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Athanase 1er d’Antioche dit Athanase Gamolo ou le Chamelier

mardi 11 juin 2019, par ljallamion

Athanase 1er d’Antioche dit Athanase Gamolo ou le Chamelier (mort en 631)

41ème patriarche d’Antioche de 595/603 à sa mort

Église syriaque orthodoxeNatif de Samosate [1], tôt orphelin de père, il fut d’abord élevé, avec son frère Sévère, par leur mère Mania, et tous deux furent ensuite confiés au monastère de Kennesrin [2].

Devenu moine, il s’y occupa des chameaux. Les évêques fidèles à l’orthodoxie monophysite [3] se réunirent et eurent une vision selon laquelle ils devaient élire le premier moine qui se présenterait à eux au point du jour.

Athanase, au début, aurait refusé, puis demandé un sursis d’un an pour pouvoir terminer son service de chamelier au monastère.

Antioche étant alors sous le contrôle de l’Empire byzantin, où le monophysisme était hors-la-loi, Athanase s’installa dans le monastère Saint-Zachée [4], près de Callinicum [5]. Il nomma son frère Sévère évêque de Samosate.

L’année 603 correspond au début de la longue guerre menée par le roi des Perses Khosro II, d’abord contre l’empereur Phocas, ensuite contre son successeur Héraclius ; elle ne devait prendre fin qu’avec la mort du roi en 628. Les Perses conquirent la Syrie byzantine et la ville d’Antioche [6] en 610. Le médecin personnel de Khosro II, Gabriel de Sinjâr, était un chrétien jacobite [7], et l’épouse favorite du roi, Chirin , d’abord fidèle de l’Église nestorienne [8], fut gagnée par lui à sa confession.

L’Église syriaque jacobite et l’Église copte [9] étaient alors brouillées.

Après la mort du patriarche Damien d’Alexandrie et son remplacement par Anastase, Athanase se rendit en Égypte avec 5 évêques de son obédience, dont son frère Sévère, et passa un mois avec son collègue dans les monastères de l’Énaton [10] près d’Alexandrie.

Après la victoire de l’empereur Héraclius sur Khosro II, en 628, Athanase envoya son secrétaire et futur successeur Jean des Sédré dit Jean II d’Antioche auprès du nouveau roi des Perses Kavadh II. Fin 628 ou début 629, il consacra le premier maphrien [11], Marutha , qui s’installa à Tikrit [12] et réorganisa les institutions de l’Église jacobite en territoire perse.

Il attribua des privilèges particuliers au grand monastère Saint-Matthieu [13], près de Ninive [14].

En 629/631, il rencontra Héraclius à Hiérapolis [15], pendant 12 jours, accompagné de 12 évêques de son obédience. L’empereur lui promettait de le reconnaître patriarche d’Antioche s’il se ralliait à la formule du monoénergisme [16]. Athanase aurait accepté l’union, mais en des termes ambigus, et en refusant de rien signer. Il mourut peu après, et la haine fut rallumée alors que les Byzantins se réappropriaient la Syrie après le retrait des Perses.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Athanase Ier d’Antioche/ Portail des chrétiens d’Orient/ Patriarche syriaque orthodoxe d’Antioche

Notes

[1] Samosate ou Antioche de Commagène est une ancienne cité dont les ruines se situent près de la ville actuelle de Samsat, province d’Adıyaman, en Turquie, près de l’Euphrate.

[2] Le monastère syriaque de Kennesrin, parfois nommé monastère de Beith-Aphthonia, est situé en Syrie, près d’Europos (site de Karkemish), à l’Est de l’Euphrate. Le monastère fut fondé par Jean bar Aphthonia vers 530 quand il fut chassé du monastère de Saint-Thomas à Séleucie de Piérie pour son opposition au concile de Chalcédoine. Ce monastère devint un foyer de culture grecque et syriaque, où enseigna Sévère Sebôkht, où se formèrent des théologiens, comme Thomas d’Héraclée et Jacques d’Édesse, et d’où sortirent plusieurs patriarches de l’Église non-chalcédonienne d’Antioche, tels qu’Athanase II et Dionysius 1er de Tel Mahre, et aussi Georges, évêque des Arabes. Il fut en activité jusqu’au 13ème siècle.

[3] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans l’Empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d’Alexandrie.

[4] Dayro d’Mor Zakhay

[5] Raqqa, Racca, Rakka, Raqa, est une ville du centre de la Syrie. C’est la capitale éponyme du gouvernorat de Raqqa. Les Byzantins en font une forteresse défensive contre le danger perse mais perdent la ville lors de la bataille de Callinicum, le 19 avril 531. Les armées sassanides de Kavadh 1er dirigées par Sepahbod Azarethes battent les troupes de Bélisaire, général de l’empereur Justinien. La ville devenue musulmane en 639 gagne en splendeur sous les califes Hicham, qui y fait construire deux palais, et Al Mansour, qui restaure la ville en 754 avant d’en faire sa seconde capitale.

[6] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle est située au bord du fleuve Oronte. Antioche était la ville de départ de la route de la soie.

[7] L’Église syriaque orthodoxe est une Église orientale autocéphale. Elle fait partie de l’ensemble des Églises des trois conciles dites aussi « Églises antéchalcédoniennes ». Le chef de l’Église, porte le titre de Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, avec résidence à Damas. Du fait des querelles « christologiques » et des schismes qui s’ensuivirent, le titre de Patriarche d’Antioche se trouve porté également par quatre autres chefs d’Église.

[8] L’Église apostolique assyrienne de l’Orient ou Sainte Église apostolique assyrienne de l’Orient est une Église autocéphale de tradition syriaque orientale. Elle fait partie de l’ensemble des Églises des deux conciles, héritière directe de l’Église de l’Orient. Le chef de l’Église porte le titre de Catholicos-Patriarche de la Sainte Église Apostolique Assyrienne de l’Orient (ou celui, plus traditionnel, de Métropolite de Séleucie-Ctésiphon, Catholicos et Patriarche de l’Orient), avec résidence à Erbil au Kurdistan (Irak).

[9] L’Église copte orthodoxe est une Église antéchalcédonienne et autocéphale. Elle fait partie de l’ensemble des Églises des trois conciles. Son chef porte le titre de pape d’Alexandrie et patriarche de la Prédication de saint Marc et de toute l’Afrique, avec résidence au Caire. Le titre de patriarche d’Alexandrie est actuellement porté également par deux autres chefs d’Église. Cette Église professe le miaphysisme, qu’il ne faut pas confondre avec le monophysisme : elle ne reconnaît pas le concile de Chalcédoine pour des motifs dogmatiques, canoniques et politiques.

[10] Le monastère de l’Énaton (dit aussi laure de l’Énaton), appelé en arabe Dayr al-Zugâg (Couvent du Verre) ou Dayr al-Zaggâg (Couvent du Verrier), est un ancien établissement monastique chrétien situé près d’Alexandrie, en Égypte, en ruine depuis la fin du Moyen Âge. L’Énaton tire son nom de la « neuvième borne milliaire » (ἔνατον μίλιον) sur la route partant d’Alexandrie en direction de l’ouest, vers la Libye, sur la bande littorale (tænia) séparant la partie occidentale du lac Mariout de la mer. Son site se trouve près de la localité actuelle d’El Dekhela. Le couvent possédait à la fois un mouillage maritime (Mînâ’ al-Zugâg) et un accès au lac. D’autres établissements religieux sur la tænia s’appelaient Pempton (« cinquième borne »), Oktôkaidekaton (« dix-huitième »), Eikoston (« vingtième »). Dans l’Antiquité tardive, l’Énaton se présentait comme une agglomération d’établissements autonomes de taille très variable (jusqu’à la cellule isolée), une sorte de village monastique. Plusieurs cœnobia portaient un nom particulier, en principe celui de leur fondateur. D’après l’Histoire des patriarches coptes attribuée à Sévère d’Achmounein, il y avait à la fin du 6ème et au début du 7ème siècle 600 de ces établissements à l’Énaton, mais ce chiffre paraît exagéré et renverrait plutôt au nombre total de monastères dans la région d’Alexandrie.

[11] Le titre de maphrien est un titre spécifique de l’Église syriaque orthodoxe. Il a d’abord été porté par le primat de l’Église jacobite de Mésopotamie (entre 629 et 1859). Il est actuellement porté par le primat de l’Église syro-malankare orthodoxe.

[12] Tikrit ou Takrit est une ville d’Irak, située dans la province de Salah ad-Din dont elle est la capitale. Située à environ 160 kilomètres au nord de Bagdad, la ville est arrosée par le fleuve Tigre.

[13] Dayro d’Mor Mattay

[14] Ninive une ancienne ville de l’Assyrie, dans le Nord de la Mésopotamie. Elle se situait sur la rive est du Tigre, au confluent du Khosr, dans les faubourgs de la ville moderne de Mossoul, en Irak, dont le centre se trouve de l’autre côté du fleuve. Les deux sites principaux de la cité sont les collines de Kuyunjik et de Nebī Yūnus. Ninive est l’une des plus anciennes cités de Mésopotamie. Elle était un important carrefour de routes commerciales traversant le Tigre. Elle occupait une position stratégique sur la grande route entre la mer Méditerranée et le plateau iranien, ce qui lui a apporté la prospérité, de sorte qu’elle est devenue l’une des plus grandes cités de toute la région. Elle doit néanmoins sa plus grande expansion urbaine au choix du roi assyrien Sennacherib d’en faire la capitale de son grand empire au début du 7ème siècle av. jc. Ninive est alors entourée de remparts de briques sur une longueur de 12 km. L’espace total de la cité couvrait 750 hectares à son apogée.

[15] Hiérapolis est une station thermale créée vers la fin du 2ème siècle av. jc par la dynastie des Attalides. Elle est située au sommet de la colline de Pamukkale, bien connue pour ses sources chaudes et ses concrétions calcaires, à 15 km de la ville de Denizli en Turquie. La cité antique de Hiérapolis atteste du rayonnement de la présence hellénistique, puis romaine en Asie Mineure.

[16] Accord pour restaurer l’unité religieuse de l’empire, déchiré par le schisme entre les partisans du concile de Chalcédoine de 451 et ceux du monophysisme (notamment l’Église jacobite de Syrie et l’Église copte). Ces tentatives, fortement encouragées par l’empereur Héraclius, paraissaient cruciales pour souder l’empire contre les Perses, puis contre les Arabes.