Sandde, roi de Ceredigion [2].

L’expression latine peut également signifier qu’il s’agissait d’un "saint roi" de Ceredigion. Le roi à l’époque de la naissance de David est connu, et s’appelait Usai. D’après la légende, Sandde serait son frère, et donc ne serait roi que d’une partie du Ceredigion. Tous deux étaient fils de Ceredig , le fondateur du Ceredigion.

Saint Ivi serait donc un fils de Nonne de son vrai nom Mélarie, fille de Brécan, prince souverain du Pays de Galles. Nonne est une jeune religieuse, qui aurait fui le Pays de Galles, sa terre natale, après avoir été violée par un prince. Elle trouve refuge dans la forêt de Talarmon [3] où elle fonde un ermitage sous des chênes. Le lieu prendra par la suite le nom de Diri Nonn [4], paroisse de l’évêché de Cornouaille [5], désormais commune du Finistère. Le petit Divy ou David, confié d’abord à saint Belve, alla ensuite à l’école de saint Hildut à Hendy-gwyn ar Daf [6], où il eut pour condisciples Pol Aurélien, Magloire , Gildas et Samson, qui devaient plus tard évangéliser l’Armorique [7]. Saint-Divy mourut vers l’an 544.

Moine gallois, il serait arrivé près du Mont Saint-Michel [8], puis aurait longé la côte, établissant un ermitage à l’endroit qui deviendra Loguivy-de-la-Mer [9], puis un second plus à l’ouest à Loguivy-lès-Lannion [10], avant de s’enfoncer dans les terres : on retrouve sa trace à Landivy [11], à Pontivy [12] ou encore à Saint-Divy [13], à Saint-Yvi [14] et dans la forêt de Dunan dans l’actuelle commune de Bourg-Blanc [15].

David s’illustra comme enseignant et prêcheur, et créa des monastères et des églises en Galles, Cornouailles britannique et Bretagne armoricaine, à une époque où ces régions sont peu christianisées, bien que le christianisme soit la religion de l’Empereur de Rome Constantin 1er le Grand depuis 313.

Nommé évêque, David obtint de transférer le siège épiscopal de Caërleon, ville alors très peuplée à Ménevie [16], lieu retiré et solitaire ; il présida deux synodes, et fit un pèlerinage à Jérusalem où sa nomination fut consacrée. La cathédrale de St David’s [17]) a été construite sur le site du monastère qu’il fonda dans la vallée inhospitalière de Glyn Rhosyn dans le Pembrokeshire [18].

Selon la règle monastique de David les moines devaient cultiver et tirer eux-mêmes la charrue, sans l’aide d’animaux. Il était interdit de boire autre chose que de l’eau, de manger autre chose que du pain, des légumes et du sel. La soirée se passait à prier, à lire ou écrire. La propriété privée n’existait pas, les moines ne possédaient rien. L’ascétisme était le mode de vie, la viande était bannie. On peut imaginer sa surprise quand, alors qu’il était venu pour fonder une église, il fut selon Vendryes accueilli par les danses des servantes nues de la reine galloise païenne.

Guillaume de Malmesbury rapporte que David visita Glastonbury [19] dans le but de consacrer l’abbaye et de lui offrir un autel portatif contenant un gros saphir. David demanda donc la construction de nouveaux bâtiments, du côté est de la vieille église.

David fut enterré dans la Cathédrale de St David’s, qui fut un lieu de pèlerinage tout au long du Moyen Âge. Il a été l’un des rares saints gallois ou bretons ou irlandais à être reconnu par le pape Calixte II en 1123.

Une statue de saint Divy se trouve dans l’église Saint-Laurent de Langrolay [20].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia David de Ménevie/ Portail du pays de Galles/ Catégories : Histoire du pays de Galles

Notes

[1] La Bretagne ou Britannie (Britannia en latin) est la province romaine qui, du premier au quatrième siècle, couvrait une partie de l’île de Grande-Bretagne correspondant à des territoires qui devinrent par la suite ceux de l’Angleterre, du pays de Galles et du sud de l’Écosse.

[2] Le Ceredigion est un comté du pays de Galles. Auparavant partie du Dyfed (avec le Pembrokeshire et le Carmarthenshire), il a aussi porté le nom de Cardiganshire en anglais, ou de Sir Aberteifi en gallois (sir signifie comté, équivalent de shire en anglais). C’est un comté côtier, bordé par la baie de Cerdigion à l’ouest, Gwynedd au nord, Powys à l’est, le Carmarthenshire au sud et le Pembrokeshire au sud-ouest.

[3] qui recouvrait alors la majeure partie de la région de Landerneau

[4] c’est-à-dire les chênes de Nonne, devenu Dirinon

[5] Le diocèse de Cornouaille ou évêché de Cournouaille est un ancien diocèse de l’Église catholique en France. Il est un des neuf diocèses ou évêchés historiques de la Bretagne historique, dont le territoire était constitué par le pays de Cornouaille. L’évêque qui siégeait à Quimper était titré « évêque de Cornouaille » depuis les origines.

[6] nom anglicisé en Whitland, dans le Carmarthenshire, pense-t-on (d’aucuns pensent qu’il s’agirait plutôt de l’Île de Wight

[7] Le nom d’Armorique, d’un mot gaulois latinisé en Aremorica ou en Armorica, est donné dans l’Antiquité classique à une large région côtière de la Gaule, allant de Pornic au sud de l’estuaire de la Loire à Dieppe dans le pays de Caux. À l’époque gauloise, l’Armorique était une vaste confédération de peuples gaulois s’étendant sur les cinq départements Morbihan, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Finistère et Côtes-d’Armor, la partie nord-ouest de la région Pays de la Loire Anjou, Sarthe, Mayenne, la quasi-totalité des départements modernes de l’actuelle Normandie Manche, Calvados, Eure, peut-être une partie de la Seine-Maritime et leurs territoires limitrophes.

[8] L’abbaye du Mont-Saint-Michel est une ancienne abbaye bénédictine et un monument historique situé sur l’îlot du mont Saint-Michel, qui se trouve lui-même sur le territoire de la commune française nommée Le Mont-Saint-Michel, dans le département de la Manche en région de Normandie.

[9] Ploubazlanec, Plaeraneg en breton, est une commune située dans le département des Côtes-d’Armor en région Bretagne. Ploubazlanec appartient au pays historique du Goëlo. Le port de pêche de Loguivy se situe à l’entrée du Trieux. Ce port est réputé pour ses coquilles Saint-Jacques qui font l’objet d’une fête annuelle en alternance avec Saint-Quay-Portrieux et Erquy.

[10] Loguivy-lès-Lannion est une ancienne commune française. La paroisse de Loguivy-lès-Lannion, enclavée dans l’évêché de Tréguier faisait partie du doyenné de Lannion relevant de l’évêché de Dol et était sous le vocable de saint Yves. Elle fut érigée en commune après la révolution

[11] actuel département de la Mayenne

[12] Pontivy est une commune française, chef-lieu d’arrondissement du département du Morbihan. Au 11ème siècle, ce n’est qu’une humble petite bourgade, englobée dans la paroisse de Noaial, qui est à l’époque la première du diocèse de Vannes par l’étendue et l’importance. Elle possède probablement à cette époque une motte castrale qui surplombe le Blavet à proximité d’un ancien gué

[13] Saint-Divy est une commune française du département du Finistère. Un sanctuaire druidique, dénommé localement la chapelle de saint Goueznou se trouve dans un bois près de Pen-ar-Creac’h : il s’agit en fait d’un menhir de deux mètres de hauteur entouré d’une enceinte ; un autre menhir, portant une cannelure à chacun de ses angles, se trouve à proximité. Un tumulus a été identifié à Kerdalaun et des briques romaines trouvées à proximité

[14] Saint-Yvi est une commune du département du Finistère

[15] Bourg-Blanc est une commune française du département du Finistère. Au 6ème siècle, saint Urfold vint vivre en ermite dans la forêt de Dunan sur le territoire de la commune actuelle de Bourg-Blanc et saint Ivy en fit autant un peu plus tard

[16] La ville de Saint David’s (St David’s en anglais, Tyddewi en gallois), au pays de Galles, a le statut de Cité.

[17] Ty-Ddewi, en gallois

[18] Le Pembrokeshire ou comté de Pembroke d’après le nom de la ville capitale, est un comté au sud-ouest du pays de Galles, sur les rives de la mer d’Irlande. C’est le comté le plus occidental du pays de Galles.

[19] L’abbaye de Glastonbury, située en Angleterre, dans le Somerset, prétend être la plus ancienne église au monde, datant l’établissement de la communauté de moines en 63, au moment de la visite légendaire de Joseph d’Arimathie, qui y aurait apporté le Saint-Graal et aurait planté l’aubépine de Glastonbury, arbrisseau fleurissant à Noël et en mai. L’église abbatiale est agrandie au cours du xe siècle par l’abbé de Glastonbury, saint Dunstan, figure centrale du renouveau de la vie monastique anglaise à cette époque, qui introduit la Règle bénédictine. Dunstan devient archevêque de Canterbury en 960. Il fait également bâtir de nouveaux cloîtres. En 967, le roi Edmond 1er d’Angleterre est inhumé à Glastonbury. Au début de la dissolution des monastères en 1536, il y a plus de 800 monastères et couvents en Angleterre. En 1541, il n’en reste plus aucun.

[20] Côtes-d’Armor