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L’histoire pour le plaisir

Jérôme Le Royer

lundi 7 avril 2014

Jérôme Le Royer (1597-1659)

Sieur de La Dauversière

Né en Anjou, à La Flèche. Il est le fondateur de la congrégation des religieuses hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche en 1636 et l’instigateur de la fondation de Ville Marie, la future Montréal.

Issu d’une famille originaire de Bretagne, fils de Jérôme Le Royer et de Renée Oudin, il tire son nom du petit fief de la Dauversière, acquis par son arrière-grand-père et situé à une quinzaine de kilomètres de La Flèche. Aîné d’une fratrie de3 enfants, il reçoit une éducation très pieuse et dès son plus jeune âge, ses parents lui inculquent un profond attachement à la Sainte Vierge.

En 1608, il est admis au Collège royal de La Flèche [1], tenu par les Jésuites. C’est là, au contact du père missionnaire Énemond Massé , qui a séjourné en Nouvelle-France de 1611 à 1613, que Jérôme Le Royer de La Dauversière s’intéresse pour la première fois aux affaires canadiennes. Il fréquente le Collège jusqu’en 1617. Il succède ensuite à son père dans la charge de receveur de tailles de l’élection de La Flèche, avant d’être nommé échevin de la cité quelques années plus tard. Homme de foi, congréganiste de la Sainte Vierge, il épouse Jeanne de Baugé avec laquelle il aura 5 enfants.

Le 2 février 1630, après la messe de la Purification et alors qu’il prie devant la statue de Notre Dame du Chef du Pont de l’ancienne chapelle du château des Carmes, il se sent appelé à fonder une congrégation religieuse hospitalière au service des pauvres et des malades et à établir un Hôtel-Dieu sur l’île de Montréal, en Nouvelle-France. Il confie cette révélation à un jésuite, le Père Chauveau, qui le dissuade dans un premier temps de donner suite à ce projet.

Devenu administrateur de la vieille aumônerie qui servait d’hôpital de la ville en 1632, il rencontre Marie de La Ferre , avec qui il fonde, en 1636, la congrégation des Hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche. Il fait entreprendre la rénovation des bâtiments de la vieille aumônerie pour en faire un véritable Hôtel-Dieu. Marie de La Ferre en devient la première Supérieure. Un des premiers bienfaiteurs de la congrégation est Pierre Chevrier , baron de Fancamp et ami de Jérôme Le Royer, qui donne 20 000 livres pour la construction de l’Hôtel-Dieu.

Sur les sollicitations du Père Chauveau et afin de prendre conseil au sujet de l’établissement d’une colonie sur l’île de Montréal, Jérôme Le Royer se rend à Paris, où il rencontre le père jésuite Charles Lalemant , ancien supérieur en Nouvelle-France, puis auprès du chancelier Pierre Séguier au château de Meudon.

C’est là qu’il fait la connaissance, en 1639, du cousin du chancelier, l’abbé Jean-Jacques Olier. Les 2 hommes, animés par le même désir d’évangélisation des peuples amérindiens, décident la création d’une société d’associés, la Société Notre-dame de Montréal. Jérôme Le Royer et ses associés font l’acquisition de l’île de Montréal, qui appartenait alors à l’intendant du Dauphiné et conseiller d’état Jean de Lauzon. Le contrat de cession est signé à Vienne le 7 août 1640. Le Royer ne devient propriétaire de Montréal que le 17 décembre, après que les administrateurs de la Compagnie de la Nouvelle-France ont signé l’acte de transfert de l’île. Dans le même temps, Le Royer et Fancamp commencent les préparatifs de l’expédition canadienne et les associés de Montréal reçoivent quelques soutiens financiers, notamment celui de Gaston de Renty, membre de la compagnie du Saint-Sacrement. Le 27 février 1642, en la cathédrale Notre-dame de Paris, les Associés choisissent de nommer « Ville Marie », en l’honneur de la Sainte Vierge, la colonie qu’ils projettent d’établir sur l’île de Montréal.

Sur les conseils du père Charles Lalemant, Jérôme Le Royer confie le gouvernement civil et militaire de la future colonie à Paul Chomedey de Maisonneuve. Au mois de juin 1641, Le Royer et Maisonneuve réunissent à La Rochelle la première recrue, composée de 37 hommes, destinée à la fondation de Ville Marie. À ce premier groupe de colons se joint Jeanne Mance, une jeune infirmière de Langres ayant reçu le soutien financier d’une dame de la Cour, Madame de Bullion. Quelques mois plus tard, les colons atteignent la Nouvelle-France, puis passent l’hiver à Québec, avant de remonter le fleuve Saint-Laurent à partir du mois de mai. Ils débarquent sur l’île de Montréal le 18 mai 1642, date de la fondation de Ville Marie. Malgré les difficultés matérielles et l’opposition violente des populations locales, notamment les Iroquois, le projet prend corps peu à peu. Resté en France, Jérôme Le Royer de La Dauversière travaille avec acharnement à réunir les fonds nécessaires et à recruter les colons qui rejoignent la Nouvelle-France chaque année par petits groupes. En 1653, à l’initiative de Le Royer et Maisonneuve, de retour en France, une importante recrue de 153 hommes, venus de La Flèche et de ses environs, est constituée pour se rendre à Montréal et assurer la pérennité de la colonie. Ils s’embarquent au Port-Luneau, à La Flèche, avant de rejoindre Nantes, La Rochelle puis la Nouvelle-France.

De 1648 à 1650, Jérôme Le Royer travaille à l’expansion des hospitalières de Saint-Joseph. Il fonde ainsi un Hôtel-Dieu à Laval, puis un autre à Moulins.

En 1659, après le retour en France de Jeanne Mance pour recruter des religieuses qui prendront la responsabilité de l’Hôtel-Dieu de Montréal, Jérôme Le Royer conduit au port de La Rochelle trois hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche, Judith Moreau de Brésoles, Catherine Macé et Marie Maillet.

Toutes 3 s’embarquent le 29 juin, en compagnie de plusieurs colons, en direction de Montréal.

Après leur départ, Jérôme Le Royer de La Dauversière rentre à La Flèche, où il meurt quelques mois plus tard, le 6 novembre 1659

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jérôme Le Royer, sieur de La Dauversière/ Portail de Montréal/ Personnalité française

Notes

[1] Le collège Henri-IV était un collège jésuite situé à La Flèche, dans le département français de la Sarthe. Fondé en 1603 par Henri IV, peu après le rappel en France par le roi de la Compagnie de Jésus, le collège prospère et atteint rapidement plus de 1 000 élèves qui suivent le programme d’études défini dans le Ratio Studiorum. Certains d’entre eux deviendront célèbres, à l’image du philosophe René Descartes. Après l’expulsion des Jésuites de France, en 1762, les établissements se succèdent au sein des bâtiments du collège. Napoléon 1er décide finalement d’y installer le Prytanée national militaire en 1808, devenu depuis l’un des 6 lycées de la défense française.