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L’histoire pour le plaisir

Jean 1er de Namur

lundi 9 juillet 2018, par ljallamion

Jean 1er de Namur (1267-1330)

Comte de Namur de 1305 à 1330

Blason du marquis de Namur.Fils de Gui de Dampierre, comte de Flandre [1] et marquis de Namur [2], et d’ Isabelle de Luxembourg .

En mars 1297, son père et sa mère lui cédèrent le gouvernement du comté de Namur, mais Guy de Dampierre conserva le titre de marquis de Namur jusqu’à sa mort en 1305. Toutefois, Jean utilisa le titre de comte de Namur jusqu’à cette date.

De 1296 à 1298, il fut retenu captif à Paris avec son père. En 1300, il conclut avec différentes villes du pays de Liège un traité qui mirent celles-ci sous sa protection. Son père fut à nouveau emprisonné à Paris, et il combattit avec son frère Guy de Namur , comte de Zélande [3], les Français qu’ils battirent à Courtrai [4], mais il fut battu en 1304 à Mons-en—en-Pévèle [5]. La paix avec la France fut signée en 1307.

En 1307, il rendit hommage à Guillaume 1er d’Avesnes, comte de Hainaut [6] pour le comté de Namur et la seigneurie de Poilvache [7].

En 1308, le comte Charles de Valois revendiqua le marquisat de Namur, étant marié à Catherine de Courtenay, petite-fille de Baudouin II de Courtenay, ancien marquis de Namur. Mais Philippe le Bel, roi de France, trancha en faveur de Jean.

Il épousa en premières noces en 1308 Marguerite de Clermont fille de Robert de France, comte de Clermont [8], et de Béatrice , dame de Bourbon. Marguerite mourut très rapidement sans avoir donné naissance à des enfants.

Il épousa en secondes noces en 1309 Marie d’Artois fille de Philippe d’Artois seigneur de Conches [9], et de Blanche de Bretagne.

Pendant que Jean 1er accompagnait l’empereur Henri VII en Italie, sa seconde épouse Marie d’Artois subit une révolte pour avoir levé trop d’impôts. La révolte ne fut réprimée qu’en 1313, avec l’aide d’ Arnoul V de Looz , comte de Looz [10].

En 1314, l’empereur lui donna la seigneurie de Cambrai [11]. Il en prit possession, destitua des officiers de l’évêque de Cambrai [12], commit plusieurs vexations et fut excommunié jusqu’en 1317. Puis il fut en guerre contre l’évêque de Liège [13] Adolphe de La Marck de 1318 à 1322.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Ch. Piot, « Jean Ier », Académie royale de Belgique, Biographie nationale, vol. 10, Bruxelles,‎ 1889

Notes

[1] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).

[2] Le comté de Namur est un ancien comté qui relevait du Saint Empire romain germanique, qui se trouvait entre l’évêché de Liège, le duché de Brabant et le comté de Hainaut. Il comprenait les villes de Namur, Charleroi, Givet, Bouvignes, Mariembourg et Fleurus.

[3] La Zélande est une province maritime du sud-ouest des Pays-Bas, bordée à l’ouest par la mer du Nord, au sud par la frontière belge, à l’est par le Brabant et au nord par la Hollande-Méridionale.

[4] La bataille de Courtrai, connue sous le nom de bataille des éperons d’or, opposa l’armée du roi Philippe IV de France appuyée par les Brabançons de Godefroid de Brabant et les Hennuyers de Jean Sans-Merci, aux milices communales flamandes appuyées par des milices venues de Zélande et, peut-être, de Namur, le 11 juillet 1302 près de Courtrai

[5] La bataille de Mons-en-Pévèle opposa, à Mons-en-Pévèle, les troupes de Philippe le Bel aux troupes flamandes le 18 août 1304. Elle fut remportée par Philippe le Bel. Cette bataille est immortalisée par un des tableaux de la Galerie des Batailles du château de Versailles, où figure une œuvre peinte par Charles-Philippe Larivière, sur la demande de Louis-Philippe 1er, intitulée Bataille de Mons-en-Pévèle.

[6] Le comté de Hainaut ou Hainau –est un ancien comté qui relevait du Saint Empire romain germanique, qui se trouvait en bordure du royaume de France.

[7] Le domaine de Poilvache est né au 12ème siècle d’un conflit entre Namurois et Luxembourgeois, à la suite d’un problème de succession. À la fois « ville » et château fort, il devint rapidement une pièce maîtresse dans la défense du comté de Luxembourg. Au Moyen Âge, il occupait une position stratégique aux confins de la Principauté de Liège et du comté de Namur. Il eut son importance lors de la guerre de la vache. (La Guerre de la Vache est le nom donné à une guerre entre 1275 et 1278 sur le territoire de l’actuelle Belgique.)

[8] La maison de Clermont en Beauvaisis est une famille qui tire son nom de la ville de Clermont-en-Beauvaisis aujourd’hui Clermont, dans le département de l’Oise. Il ne faut pas confondre ces comtes avec les comtes de Clermont, dauphins d’Auvergne.

[9] Conches-en-Ouche est une commune française située dans le département de l’Eure, en région Normandie. L’histoire de Conches commence vers 1034, lorsque les seigneurs de Tosny, dont l’origine reste obscure, héritèrent de ce fief alors appelé Castellio en latin médiéval (Castillon en normand septentrional et occitan, Chastillon en normand méridional et en ancien français, d’où Châtillon). Les Tosny construisent la forteresse et son donjon, entourent la ville de murailles et construisent une abbaye bénédictine, Saint-Pierre de Castillon, au modeste rayonnement.

[10] Le comté de Looz apparaît aux alentours de l’an mil, fondé par des seigneurs originaires de Betuwe. Le comté de Looz, parfois encore comté de Los ou Loos, en prononçant Lau, est un ancien comté du Saint Empire romain germanique qui s’étendait approximativement à la fin de l’ancien régime sur la province belge actuelle du Limbourg, sans comprendre ni Tongres ni Saint-Trond.

[11] Cambrai est une commune française située dans le département du Nord, Vers la fin de l’Empire romain, Cambrai remplace Bavay comme « capitale » de la cité des Nerviens. Au début de l’époque mérovingienne, Cambrai devient le siège d’un vaste évêché s’étendant sur toute la rive droite de l’Escaut et le centre d’une petite principauté ecclésiastique qui dépendra du Saint Empire romain germanique jusqu’à l’annexion à la France en 1678. Fénelon, surnommé « le Cygne de Cambrai », en fut le plus illustre des archevêques.

[12] Le diocèse puis archidiocèse de Cambrai est une circonscription de l’Église catholique romaine en France. C’est en 1094, à l’initiative d’Urbain II, au cours de la querelle des Investitures, que l’ancien diocèse d’Arras, uni pendant longtemps à celui de Cambrai, en fut séparé et considéré comme un ressort distinct. Le roi de France et le comte de Flandre avaient tous deux intérêt à se débarrasser de l’ingérence d’un évêque allemand.

[13] La principauté épiscopale de Liège était un État du Saint Empire romain, compris dans le Cercle de Westphalie, ayant pour capitale la ville de Liège. C’est en l’an 985 que naît la principauté épiscopale. C’est à cette date que Notger, déjà évêque de Liège depuis 972, devient prince-évêque en recevant le comté de Huy. Cet État a existé pendant plus de 800 ans, jusqu’à la révolution liégeoise en 1789.