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Djedkarê Isési

mardi 22 mai 2018

Djedkarê Isési

Souverain de la Vème dynastie égyptienne vers 2381 à -2353 av.jc

Il aurait succédé à Menkaouhor et précédé Ounas .

Ses liens avec ses prédécesseurs immédiats ne sont pas clairement établis mais aucune trace de troubles n’est attestée par les sources contemporaines tandis que les récentes découvertes faites en Abousir [1] militent en faveur d’un lien direct avec la famille royale.

Le papyrus de Turin [2] lui donne 28 années de règne, tandis que Manéthon lui en donne 44. La date attestée la plus élevée concernant son règne est celle du 22ème recensement, date relevée sur un des papyri découverts à Abousir. Or ces recensements du bétail n’étaient pas effectués annuellement à l’Ancien Empire, mais tous les ans et demi voire tous les deux ans.

Deux expéditions au Ouadi Maghara [3], dans le Sinaï, sont attestées, ainsi que des campagnes de pacification aux frontières du pays, notamment en Nubie [4], et des liens commerciaux étroits avec le Proche-Orient notamment avec Byblos [5]. Par l’autobiographie d’ Hirkhouf , nomarque d’Assouan [6] sous le règne de Pépi II , on sait également qu’une expédition au cœur du continent africain a eu lieu.

Sous son règne, on assiste à une multiplication à la fois des titres et du nombre de courtisans du palais. Certains font figurer dans leur tombe de véritable biographie nous renseignant sur les faits du règne comme à Saqqarah [7]. On possède également trois lettres du roi adressées à certains de ses plus proches ministres, insigne honneur que les intéressés ne manquèrent pas de faire figurer en bonne place sur les murs de leur mastaba [8].

Djedkarê n’a pas fait construire de temple solaire contrairement à ses prédécesseurs immédiats, marquant apparemment le pas avec la théologie héliopolitaine [9], ce que l’emplacement de son complexe pyramidal semble confirmer. En effet, il choisit de revenir à Saqqarah pour bâtir son complexe funéraire, mais cela ne signifie pas un abandon de la nécropole dynastique d’Abousir car les archives découvertes dans les temples funéraires de Néferirkarê Kakaï , Khentkaous II et Néferefrê , ancêtres probables de Djedkarê, datent pour la plupart de son règne.

À bien des égards, ce complexe fait figure de modèle pour les ensembles funéraires royaux qui suivront tant dans l’architecture du temple funéraire que dans celle des appartements funéraires royaux dont le nombre de pièce et les proportions se standardisent. Au nord de la pyramide royale une pyramide secondaire a été dégagée avec son propre complexe funéraire complet étroitement lié à celui de Djedkarê.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Djedkarê Isési/ Portail de l’Égypte antique/ Pharaon

Notes

[1] Abousir est un site archéologique situé à 25 kilomètres au Sud-Ouest du Caire, connu par les pyramides de plusieurs pharaons de la 5ème dynastie. Des quatorze monuments principaux fouillés et partiellement restaurés, dont au moins sept pyramides, seules cinq sont encore visitables, celles des pharaons Sahourê, Niouserrê, Néférirkarê et Néferefrê, ainsi que la pyramide de la reine Khentkaous II.

[2] Les papyrus de Turin constituent une collection de papyrus égyptiens conservés au musée égyptologique de Turin. Bernardino Drovetti en a rapportés d’Égypte une part importante. Ils ont servi aux études de Jean-François Champollion.

[3] Le Ouadi Maghara est un site du Sinaï connu depuis l’Antiquité pour ses débouchés vers les mines de cuivre et de turquoise. Très tôt dans l’histoire de l’Égypte antique, des expéditions ont été organisées afin d’en exploiter les richesses pour répondre aux besoins d’une industrie naissante du cuivre et à l’attrait particulier que les Égyptiens avaient pour la turquoise, cette pierre bleu pâle, associée à la déesse Hathor.

[4] La Nubie est aujourd’hui une région du nord du Soudan et du sud de l’Égypte, longeant le Nil. Dans l’Antiquité, la Nubie était un royaume indépendant dont les habitants parlaient des dialectes apparentés aux langues couchitiques. Le birgid, un dialecte particulier, était parlé jusqu’au début des années 1970 au nord du Nyala au Soudan, dans le Darfour. L’ancien nubien était utilisé dans la plupart des textes religieux entre les 8ème et 9ème siècles.

[5] Byblos (appelée aujourd’hui Jbeil) est une ville du Liban. Les Grecs la nommèrent Byblos, car c’est de Gebal que le papyrus était importé en Grèce. Elle se situe aujourd’hui sur le site de la ville moderne de Jbeil, dans le gouvernorat du Mont-Liban (actuel Liban), sur la côte méditerranéenne, à environ 40 kilomètres au nord de Beyrouth. Elle aurait été fondée vers 5000 av. jc. Dès le 4ème millénaire av. jc. Byblos est un centre commercial actif, trafiquant surtout avec l’Égypte antique avec laquelle elle exporte du bois du Liban. Ce rapprochement de l’Égypte a un effet durable sur l’art et la culture de Byblos, elle devient un centre religieux important où l‘on pratique le culte d’Osiris. Elle fait aussi commerce de textile et de vêtements avec la Mésopotamie, notamment avec la ville de Mari et également avec les Minoens de Crète. Les souverains amorrites de Byblos se font enterrer dans des tombeaux avec des objets égyptiens (Tombeau d’Ahiram, roi au 11ème siècle av. jc).

[6] Assouan ou Syène est une ville d’Égypte située à environ 843 km au sud du Caire, sur la rive droite du Nil, près de la première cataracte. Faisant naguère partie de la Haute Égypte, dans le premier nome, celui du « Pays de l’arc » (ou du « Pays de Nubie » - tA-sty), son nom en égyptien ancien était Souenet (ou Swenet ou Souentet) qui signifie « Commerce ».

[7] Saqqarah est une vaste nécropole de la région de Memphis. Elle connaît une occupation ininterrompue tout au long de l’histoire de l’Égypte antique : de ce fait, tombes royales et sépultures plus modestes se côtoient et présentent de nombreux témoignages sur la vie quotidienne de l’Égypte ancienne.

[8] Le mastaba est un édifice funéraire égyptien servant de sépulture aux pharaons des deux premières dynasties, ainsi qu’aux hauts dignitaires, de l’époque archaïque au Moyen Empire égyptien.

[9] Le mythe de la création héliopolitaine a pour origine la ville de Héliopolis. La grande diversité du culte de l’Égypte antique se retrouve également dans les mythes de la création qui varient en fonction des régions. Issu du Noun, l’océan primordial (ou dans une autre variante, la pierre originelle), émerge le dieu créateur qui peut apparaître sous trois formes : Rê, le soleil, Khépri le dieu à tête de scarabée ou encore Atoum, l’être achevé. En effet, le clergé égyptien expliquait que l’astre solaire pouvait revêtir des formes différentes lors de sa course dans le ciel : Khépri était le soleil levant tandis que Rê était le soleil à son zénith et Atoum, le soleil couchant.