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Kanishka 1er

mercredi 7 juin 2017, par ljallamion

Kanishka 1er

Souverain de l’Empire kouchan au début de notre ère

Fils de Vima Kadphisès , c’est un grand conquérant et un sage administrateur. Il règne sur un vaste empire, de l’Asie centrale à la principauté de Bénarès [1]. Il porte à la fois le titre indien de maharaja [2], iranien de Roi des Rois, et chinois de Fils du Ciel. Sa capitale est à Purushapura [3].

Si les textes bouddhiques font de Kanishka celui qui a favorisé l’expansion du bouddhisme, aujourd’hui il y a tout lieu de penser que les bouddhistes se sont approprié cette image de Kanishka en protecteur de leur foi, mais on peut légitimement en douter. Néanmoins c’est effectivement sous son règne que l’on assiste à cette expansion dans son empire, et surtout au Gandhara [4]. Aussi le Bouddha, autrefois représenté sous forme symbolique, prit très rapidement de nombreuses formes dans un syncrétisme culturel singulier.

Kanishka est considéré comme un protecteur du bouddhisme, il honore ou pratique cependant d’autres religions, comme le zoroastrisme [5], le mithraïsme [6] et la religion grecque. Pour régler les conflits entre les différentes écoles bouddhistes, Kanishka convoqua un grand concile bouddhique à Kunnavala Vihara [7] au Cachemire [8].

L’Empereur Huvishka lui succède.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du livre de Pierre Leriche, Chakir Pidaev, Mathilde Gelin et Kazim Abdoulaev, La Bactriane au carrefour des routes et des civilisations de l’Asie centrale : Termez et les villes de Bactriane-Tokharestan, Paris, Maisonneuve et Larose - IFÉAC, 2001 (ISBN 2-7068-1568-X)

Notes

[1] L’État de Bénarès était un État princier indien dans l’actuelle ville de Varanasi. Le royaume de Kashi ou Bénarès est fondé par Khsetravridha de la dynastie Somavansa de Pratishthana. La ville est ravagée par les Shvetahuna, puis le royaume est conquis par les musulmans en 1194. Le territoire est intégré ensuite à l’Oudh, un territoire tributaire des empereurs moghols. Les Nawab de l’Oudh le cèdent en 1775 aux Britanniques qui le reconnaissent comme territoire familial, avant de le faire accéder au statut de principauté en 1911. La famille régnante prétend descendre du dieu Shiva et tire un grand bénéfice des pèlerinages dans leur ville. Elle se maintient au pouvoir jusqu’en 1949.

[2] grand roi

[3] Peshawar

[4] Le Gandhara est le nom antique d’une région située dans le nord-ouest de l’actuel Pakistan. Plus précisément, le bassin de Peshawar, avec une muraille verticale de montagnes sur trois côtés et la vallée de l’Indus sur le quatrième côté. Ses villes principales étaient Purushapura l’actuelle Peshawar à l’Ouest, Mardan, au centre, et, sur sa frontière Est, Taxila : trois centres commerciaux de premier plan entre la Chine, l’Inde et l’Occident au début de notre ère. Cette région essentielle au commerce était aussi un riche terroir : il fut occupé par de nombreux envahisseurs étrangers. Les cultures que ceux-ci apportaient se fondaient dans la culture locale composite et tolérante. Ce fut en particulier le cas dans les royaumes indo-grecs (2ème et 1er siècle avant l’ère commune) et dans l’empire kouchan (environ 1er au 3ème siècle). Puis le Gandhara traversa des moments plus confus, jusqu’à l’expansion de la religion musulmane avec les Saffarides. Peu après, le nom même de « Gandhara » s’appliqua à une autre région.

[5] Le zoroastrisme est une religion monothéiste où Ahura Mazdâ est seul responsable de l’ordonnancement du chaos initial, le créateur du ciel et de la Terre. Le zoroastrisme est une réforme du mazdéisme, réforme prophétisée par Zarathoustra, dont le nom a été transcrit Zoroastre par les Grecs. Cette réforme, fondée au cours du 1er millénaire av. jc dans l’actuel Kurdistan iranien (Iran occidental), est devenue la religion officielle des Iraniens sous la dynastie des Sassanides (224-651), jusqu’à ce que l’islam arrive, même si cette religion a réussi à se fondre dans le patrimoine culturel iranien. En effet, les Iraniens indépendamment de leur religion, accordent beaucoup d’importance aux fêtes zoroastriennes.

[6] Le mithraïsme ou culte de Mithra est un culte à mystères apparu probablement pendant le 2ème siècle av. jc en Perse. Durant les siècles suivants il se propage dans tout l’Empire romain et atteint son apogée durant le 3ème siècle. Ce culte est particulièrement bien reçu et implanté chez les soldats romains. À la fin du 4ème siècle, l’empereur Théodose entreprend d’éradiquer les religions autres que le christianisme. À la suite d’un décret de 391 les temples non-chrétiens sont détruits ou transformés en églises ; ce décret constitue l’arrêt de mort du mithraïsme.

[7] Ce concile, présidé par Vasumitra, aurait eu lieu dans l’Empire kouchan (au Cachemire ou à Jalandhar) sous le règne de Kanishka 1er. Il fut l’occasion d’une remise en ordre du canon mahayana accompagnée de la traduction en sanscrit des textes rédigés en gandhari, langue vernaculaire locale. Selon la tradition, 500 bhikkhus auraient travaillé pendant douze ans à cette révision. Il est parfois mentionné dans le courant theravada comme le « concile des moines hérétiques ».

[8] Le Cachemire est une région montagneuse du sous-continent indien. On désigne sous ce vocable, depuis la partition des Indes et la disparition de la principauté du Jammu-et-Cachemire, l’ensemble du territoire qui constituait cette dernière. Le Cachemire était autrefois un pays d’apprentissage du bouddhisme, peut-être avec l’école dominante de Sarvāstivādan. Les moines bouddhistes d’Asie centrale ont visité le royaume. À la fin du 4ème siècle de notre ère, le célèbre moine Kuchanese Kumārajīva, né d’une famille noble indienne, a étudié Dīrghāgama et Madhyāgama au Cachemire sous Bandhudatta. Il est devenu plus tard un traducteur prolifique qui a aidé à répandre le bouddhisme en Chine. Sa mère Jiva semble avoir pris sa retraite au Cachemire. Vimalākṣa, un moine bouddhiste, s’est rendu à Kucha au Cachemire. Il a modifié Kumārajīva en Vinayapiṭaka.