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Horus

samedi 13 août 2022, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 12 décembre 2014).

Horus

Divinités égyptiennes

Horus, une ancienne divinité à tête de faucon égyptienLe culte d’Horus remonte sans doute à la préhistoire, car la liste royale du Canon royal de Turin [1] qualifie de “Suivants d’Horus” les rois légendaires qui gouvernèrent l’Égypte après le règne des dieux.

Horus est un dieu à multiples facettes, au point qu’on s’est demandé si le nom ne désigne pas en fait des divinités distinctes.

Il est le faucon céleste dont l’œil droit est le soleil et l’œil gauche la lune. Quand la lune et le soleil sont absents du ciel on dit que Horus est aveugle. C’est sous cet aspect qu’il recevait un culte à Nekhen [2], l’Hiérakonpolis grecque [3].

À Héliopolis [4], il était vénéré en tant que Horakhty, l’Horus de l’Horizon, concurremment avec . En tant que tel, il était à la fois le soleil du matin et le soleil du soir.

Dans le mythe osirien enfin, Horus est le fils d’Osiris et d’ Isis . Osiris, assassiné par son frère Seth, est ramené à la vie, le temps d’une union, grâce aux efforts conjugués d’Isis et de Nephtys . C’est de cette union miraculeuse que naît Horus l’Enfant, que les Grecs appelleront “Harpocrate”, ou “Harsiési”s, “Horus fils d’Isis”.

Pour venger la mort de son père Osiris, Horus affronte son oncle Seth, il gagne le combat et reçoit le trône d’Égypte en héritage.

Il est par-là même le premier des pharaons après son père. Cependant, sa légitimité sera sans cesse contestée par Seth.

À l’opposé donc de Seth, qui représente la violence et le chaos, Horus pour sa part incarne l’ordre et, tout comme pharaon, il est l’un des garants de l’harmonie universelle. Cependant, il ne faut pas réduire la théologie complexe des Égyptiens à une conception manichéenne du Bien et du Mal, car, dans un autre mythe, Seth est l’auxiliaire indispensable de Rê dans son combat nocturne contre le serpent Apophis .

Sous les 3 premières dynasties, le nom d’Horus s’inscrivait dans un rectangle surmonté de l’oiseau sacré, le serekh [5], dont le registre inférieur représente la façade stylisée du palais royal.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Annie Forgeau, Horus-fils-d’Isis. La jeunesse d’un dieu, Le Caire, IFAO,‎ 2010,

Notes

[1] Le Canon royal de Turin, qui de par son importance est appelé couramment papyrus de Turin, est un papyrus écrit en hiératique. Il est exposé au musée égyptologique de Turin. La face avant du papyrus donne des listes de noms de personnes et d’institutions avec ce qui semble être une taxe ou un impôt pour chaque évaluation. Le verso mentionne une liste de dieux et de demi-dieux et les noms et années de règne de plus de 300 rois et pharaons, depuis le règne des dieux jusqu’aux débuts de la XVIIIème dynastie. Le texte date des débuts de l’époque ramesside car le dernier pharaon à y figurer est Mérenptah, fils et successeur de Ramsès II.

[2] L’ancienne Nekhen se situait dans le 3ème nome de Haute Égypte, le nome « de la Forteresse » ou « Le Rural » ou « les deux plumes », à environ 100 km au nord d’Assouan. La cité était le pendant de la ville de Bouto en Basse Égypte.

[3] Hiérakonpolis est le nom donné par les Grecs à 2 villes d’Égypte où l’on adorait le dieu faucon Horus dès l’époque préhistorique. L’ancienne Nekhen se situait dans le 3ème nome de Haute Égypte, le nome « de la Forteresse » ou « Le Rural » ou « les deux plumes », à environ 100 km au nord d’Assouan. La cité était le pendant de la ville de Bouto en Basse Égypte.

[4] Héliopolis (la ville du Soleil, aujourd’hui arabe Aîn-ech-Chams) est le nom donné par les Grecs à la ville antique de Onou ou Onou-Iounou dans le delta du Nil. Elle était la capitale du treizième nome de Basse Égypte. Les premières constructions datent du 22ème siècle avant notre ère.

[5] Les origines du serekh remontent à l’époque protodynastique et il sera utilisé jusqu’à l’Ancien Empire. Ainsi, les noms des rois de la Dynastie égyptienne zéro sont inscrits dans un serekh. Le serekh, en hiéroglyphes, se présente comme un rectangle entourant le nom hiéroglyphique du roi, surmonté d’un faucon (symbole du dieu Horus) et placé au-dessus de la façade du palais royal. Le rectangle pourrait figurer un plan de ce même palais. Ce qui accréditerait la thèse qui voit dans le serekh, à l’instar du cartouche, une protection du nom du roi, contre les forces négatives.