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L’histoire pour le plaisir

Victor Amédée II de Savoie

vendredi 8 mai 2015

Victor Amédée II de Savoie (1666-1732)

Prince de Piémont-Duc de Savoie de 1675 à 1730-Roi de Sicile de 1713 à 1720-Roi de Sardaigne de 1720 à 1730

Né à Turin, fils de Charles-Emmanuel II , duc de Savoie et prince de Piémont, et de Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie , duchesse de Genève [1] et d’Aumale.

Il succède à son père à l’âge de neuf ans sous la régence de sa mère. Sur de vives pressions du roi de France Louis XIV qui les exigeait sous menace de guerre à ses États, le règne de Victor Amédée II commence avec les persécutions contre les Vaudois [2] venus de France s’établir en Piémont.

Il épouse en premières noces à Chambéry, le 6 mai 1684, Anne-Marie d’Orléans fille de Philippe de France, duc d’Orléans et d’ Henriette d’Angleterre .

Bien que marié à une nièce de Louis XIV, Victor Amédée prend part à la Ligue d’Augsbourg contre la France, qui envahit ses États. Battu à la bataille de Staffarda [3] en 1690, il envahit le Dauphiné en 1692, mais à nouveau battu à la Marsaille [4] en 1693, il doit signer avec Louis XIV une paix séparée en 1696.

Allié de la France au début de la guerre de Succession d’Espagne, il se joint à l’Autriche en 1703 à la demande de l’Empereur, mais la plupart de ses États sont occupés par le duc de Vendôme .

En 1706, aidé par son cousin Eugène de Savoie, il détruit l’armée française qui avait mis le siège devant Turin, il libère le Piémont. Il envahit le Dauphiné et la Provence, mais cette invasion restera sans lendemain.

En juillet 1707, il attaque Toulon, bloqué par les Anglais. La flotte française se saborde mais, le 23 août, Les troupes de Victor Amédée II lèvent leur siège. Une nouvelle défaite fait perdre la Savoie à Victor Amédée.

Momentanément brouillé avec l’Autriche en 1709 à qui il reproche de ne pas l’avoir soutenu contre les Français, il garde sa neutralité jusqu’aux traités d’Utrecht [5] en 1713 où il finit par faire libérer son duché de Savoie momentanément occupé par l’armée française, recevant de surcroît une partie du Milanais et le royaume de Sicile, ainsi que la titulature royale. Cette île étant trop éloignée pour qu’il puisse la défendre, il doit l’échanger en 1720 avec l’empereur Charles VI contre le royaume de Sardaigne.

Sous son règne, la Sardaigne connaîtra un gouvernement de type absolu, comme ce fut le cas pour beaucoup de pays d’Europe à cette époque. Victor Amédée adopte un moment les théories gallicanes développées dans la Déclaration des Quatre articles rédigée par Bossuet en 1682, selon lesquelles le pape n’a qu’une autorité spirituelle et ne peut ni juger les rois, ni les déposer. Cette Déclaration est enseignée dans les séminaires des États de Savoie jusqu’à leur condamnation par la papauté.

Il abdique en faveur de son fils le 3 septembre 1730, se retire au château de Chambéry [6], puis tente de reprendre la couronne. Son fils Charles-Emmanuel III , qu’il rencontre à Rivoli en 1731, l’assigne à résidence au château de Moncalieri [7], où il meurt en 1732.

Victor Amédée II a laissé une empreinte importante dans l’architecture de Turin. En 1714, il recrute l’architecte Filippo Juvarra , à qui l’on doit notamment la construction de la basilique de Superga [8] achevée en 1731 et celle du pavillon de chasse de Stupinigi [9], ainsi que la façade du palais Madame [10].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Victor-Amédée II de Savoie/ Portail de la Savoie/ Duc de Savoie/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 1379

Notes

[1] Le comté de Genevois désignait autrefois l’une des principautés du Saint Empire. Son territoire s’étendait aux terres autour de la cité de Genève, correspondant approximativement au canton homonyme et à la province actuelle du Genevois. Le comté est acheté, en 1401, par le comte voisin, Amédée VIII de Savoie.

[2] Le véritable nom des Églises vaudoises, celui qu’elles se donnent elles-mêmes en Piémont, est la Table vaudoise. Elles sont apparues avec les disciples de Pierre Valdo, ou Vaudès, dans les années 1170 dans la paroisse Saint-Nizier, à Lyon.

[3] La bataille de Staffarde (18 août 1690) en Italie est une des batailles les plus sanglantes du conflit qui opposa Louis XIV au duc de Savoie, Victor-Amédée II, qui avait refusé de céder la citadelle de Turin au roi de France en signe de fidélité. Elle se conclut par une victoire française sur la Ligue d’Augsbourg.

[4] La bataille de La Marsaille, ou bataille de Marsaglia, est une bataille victorieuse livrée le 4 octobre 1693 par une armée française commandée par Nicolas de Catinat face à une armée hispano savoyarde commandée par le duc de Savoie Victor Amédée pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg.

[5] Les traités d’Utrecht sont deux traités de paix signés en 1713 qui mirent fin à la guerre de Succession d’Espagne. Le premier fut signé à Utrecht le 11 avril entre le royaume de France et le royaume de Grande-Bretagne, le second fut signé à Utrecht le 13 juillet entre l’Espagne et la Grande-Bretagne.

[6] Le château des ducs de Savoie ou château de Chambéry est un ancien château fort, du 11ème siècle, qui se dresse sur la commune de Chambéry dans le département de la Savoie. Modifié plusieurs fois depuis le 13ème siècle, il a conservé depuis cette date une vocation administrative. La chapelle du château abrita, de 1502 à 1578, le Saint Suaire.

[7] L’actuel implantation du Château de Moncalieri remontant au 17ème siècle est le résultat de l’agrandissement d’un fortin médiéval. Dans la seconde moitié du 15ème siècle, le bâtiment fut choisi comme résidence ducale par Yolande de Valois ; en 1475, il fut théâtre de la signature du traité entre la duchesse, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, et Galeazzo Maria Sforza, duc de Milan. A partir de 1610, Charles-Emmanuel 1er fit commencer les travaux de restauration de l’antique manoir qui continuèrent sous Victor Amédée 1er et Madama Reale Marie Christine de France ; une période de soixante ans fut nécessaire afin que, grâce à l’intervention des architecte Amedeo di Castellamonte, Andrea Costaguta et Carlo Morello, le bâtiment puisse assumer son actuelle configuration. Le château fut la résidence préférée de Victor Amédée II qui y mourut en 1732, après avoir abdiqué en faveur de son fils Charles-Emmanuel III. Sous le règne de ce dernier, la direction des nombreuses interventions de rénovation furent confiées à Benedetto Alfieri ; les embellissements continuèrent encore au temps de Victor-Amédée III (mort à Moncalieri en 1796) avec l’apport créatif de l’architecte Francesco Martinez de Messine.

[8] La basilique de Superga est une basilique mineure de Turin, œuvre de l’architecte baroque italien Filippo Juvarra. La basilique de Superga est située sur une colline, à une dizaine de kilomètres du centre de Turin. Bâtie sur une terrasse artificielle à l’altitude de 670 mètres, elle offre une vue panoramique sur la ville et sur les Alpes. Un chemin de fer à crémaillère permet d’y accéder.

[9] Le pavillon de chasse de Stupinigi, voulue par le roi Victor-Amédée II de Savoie, est un des deux chefs-d’œuvre baroques de l’architecte Filippo Juvarra, qui fait partie de l’ensemble des résidences royales de la maison de Savoie en Piémont. Ce pavillon de chasse est situé sur le territoire de Stupinigi frazione de Nichelino -anciennement Suppunicum, dans le sud-ouest proche de Turin et héberge aujourd’hui le Musée d’art et d’ameublement.

[10] Le palais Madame est un palais situé à Turin, au Piémont dont la façade baroque révèle certains traits des préoccupations urbanistiques de la première moitié du 18ème siècle en Europe, à savoir l’embellissement des édifices existants, la création de perspectives dans la ville et une volonté d’ostentation. En 1637, la régente du duc Charles-Emmanuel II, Christine de France, le choisit comme sa résidence personnelle. Elle commande la couverture de la cour et une amélioration des appartements intérieurs. Soixante ans après, une autre régente, Marie Jeanne Baptiste de Savoie, vit dans le palais, conférant ainsi définitivement le surnom de Madame. Elle commande un palais baroque en pierre blanche à l’architecte Filippo Juvarra, mais les travaux se limiteront à la façade, construite entre 1718 et 1721, plaquée sur l’édifice médiéval.