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Romuald de Ravenne dit saint Romuald

dimanche 21 février 2021 (Date de rédaction antérieure : 12 novembre 2011).

Romuald de Ravenne dit saint Romuald (951-1027)

Moine ermite

Fondateur de l’ordre des Camaldules [1], il naquit dans la famille des Onesti, ducs de Ravenne [2] et grandit dans le confort oriental, le goût des plaisirs, la vie facile de son milieu aristocrate.

Profondément troublé par le meurtre d’un parent commis en duel par son père, le duc Serge de Ravenne, il se retira du monde pour faire pénitence en son nom. Il prit l’habit bénédictin dans le monastère d’Appolinaire-in-Classe [3] où il resta pendant 3 ans. Là, des religieux jaloux de sa conduire exemplaire complotèrent de le faire mourir. Averti par un des complices, il se retira dans la solitude, non loin de Venise [4], auprès d’un ermite nommé Marin et y passa 3 ans.

En 978, Romuald et Marin accompagnèrent en France le doge de Venise [5] Pietro Orseolo . Il vécut dans la solitude, près de l’abbaye Saint Michel de Cuxa [6]. Romuald apprenant que son père, qui s’était fait religieux, songeait à retourner dans le monde, voulut alors quitter Cuxa pour retourner en Italie afin de l’en dissuader.

Apprenant le départ prochain de Romuald, les habitants qui le considéraient déjà comme saint, prirent la décision de le faire assassiner, afin de garder son corps près d’eux. Romuald se doutant du funeste dessein qu’on lui réservait se fit sur l’instant passer pour fou et les protagonistes de son assassinat ne voyant plus en lui qu’un être dénué de raison, le laissèrent partir.

L’autorité que lui donnait une vie personnelle de grande austérité et pénitence l’aida à réformer de nombreux monastères (Italie, France, Hongrie, Pologne etc), réintroduisant le modèle cénobitique oriental qui alliait solitude personnelle et célébrations liturgiques communes. Cet idéal se concrétisa plus particulièrement dans sa fondation en 1012 à Camaldoli, en Toscane [7] d’où le nom de Camaldules, d’un monastère d’un type nouveau où la vie commune alliant travail et office divin se conjuguait avec l’érémitisme. Les moines y abandonnèrent l’habit noir pour l’habit blanc et portèrent la barbe pleine. Bien d’autres monastères camaldules verront le jour à travers l’Europe du vivant de Romuald et plus tard à travers le monde.

Les plus grands, les plus puissants, lui rendaient visite, lui demandaient conseil, se confiaient à lui et se convertissaient, se dépouillant de toutes leurs richesses pour marcher dans les pas de leur guide. Il refusait systématiquement titres et honneurs, allant parfois jusqu’à simuler la folie pour s’en dégager et conserver une vie ascétique.

Il meurt au monastère de Val di Castro le 19 juin 1027. Son tombeau attira les pèlerins et des miracles s’y produisirent. Il fut canonisé en 1595 par le pape Clément VIII.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Romuald de Ravenne/ Portail de l’Italie/ Catégories : Moine du 10ème siècle/ Bénédictin/ Camaldule/ Fondateur d’ordre

Notes

[1] L’ordre camaldule ou ordre des Camaldules est un ordre monastique bénédictin de droit pontifical fondé par saint Romuald de Ravenne en 1012 à Camaldoli, frazione de Poppi, dans la haute vallée de l’Arno en Toscane (Italie), sous la règle de saint Benoît. Les moines camaldules allient la vie commune de travail et de l’office bénédictin à l’érémitisme. Ils portent l’habit blanc et la barbe pleine.

[2] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.

[3] La basilique Saint-Apollinaire in Classe est une basilique du 6ème siècle située à Classis, ancien port antique de Ravenne, aujourd’hui ensablé. Elle fait partie des plus belles églises primitives à plan basilical qui nous soit parvenue si bien conservée. Tout comme la Basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf dans la même ville, elle nous donne une bonne idée de ce que pouvait être la physionomie des églises de l’Antiquité tardive et du Haut Moyen Âge. Elle possède également un superbe ensemble de mosaïques byzantines du 6ème siècle.

[4] Venise est une ville portuaire du nord-est de l’Italie, sur les rives de la mer Adriatique. Elle s’étend sur un ensemble de 121 petites îles séparées par un réseau de canaux et reliées par 435 ponts. Située au large de la lagune vénète, entre les estuaires du Pô et du Piave, Venise est renommée pour cette particularité, ainsi que pour son architecture et son patrimoine culturel

[5] Le doge de Venise était le magistrat en chef et le dirigeant de la république de Venise entre 726 et 1797. Les doges étaient élus à vie par l’aristocratie de la cité-État. Il incarne de manière symbolique le bon fonctionnement de l’État.

[6] L’abbaye de Saint-Michel de Cuxa est un monastère bénédictin situé au pied du Canigou, sur la commune de Codalet dans les Pyrénées-Orientales. Il fait partie de la province espagnole de la congrégation de Subiaco (confédération bénédictine).

[7] La Toscane, dirigée d’abord par des margraves et des marquis aux 9ème et 10ème siècles, devint un ensemble de cité-États à statut républicain-oligarchique. Au 15ème siècle, avec Cosme de Médicis, elle est progressivement réunifiée dans une seule entité politique et passe entre les mains de la famille des Médicis, l’une des plus puissantes durant la Renaissance. Cette famille a gouverné la Toscane du 15ème au 18ème siècle.