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Audoneus dit saint Ouen

mercredi 2 mars 2016 (Date de rédaction antérieure : 11 septembre 2011).

Audoneus dit saint Ouen (609-686)

Son père Autharius et sa mère Aiga sont gallo-romains. Peu après sa naissance, ils s’établissent à Ussy-sur-Marne [1] où la tradition associe son enfance à des évènements merveilleux. Envoyé par la suite à l’abbaye de Saint Médard [2], il reçoit une éducation qui lui permet d’entrer à la cour du roi Clotaire II peu avant la mort de ce dernier.

Son successeur Dagobert 1er fait de lui son chancelier et tire profit de ses enseignements. Il le charge de missions importantes.

Il fait la connaissance de saint Éloi, orfèvre trésorier à la cour du roi. Ils servent ensemble de leur mieux le roi Dagobert malgré ses travers. À la mort du roi ils se considèrent dégagés de leurs devoirs séculiers et quittent la cour pour s’atteler aux études théologiques.

Il fut ordonné prêtre par Dieudonné, évêque de Mâcon, et fonda en 634 l’abbaye de Rebais [3]. Ses vertus et sa grande habileté le font remarquer pour le siège de l’archevêché de Rouen laissé vacant à la mort de saint Romain. Elu en 639, il est consacré à Rouen le 21 mai 640 avec son ami saint Éloi qui devient évêque de Noyon [4]. Le diocèse de Rouen est transformé sous son administration qui fait disparaître le paganisme, il fonde de nombreux monastères et développe les études théologiques.

Il redevient occasionnellement un homme d’État à la demande de Ebroïn maire du palais [5] pour régler ses différends avec l’aristocratie. À la mort d’Ebroïn, il rejoint Cologne à l’invitation de Thierry III pour restaurer la paix entre Neustrie [6] et Austrasie [7].

Il tombe malade peu après et succombe au palais de Clichy. Sa dépouille est transportée à Rouen et enterrée à l’abbaye de Saint-pierre qui prend alors son nom.

Saint Ouen, qui survécut à saint Eloi, écrivit la Vie de son ami. Cette biographie est un des monuments historiques du 7ème siècle, elle contient de précieuses informations sur la morale et l’éducation religieuses de l’époque.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Olivier Petit, Rouen Tome 1 : De Rotomagus à Rollon, Éditions Petit à Petit, 2015

Notes

[1] Ussy-sur-Marne est une commune française, située dans le département de Seine-et-Marne

[2] L’Abbaye Saint-Médard était un monastère bénédictin de Soissons dont la fondation remontait au vie siècle. Cette abbaye fut fondée en 557 par le roi des Francs Clothaire 1er, pour y recevoir les reliques de St. Médard. Les restes de Médard furent provisoirement abrités dans un mausolée en bois. Clothaire mourut avant le parachèvement des travaux, et c’est son fils Sigebert qui inaugura l’église et la fit décorer. Les deux bâtisseurs Mérovingiens furent inhumés dans cette église

[3] Dans les années 630, Dadon (saint Ouen) fonde le monastère de Rebais, sur les terres de chasse du roi Dagobert 1er, près d’un torrent nommé Resbac. Il en confie la charge à Saint Aile (ou saint Agile), fils d’Arnoald, membre de la cour de Childebert II. La ville devient alors le siège de l’abbaye Saint-Pierre de Resbacum.

[4] En 531, saint Médard y déplace le siège de l’évêché de la civitas Viromanduorum. À l’époque mérovingienne, l’évêché de Noyon bénéficie de sa proximité avec Soissons, qui fut l’une des capitales du royaume franc et des palais voisins. Né en Limousin vers 588, l’orfèvre Éloi devint monétaire de Clotaire II, puis trésorier de Dagobert 1er avant d’être élu évêque de Noyon en 641. Fondateur de monastères à Solignac et à Paris, il accueillit sainte Godeberthe comme moniale à Noyon.

[5] A l’origine intendant général, chargé de diriger les services politiques et domestiques de la maison du roi, le maire du palais apparaît, dès le milieu du 7ème siècle, comme le personnage principal de l’Etat. C’est lui, de fait, qui exerce la réalité du pouvoir.

[6] Royaume franc qui couvrait le nord-ouest de la France actuelle, et avait pour capitale Soissons. Néanmoins, il semble que le terme de Neustrie ne soit apparu qu’un siècle après la création du royaume. La Neustrie avait été créée lors du partage qui suivit la mort de Clovis 1er, en 511, et revint à Clotaire 1er, qui, au terme de son long règne de 50 ans, avait réussi à reconstituer le royaume de son père. Elle fut le 2ème grand royaume franc né lors des partages successoraux mérovingiens à partir des territoires conquis sur Syagrius. Son aire géographique était limitée par la Loire au sud, l’océan Atlantique et la Basse-Bretagne à l’ouest, et la Champagne à l’est. Elle s’étendait jusqu’en Flandre au nord.

[7] L’Austrasie désignait durant la période mérovingienne un royaume franc couvrant le nord-est de la France actuelle, les bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu’aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d’abord Reims, puis Metz. Les habitants de l’Austrasie étaient les Austrasiens. Ce royaume est apparu à la mort de Clovis en 511, lorsque le territoire de celui-ci est partagé entre ses fils. Berceau de la dynastie carolingienne, l’Austrasie disparaît en 751 avec le dernier roi mérovingien pour être intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne.