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Petrus Damianus dit Pierre Damien

dimanche 3 juillet 2016 (Date de rédaction antérieure : 24 novembre 2011).

Petrus Damianus dit Pierre Damien (vers 1007-1072)

Évêque puis cardinal

Selon la tradition, il est né dans une famille noble désargentée. Placé sous la garde de l’un de ses frères, il devint porcher. Il fut ensuite recueilli par un autre de ses frères, archiprêtre de Ravenne, qui le plaça à l’école. En signe de gratitude, il accola alors à son prénom celui de son frère, Damien. L’enfant accomplit des progrès rapides, au point d’aller à l’université, d’abord à Ravenne, puis à Faenza, puis à Parme. Il devint lui-même professeur de rhétorique.

Devenu adulte, il se découvre une vocation d’ermite et se retire en 1035 à Fonte Avellana [1], fondé quelques années plus tôt par Romuald de Ravenne, fondateur des camaldules [2]. Il rédigera par la suite une Vita Romualdi en 1042. Il se distingua alors par la rigueur des pénitences qu’il s’infligeait. En 1043, il devint le prieur du monastère. Il s’engagea avec vigueur dans le mouvement de réforme promu par les papes, notamment Grégoire VII. Il devint célèbre pour la vigueur de ses sermons contre la simonie [3] et le nicolaïsme [4]. En 1051, il rédigea le “Livre de Gomorrhe”, où il dénonçait les vices du clergé et en particulier les prêtres homosexuels, dont il exige le renvoi de l’Église. Léon IX refuse toutefois d’accéder à sa requête, ce qui poussa Pierre Damien à écrire une lettre de protestation. Il se montra également opposé à la réordination des prêtres hérétiques.

Il prit part à de nombreux synodes. En 1058, il fut élevé à la dignité de cardinal évêque d’Ostie par Étienne IX. À la mort de ce dernier, il prend parti contre l’antipape Benoît X. Il fut ensuite contraint de retourner à son ermitage. En 1059, il fut envoyé comme légat dans l’archevêché de Milan, où régnait la simonie et où la plupart des prêtres étaient mariés. Avec l’aide des Patarins [5], il rétablit l’ordre et obtint la soumission de l’archevêque et du clergé local. Il prit part à la condamnation de Bérenger de Tours, opposé à la transsubstantiation [6]. Au 3ème synode du Latran, il fait adopter le canon interdisant aux fidèles d’entendre la messe d’un prêtre marié ou concubin.

En 1072, il est pris de fièvre au retour d’un voyage à Ravenne. Il meurt au monastère de Sainte-Marie des Anges [7].

Son œuvre consiste surtout en une imposante correspondance,158 lettres et des sermons, 75. Il est également l’auteur d’hagiographies [8] et de traités.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de PIERRE DAMIEN/ Encyclopædia Universalis

Notes

[1] Le monastère de la Sainte-Croix de Fonte Avellana (ou Ermitage de la Sainte-Croix), sis à Serra Sant’Abbondio dans la province de Pesaro et d’Urbino (Marches), en Italie, est une fondation monastique camaldule remontant au 10ème siècle. Devenue abbaye en 1325 le monastère connut un déclin et fut supprimé au début du 19ème siècle, mais reprit vie avec les moines ermites camaldules le réoccupant en 1935 et y rétablissant l’office divin. Elle est toujours « abbaye vivante ».

[2] L’ordre Camaldule ou ordre des Camaldules est un ordre religieux d’inspiration bénédictine fondé par saint Romuald de Ravenne en 1012 à Camaldoli, frazione de Poppi, dans la haute vallée de l’Arno en Toscane (Italie), sous la règle de saint Benoît. Les moines camaldules allient la vie commune de travail et de l’office bénédictin à l’érémitisme. Ils portent l’habit blanc et la barbe pleine.

[3] La simonie est, pour les catholiques, l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d’un sacrement et, par conséquent, d’une charge ecclésiastique.

[4] Le nicolaïsme désigne, dans le christianisme, et particulièrement dans l’Église latine du Moyen Âge, l’incontinence sexuelle des clercs astreints au célibat : mariage, concubinage, etc.

[5] partisans du célibat des clercs

[6] La transsubstantiation est, littéralement, la conversion d’une substance en une autre. Le terme désigne, pour certains chrétiens (en particulier les catholiques), la conversion du pain et du vin en Corps et Sang du Christ lors de l’Eucharistie.

[7] Le couvent Sainte-Marie-des-Anges est un ancien couvent de Florence, situé sur la via degli Alfani. Ayant été un des plus importants et des plus riches de Florence, il comprend d’importantes créations architecturales et picturales du 17ème siècle s’inspirant de la Renaissance italienne. Supprimé comme les autres lieux des ordres monastiques par Napoléon en 1808, sa destination devient communale. Ses bâtiments hébergent aujourd’hui la Faculté de Lettres et de Philosophie de l’Université de Florence.

[8] L’hagiographie est l’écriture de la vie et / ou de l’œuvre des saints. Pour un texte particulier, on ne parle que rarement d’« une hagiographie » (sauf dans le sens figuré), mais plutôt d’un texte hagiographique ou tout simplement d’une vie de saint. Le texte hagiographique étant destiné à être lu, soit lors de l’office des moines soit en public dans le cadre de la prédication, on lui donne souvent le nom de légende (du latin legenda, « ce qui doit être lu », terme utilisé dans son acception la plus littérale et non dans son sens péjoratif actuel de récit dépourvu de tout enracinement dans l’histoire événementielle). Un texte hagiographique recouvre plusieurs genres littéraires ou artistiques parmi lesquels on compte en premier lieu la vita, c’est-à-dire le récit biographique de la vie du saint. Une fresque à épisode est également une hagiographie, de même qu’une simple notice résumant la vie du bienheureux. Par rapport à une biographie, l’hagiographie est un genre littéraire qui veut mettre en avant le caractère de sainteté du personnage dont on raconte la vie.