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Sigeberht d’Est-Anglie

lundi 15 août 2016

Sigeberht d’Est-Anglie (mort vers 640)

Roi d’Est-Anglie au début des années 630

Il marque son règne par son zèle à établir une Église chrétienne dans le royaume.

Selon les sources, il est le fils ou le beau-fils de Rædwald . Son nom suggère un lien avec le royaume d’Essex [1].

Exilé en Francie [2] par Earpwald , Sigeberht se convertit et reçoit le baptême. Il devient un homme pieux et cultivé. Il découvre des institutions et des écoles religieuses qui enseignent la lecture et l’écriture, ce qui lui laisse une forte impression.

Suite à l’assassinat d’Earpwald suivi par un bref interrègne, Sigeberht rentre de Francie pour devenir souverain des Esy-Angliens [3]. Il est probable que son accession au trône se fasse par la voie des armes, parce qu’il conserve par la suite la réputation d’être un grand commandant militaire.

Il est possible que cette conversion au christianisme joue elle-même un rôle décisif dans l’accession et le maintien au pouvoir de Sigeberht, car à l’époque les rois Eadbald de Kent et le puissant Edwin de Northumbrie sont tous deux également chrétiens. L’émergence de Sigeberht constitue un soutien précieux dans le processus de conversion de l’Angleterre, processus sur lequel Edwin assied largement sa légitimité.

Dès son avènement, il demande à Félix de Burgondie d’évangéliser son royaume. Il institue des écoles pour enseigner et écrire le latin, sur le modèle de celles qu’il a connue dans les royaumes francs. Félix lui fournit de l’aide en recrutant des professeurs du même type que ceux qui enseignent alors dans le Kent.

L’allégeance qui lie Félix à Cantorbéry influence l’orientation clairement romaine et continentale de cette nouvelle Église est-anglienne, même si Félix a pu être lui-même influencé par le missionnaire irlandais saint Colomban lorsque celui-ci enseignait à Luxeuil en Bourgogne [4], la patrie de Félix.

Vers 633, le missionnaire et ermite royal Fursy de Péronne arrive en Est-Anglie avec ses prêtres et ses moines, et Sigeberht l’installe dans un monastère situé à l’emplacement d’une ancienne place forte romaine du nom de Cnobheresburg, qui doit correspondre aujourd’hui au village de Burgh Castle près de Great Yarmouth [5].

Vers 632 ou 634, il abdique en faveur d’Ecgric et se retire dans un monastère qu’il avait fait construire à cet effet.

Vers la fin des années 630, l’Est-Anglie est attaquée par les armées de Penda, roi païen de Mercie [6] et Ecgric dispose d’une force armée inférieure à celle des assaillants. Il est fait appel à Sigeberht pour qu’il quitte son monastère et vienne mener la défense est-anglienne, dans l’espoir que sa présence et son aura de grand chef militaire puissent galvaniser les troupes.

Sigeberht refuse de sortir de sa retraite, mais il est contraint par la force de quitter son monastère pour diriger la défense et de se rendre sur le champ de bataille. Il refuse malgré tout de porter les armes, et ne dispose dans la bataille que d’un bâton

Il meurt ainsi au combat, tout comme Ecgric et une grande partie de l’armée est-anglienne qui est largement défaite. Sigeberht accède ainsi au statut de martyr.

L’Église d’Est-Anglie établie par Sigeberht survit pendant 2 siècles, y compris en des temps difficiles, comme lorsque le royaume est attaqué par les troupes de Penda. Elle est dirigée sans interruption par des évêques successifs jusqu’à l’invasion de l’Est-Anglie par la Grande Armée Païenne des Vikings, dans les années 860.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sigeberht of East Anglia »

Notes

[1] Le royaume d’Essex ou royaume des Saxons de l’Est est un royaume anglo-saxon. Compris entre la Stour au nord et la Tamise au sud, il correspond à l’actuel comté d’Essex, mais s’étend également sur le Middlesex avec la ville de Londres et une partie du Surrey, et il domine brièvement une partie du Kent à son apogée. Néanmoins, durant la majeure partie de son existence, le royaume est plutôt soumis à ses voisins plus puissants, qu’il s’agisse du Kent, de l’Est-Anglie ou de la Mercie. Il disparaît en 825, lorsque le Sud-Est de l’Angleterre se soumet à Egbert de Wessex.

[2] Sous les Mérovingiens, le mot Francie est utilisé pour désigner l’ensemble du royaume des Francs incluant donc la Neustrie et l’Austrasie. Sous les premiers Carolingiens, elle continue de désigner l’ensemble des possessions franques à l’exception de l’Italie, puis après le traité de Verdun de 843, chacun des royaumes issus du partage. À partir du 10ème siècle, le mot Francie ne sera appliqué qu’au seul royaume des Francs de l’ouest qui deviendra le royaume de France tout en désignant également une région précise, celle du domaine royal. À l’est, dans le monde germanique, il ne désignera plus que la Franconie et la Lotharingie, régions peuplées de Francs, surtout après le remplacement de la dynastie franque des Carolingiens par la dynastie saxonne des Ottoniens.

[3] L’Est-Anglie, ou royaume des Angles de l’Est, est un royaume anglo-saxon établi au cours du Haut Moyen Âge sur les actuels comtés anglais du Suffolk et du Norfolk. Sa fondation légendaire, vers le milieu du 6ème siècle, aurait été le fait d’envahisseurs germaniques appartenant à la tribu des Angles. Il disparaît comme entité indépendante après les invasions vikings du 9ème siècle, mais le titre de comte d’Est-Anglie continue à être donné au sein du royaume d’Angleterre jusqu’à la fin du 11ème siècle, et la région conserve le nom d’Est-Anglie à ce jour.

[4] Luxeuil-les-Bains est une commune française située dans le département de la Haute-Saône. La cité est connue dès l’époque celtique grâce aux sources d’eaux chaudes. Les thermes ont permis l’installation et le développement de la vie artisanale sur le territoire de Luxeuil. À la fin de l’Antiquité, Luxeuil voit se développer un fort épisode spirituel et intellectuel par Colomban de Luxeuil, qui a évangélisé la ville et la région.

[5] Great Yarmouth, souvent appelée simplement Yarmouth, est une ville côtière du comté de Norfolk en Angleterre, laquelle se trouve à l’embouchure de la Rivière Yare, à environ 30 kilomètres à l’est de Norwich et à 18 kilomètres au nord de Lowestoft. C’est un port de plaisance depuis 1760 et un passage entre les voies navigables de Norfolk Broads et la mer. Pendant plusieurs siècles, Yarmouth dépendit de la pêche au hareng.

[6] La Mercie est l’un des sept royaumes de l’Heptarchie anglo-saxonne, avec Tamworth pour capitale. Entre 600 et 850, la Mercie fit quatorze fois la guerre au Wessex voisin, onze fois aux Gallois, et mena dix-huit campagnes contre d’autres ennemis - encore ne s’agit-il là que des conflits dont nous avons gardé la trace. Elle est fondée par les Angles rassemblés et menés un an auparavant, depuis les côtes marécageuses proches du Wash vers l’actuelle région des Midlands en Angleterre, par Creoda (ou Crida), premier roi connu des Merciens, peut-être en partie légendaire, qui accèda au pouvoir en 585. Ces Midlands (« terres du milieu ») regroupent les comtés actuels de Gloucester, Worcester, Leicester, Northampton, Bedford, Buckingham, Derby, Nottingham, Hereford, Warwick, Chester et Lincoln.