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Abraham Fabert d’Esternay

samedi 16 janvier 2021 (Date de rédaction antérieure : 6 novembre 2012).

Abraham Fabert d’Esternay (1599-1662)

Lieutenant général en 1650-Gouverneur de l’ancienne principauté de Sedan en 1641-Maréchal de France en 1658

Abraham de Fabert d'Esternay, maréchal de France (1599-1662) (huile sur panneau, musée Condé château de Chantilly (Oise))Né à Metz [1], fils de Abraham Fabert, premier du nom, imprimeur juré de la cité de Metz, commissaire de l’artillerie au gouvernement de Metz et 5 fois maître échevin de Metz.

Il entre à 14 ans dans la carrière militaire. Il se distingue en 1627 comme major au siège de La Rochelle [2], contribua en 1629 à la prise de Suse [3] qu’assiégeait Louis XIII en personne, dirigea le siège de Chivas en Savoie, et bat l’armée du prince Thomas qui cherchait à débloquer la place. Promu au grade de capitaine des Gardes-françaises, il se signala de nouveau, notamment au siège d’Arras en 1640 [4], à la bataille de la Marfée en 1641 [5], et aux sièges de Collioure [6] et de Perpignan en 1642. En 1654, il dirige sous les yeux de Louis XIV le siège de Stenay, et force cette place à capituler. Il reçoit le bâton de maréchal de France [7] le 28 juin 1658, c’est le 1er roturier à être élevé à cette dignité. Une délégation vient tout exprès de Metz lui porter les félicitations de sa ville natale et celui qui prononça le discours, le grand archidiacre de Metz, n’était autre que Bossuet.

Le 10 mai 1662 il est atteint de pneumonie et, dès le 16 mai, il réclama lui-même les derniers sacrements dans la ville de Sedan [8] dont il était gouverneur.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Fadi El Hage, Abraham Fabert. Du clientélisme au maréchalat (1599-1662), Paris, L’Harmattan, 2016

Notes

[1] Metz est une commune française située dans le département de la Moselle, en Lorraine. Préfecture de département. Metz et ses alentours, qui faisaient partie des Trois-Évêchés de 1552 à 1790, se trouvaient enclavés entre la Lorraine ducale et le duché de Bar jusqu’en 1766.

[2] Le siège de La Rochelle, ordonné par Louis XIII et commandé par le cardinal de Richelieu, principal ministre du roi, commence le 10 septembre 1627 et se termine par la capitulation de la cité, le 28 octobre 1628.

[3] Suse est une commune italienne de la ville métropolitaine de Turin, dans le Piémont. La ville, en position centrale de la vallée homonyme, s’est développée sur l’un des axes majeurs reliant la péninsule italienne à la Gaule. Elle possède un patrimoine important lié à son histoire. Ainsi, durant l’antiquité, elle fut la capitale d’un royaume, dont l’un des rois, Marcus Julius Cottius, deviendra empereur. C’est le point de départ de la voie Domitienne et de la voie des Alpes, mais aussi une halte de l’Itinerarium Burdigalense ou d’une variante de la via Francigena. Vers la fin de la première moitié du 11ème siècle, la cité et la vallée entre en partie dans le giron des comtes de Savoie à la suite du mariage de la margrave Adélaïde de Suse avec l’héritier des Humbertiens. Le château devient l’un des centres du pouvoir de la principauté. En 1629, pendant la guerre de Succession de Mantoue, la ville est prise par les troupes françaises après leur victoire au pas de Suse. Cela se soldera par le Traité de Suse.

[4] Le siège d’Arras est un épisode de la guerre de Trente Ans qui débuta le 13 juin et mena à la prise de possession de la ville d’Arras par les troupes françaises le 9 août 1640.

[5] La bataille de la Marfée est une bataille qui a eu lieu sur les hauteurs de Sedan, le 6 juillet 1641, entre le royaume de France et la principauté de Sedan, alliée au Saint Empire et aux Pays-Bas Espagnols. Les chefs des deux armées sont respectivement Gaspard de Coligny, maréchal de Châtillon pour la France, et le prince Frédéric-Maurice de La Tour d’Auvergne pour la principauté de Sedan.

[6] Collioure est une commune française située sur le littoral méditerranéen du département des Pyrénées-Orientales. En 1642, la ville est prise par les armées de Louis XIII, avant d’être annexée officiellement à la France en 1659 par le traité des Pyrénées sous Louis XIV.

[7] Depuis la création du titre, en 1185, il y a eu 342 maréchaux de France. L’office de maréchal n’est devenu militaire que depuis le début du 13ème siècle. À son origine, le maréchal de France n’a qu’un rôle d’intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du 13ème siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en 1185. Après l’abolition de l’office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l’armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu’il confie au plus prestigieux de ses maréchaux. Outre leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l’ordre dans les campagnes, par l’intermédiaire des prévôts des maréchaux, d’où l’appellation de « maréchaussée » donnée à l’ancêtre de la gendarmerie. Jusqu’en 1793, date de l’abolition de cette charge, il y eut 263 maréchaux de France.

[8] Sedan est une commune française située dans le département des Ardennes. La ville de Sedan se développe autour du château fort bâti par Évrard III de La Marck à partir de la fin des années 1420. Le château ne cessera d’être perfectionné et agrandi au cours des siècles suivants et en particulier par Jean Errard. Les seigneurs de La Marck sont reconnus seigneurs souverains de Sedan par le roi de France Henri II, en 1549, sous Henri-Robert de La Marck qui choisit la religion protestante. Pour prix de cette reconnaissance de souveraineté du prince sur ses terres, le prince devait au roi assistance en cas de guerre, ne pas prendre parti contre ses intérêts et lui ouvrir les places fortes s’il en faisait la demande. En échange le roi lui accordait sa protection et payait une partie des fortifications. Pendant les guerres de Religion, de nombreux protestants sont accueillis dans la Principauté de Sedan, intellectuels, avocats, artisans, ils sont la source de la prospérité de la ville. L’académie de Sedan attire professeurs et élèves. Le Prince de Sedan bat sa monnaie, contrôle une manufacture d’armes. En 1611, Jean Jannon, graveur de caractères et imprimeur-éditeur, est en activité à Sedan. Bernard Palissy invente le procédé de fabrication de ses émaux à Sedan. Les horlogers Forfaict participent à cette richesse. La dentelle point de Sedan est alors très recherchée. Henri de La Tour d’Auvergne devient duc de Bouillon en épousant, en 1591, la dernière héritière des La Marck, Charlotte de La Marck. Prince bâtisseur, il développe la ville et les fortifications urbaines. La principauté est rattachée à la France le 29 septembre 1642, après la bataille de la Marfée puis la prise de la ville par le Roi le 1er août 1641, après quelques jours de siège. Puis vint le complot de Cinq-Mars contre Richelieu. En effet, le prince Frédéric Maurice de La Tour d’Auvergne-Bouillon a participé à ce complot. Il obtient la vie sauve en échange de la Principauté. Abraham de Fabert d’Esternay est gouverneur de Sedan de 1642 à 1662.

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