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Antoine II Cauléas ou Kauléas

vendredi 28 février 2020, par ljallamion

Antoine II Cauléas ou Kauléas (mort en 901)

Patriarche de Constantinople du 3 août 893 à sa mort

L'Empire Byzantin en 867, à la fin du règne de Michel III.Il mit fin à la querelle née entre les patriarches Photios et Ignace.

On sait peu de choses au sujet de la vie d’Antoine avant qu’il ne devienne patriarche. Ses parents étaient pieux et d’origine thrace [1] ou phrygienne [2], mais il serait né non loin de Constantinople [3]. Les œuvres hagiographiques [4] qui lui sont consacrées mentionnent typiquement que ses premiers mots auraient été en l’honneur de Dieu, qu’il était un enfant solitaire et qu’il aurait appris à lire directement du Saint-Esprit.

Selon la Vie d’Antoine Cauléas, à la mort de sa mère, à 12 ans, Antoine entra dans un monastère constantinopolitain afin d’y entreprendre des études religieuses. Ordonné soit par le patriarche Méthode, soit par le patriarche Ignace, il en devint l’higoumène [5] jusqu’à son accession au patriarcat le 3 août 893.

Après la mort du patriarche Étienne 1er , Antoine devint en effet patriarche à son tour, au détriment du moine et syncelle [6]Euthyme, père spirituel de l’empereur Léon VI, écarté par Stylianos Tzaoutzès en raison de l’opposition d’Euthyme au mariage de l’empereur avec la fille de Stylianos, Zoé .

Tzaoutzès avait par ailleurs vraisemblablement financé les actes de philanthropie d’Antoine, faisant de celui-ci un candidat de choix pour le patriarcat. Cependant, lorsque le mariage se concrétisa, Antoine éleva des objections liées à la trop grande proximité avec la mort du premier époux de Zoé et ne le célébra pas. Par ailleurs, après la mort de Zoé, il accorda une dispense à l’empereur, lui permettant de se marier une troisième fois.

Pro-studite, ce patriarche convoqua un synode lors duquel s’éteignit en 899 la querelle née entre les patriarches Photios et Ignace, sans condamnation. Il ramena ainsi la paix dans l’Église byzantine, notamment en ralliant l’évêque Stylianos Mappas de Néocésarée [7], meneur des Ignatiens [8].

Antoine II Cauléas mourut le 1er février 901 et fut enterré dans le monastère du même nom. Son successeur fut Nicolas Mystikos .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Dimiter G. Angelov, « Emperors and Patriarchs as Ideal Children and Adolescents : Literary Conventions and Cultural Expectations », dans Arietta Papaconstantinou et Alice-Mary Talbot (dir.), Becoming Byzantine : Children and Childhood in Byzantium, Dumbarton Oaks, 2009 (ISBN 978-0-88402-356-2),

Notes

[1] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[2] La Phrygie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé entre la Lydie et la Cappadoce, sur la partie occidentale du plateau anatolien. Les Phrygiens sont un peuple indo-européen venu de Thrace ou de la région du Danube. Ils ont occupé vers 1200 av.jc la partie centrale et occidentale de l’Asie Mineure, profitant de l’effondrement de l’Empire hittite.

[3] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[4] L’hagiographie est l’écriture de la vie et / ou de l’œuvre des saints. Pour un texte particulier, on ne parle que rarement d’« une hagiographie », mais plutôt d’un texte hagiographique ou tout simplement d’une vie de saint. Le texte hagiographique étant destiné à être lu, soit lors de la prière Chrétienne de la nuit (Lectures) soit en public dans le cadre de la prédication, on lui donne souvent le nom de légende (du latin legenda, « ce qui doit être lu », terme utilisé dans son acception la plus littérale et non dans son sens péjoratif de récit dépourvu de tout enracinement dans l’histoire événementielle). Un texte hagiographique recouvre plusieurs genres littéraires ou artistiques parmi lesquels on compte en premier lieu la vita, c’est-à-dire le récit biographique de la vie du saint. Une fresque à épisode est également une hagiographie, de même qu’une simple notice résumant la vie du bienheureux. Par rapport à une biographie, l’hagiographie est un genre littéraire qui veut mettre en avant le caractère de sainteté du personnage dont on raconte la vie.

[5] Un higoumène ou hégoumène est le supérieur d’un monastère orthodoxe ou catholique oriental. Le terme équivaut à celui d’abbé ou d’abbesse dans l’Église latine.

[6] c’est-à-dire successeur présomptif du patriarche Étienne 1er

[7] La ville de Niksar, autrefois nommée Néocésarée ou Neocaesarea, Cabeira ou Cabira, Diospolis, Adrianopolis ou Hadrianopolis, est l’une des villes principales de la province de Tokat, en Turquie. C´était une cité importante d´Anatolie de par sa situation, son climat et la richesse de ses terres, et elle était renommée pour sa beauté et sa taille. Un concile y fut tenu en 314, et son évêché fut illustré par Grégoire le Thaumaturge

[8] Partisant d’Ignace)