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Henri IV de Sully

jeudi 20 août 2015, par ljallamion

Henri IV de Sully (1282-1336)

Trésorier du royaume-Grand bouteiller de France

Blason de la famille de SullyFils de Henri III de Sully, bouteiller de France sous Philippe III le Hardi. Il épouse Jeanne de Vendôme.

Conseiller de Philippe le Bel à la fin de son règne, Henri de Sully s’attache à son fils cadet le comte Philippe de Poitiers. En 1316, il soutient ce dernier lors de son accession à la régence puis au trône de France en tant que Philippe V. Il est récompensé en recevant la prestigieuse charge de grand bouteiller [1] de France en 1317.

Henri de Sully joue surtout un rôle clef dans l’administration du royaume en devenant grand trésorier, ou « souverain du trésor ». Il commande ainsi tous les fonctionnaires habilités à recevoir des fonds : receveurs, baillis, sénéchaux etc. Il s’entoure à Paris de trois collaborateurs roturiers, Jean Billouart , Gui Florent et Garin de Senlis.

Entre 1317 et 1320, cinq ordonnances successives de Philippe V délimitent le travail des trésoriers qui non seulement encaissent les recettes, mais aussi s’acquittent des dépenses. Tous les mois, Sully établit un état du Trésor remis au roi. Les états en question sont remis chaque année à la Chambre des comptes, créée en 1320, qui procède à leur vérification. Le grand trésorier est également premier président de cette chambre, preuve de sa grande puissance en matière financière.

Plus généralement, l’action de Philippe V et de son conseiller en matière financière tend à bureaucratiser l’administration du royaume.

Henri de Sully joue également un rôle diplomatique important. Il participe ainsi à la réconciliation entre le roi et son cousin Eudes de Bourgogne.

En 1318, il est envoyé en ambassade auprès du pape Jean XXII.

La même année, Sully connaît un important différend avec Béraud de Mercœur, conseiller royal qu’il accuse de trahison. Le roi doit intervenir pour régler la querelle entre les deux hommes.

Philippe V meurt le 3 janvier 1322. Son frère Charles IV lui succède et remplace Sully à la tête du Trésor par un de ses fidèles, Pierre de Rémi . On le retrouve en 1323 dans une ambassade envoyée à Westminster par Charles de Valois, dans le but de marier une de ses filles avec le fils aîné du roi d’Angleterre.

En 1329, Sully réapparaît en devenant gouverneur du royaume de Navarre, au nom du nouveau souverain Philippe d’Évreux. À ce poste, il participe à des tractations diplomatiques dans le but de lancer une croisade contre le royaume de Grenade [2], projet qui n’aboutit pas.

En 1335, la Navarre entre en guerre contre le royaume d’Aragon et le gouverneur de Sully se charge de la mise en défense du petit royaume pyrénéen.

Il meurt en charge en 1336, à cinquante-quatre ans.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Ivan Gobry, Philippe V, Coll. Histoire des rois de France, Paris, Pygmalion, 2010.

Notes

[1] Le grand bouteiller de France était l’un des grands officiers de la couronne de France pendant l’Ancien Régime. Le grand bouteiller était l’héritier du bouteiller du Moyen Âge. Dans le royaume de France sous la dynastie capétienne, le bouteiller perd sa fonction de gestion des approvisionnements de la cour, rôle désormais dévolu à des échansons. Il est désormais chargé d’administrer le vignoble du domaine royal, fonction pour laquelle il perçoit une redevance sur certaines abbayes fondées par le roi. Le bouteiller est alors un des principaux officiers de la cour : il atteste très souvent les chartes royales. À partir du 14ème siècle, le bouteiller porte le titre de Grand bouteiller de France, et la fonction devient purement honorifique. Au 16ème siècle, il est l’un des personnages les plus importants de l’État. Puis, tout comme le grand maître de France, sa charge eut de moins en moins d’importance politique et devint de plus en plus honorifique. La fonction fut supprimée à la Révolution.

[2] Le Royaume de Grenade est la dernière terre arabo-mauresque en Espagne, point final de la Reconquista pour les castillans. Ce royaume, dirigé par les Nasrides à compter de 1238, devient le dernier bastion subsistant d’Al-Andalus sur la péninsule Ibérique, jusque sa cession en 1492. Le territoire correspondant devient l’Andalousie, augmenté des zones de Séville, Cordoue et Gibraltar, dans l’Espagne d’aujourd’hui.