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L’histoire pour le plaisir

Guillaume Gibieuf

jeudi 19 août 2021

Guillaume Gibieuf (vers1580-1650)

Oratorien français

Après des études à Paris, Gibieuf entre en 1612 dans la société que Bérulle venait de fonder. Il devient rapidement l’associé étroit du fondateur, qu’il remplace pour gouverner la société pendant ses longues absences en Italie et en Angleterre.

À la mort de Bérulle, en 1629, Gibieuf se retrouve à la tête de ceux qui veulent conserver l’esprit séculier de l’Oratoire [1], contre les partisans d’une congrégation religieuse [2].

Après l’élection de Condren comme général de l’Oratoire, une série de conflits principalement pour la direction et la visite des Carmélites [3] entraîne la mise à l’écart de Gibieuf.

Sa formation scolastique a évolué, sous l’influence de Bérulle, vers la découverte en 1620 et l’approfondissement de l’augustinisme [4]. Lié avec Descartes, Gibieuf est un habile théoricien de la grâce et de la liberté, son “traité sur La Vie et les grandeurs de Marie” en 1637 montre en lui un interprète fidèle de la spiritualité bérullienne.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jean-Robert Armogathe : directeur d’études à l’École pratique des hautes études, sciences religieuses/ Guillaume Gibieuf/ Encyclopædia Universalis

Notes

[1] La société de l’Oratoire de Jésus et de Marie, également appelée Oratoire de France, forme une société de vie apostolique de droit pontifical. Elle constitue une société fille, distincte et indépendante de la Congrégation de l’Oratoire.

[2] Harlay de Sancy

[3] L’Ordre du Carmel est un ordre religieux catholique contemplatif. Ses membres sont appelés Carmes (pour les hommes) et Carmélites (pour les femmes). Fondé par des ermites sur le mont Carmel en Palestine à la fin du 12ème siècle, les premiers carmes quittent leurs ermitages au début du 13ème siècle pour se réfugier en Europe. Après bien des tribulations, l’ordre érémitique se transforme en ordre monastique. Il connaît de nombreuses réformes dont la plus marquante est la réforme instituée par Thérèse d’Avila au 16ème siècle.

[4] Sans se présenter à l’origine comme un système constitué et unifié, la pensée de saint Augustin (354-430) donne naissance à un ensemble de thèses philosophiques et théologiques que l’on rassemble sous la dénomination d’augustinisme. Plus que la lettre, c’est l’esprit d’Augustin qui a régné sur la période médiévale et au moins jusqu’au 17ème siècle. À travers saint Augustin, l’idéalisme platonicien domine la théologie. L’augustinisme inclut des thèses sur la nécessité de la grâce pour le salut, la conciliation entre foi et raison, la connaissance naturelle de Dieu, la négativité du mal. Saint Augustin est le seul Père de l’Église qui ait donné naissance à un tel système. Les débats suscités par l’interprétation de l’augustinisme ont largement contribué aux conceptions modernes de la liberté et de la nature humaine.