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Andronic II Paléologue

vendredi 24 juin 2022, par ljallamion

Andronic II Paléologue (1259-1332)

Empereur byzantin du 11 décembre 1282 au 23 mai 1328

Fils de Michel VIII Paléologue et de Théodora Vatatzès .

Il hérite d’un empire restauré à la suite de la reprise de Constantinople [1] par son père face aux croisés en 1261. Toutefois, malgré cet important succès, Michel VIII n’a pas eu les moyens de rétablir l’empire dans ses anciennes frontières et Andronic devient empereur d’un État épuisé par la politique extérieure de son père.

En effet, Byzance [2] doit faire face à de nombreuses menaces sur ses différentes frontières et Andronic est en présence de nombreux défis, à la fois internes et externes. Souvent dénigré, car son règne marque le début d’un déclin inéluctable, Andronic n’a pas les moyens de surmonter tous les défis qui se présentent à lui. Les finances de l’État sont à sec et ses forces armées sont considérablement diminuées, tandis que l’économie de l’empire est asphyxiée par les guerres entre Venise [3] et Gênes [4] auxquelles il est souvent mêlé. Enfin, les diverses querelles religieuses qui émaillent le règne d’Andronic fragilisent encore plus l’Empire byzantin déclinant. Malgré tout, Andronic a contribué à réaliser une entreprise de renaissance culturelle, ainsi que des réformes financières et judiciaires durables.

Au cours de son règne, Andronic II prend le contre-pied de la politique de son père. Il met en place une réforme financière drastique qui réduit les effectifs de l’armée, s’oppose à la politique d’union religieuse avec Rome et tente de freiner l’avance turque en Asie Mineure [5].

Andronic II est associé au trône dès 1272 par Michel VIII, ce dernier voulant légitimer la dynastie des Paléologue, encore récente. En 1278, il est envoyé à la tête d’une armée en Asie Mineure pour combattre la progression turque dans la région du Méandre [6]. Dans les faits, c’est le grand domestique [7] Michel Tarchaniotès qui dirige l’armée. Celle-ci réussit à chasser les Turcs de la région et Andronic II décide de rebâtir la ville de Tralles [8], qu’il renomme Andronicopolis. Il demande à Michel Tarchaniotès d’y amener 36 000 habitants et de bâtir des murailles, mais l’approvisionnement de la ville est oublié. Cela entraîne la chute d’Andronicopolis vers 1280, après le départ d’Andronic. Cette défaite conduit à la fin de la domination de l’Empire byzantin au sud-ouest de l’Asie Mineure.

En 1282, Andronic II est à la tête d’un empire restauré mais profondément affaibli et qui est bien loin d’avoir retrouvé le prestige qu’il avait au 12ème siècle, avant le sac de Constantinople de 1204. La survivance des États grecs séparatistes d’Épire [9] et de Thessalie  [10] ou des États francs de Grèce [11] symbolisent ce déclin de l’Empire byzantin qui ne parvient pas à se refonder sur une base unique et solide. Dès les années 1280, il apparaît qu’Andronic dirige un État qui n’est guère plus qu’une puissance régionale d’importance mais qui n’a plus les moyens d’imposer sa volonté.

À l’image de nombreux autres empereurs byzantins avant lui, Andronic II accorde une grande importance aux questions religieuses malgré l’imminence de dangers autrement plus importants. En effet, il est persuadé que la stabilité de l’empire passe avant tout par la résolution des crises frappant l’Église byzantine.

En 1283, un nouveau synode est convoqué près du palais des Blachernes [12] qui oblige Théodora, la veuve de Michel VIII, à faire acte de contrition.

En 1285, les anti-unionistes reviennent à la charge et obtiennent l’ouverture d’un nouveau synode pour obtenir le repentir de Jean XI Vekkos et d’autres ecclésiastiques, sans résultat, et Jean XI est emprisonné. Ce synode se termine par la publication d’un texte rappelant les thèses orthodoxes, mais sa précision entraîne des contestations, au sein même du camp unioniste, dirigées entre autres par Théolepte de Philadelphie . Ce dernier condamne le patriarche Grégoire II de Chypre lors d’un synode en 1289, ce qui entraîne une nouvelle vacance du siège patriarcal.

Pour succéder à Grégoire II en 1289, Andronic II obtient l’élection au trône patriarcal d’ Athanase Ier de Constantinople , ermite du mont Athos [13], connu pour son mode de vie ascétique et son attachement aux principes du monachisme primitif. Soucieux de réformer l’Église, Athanase dénonce les excès des prêtres, accusés d’amasser des richesses, et confisque les biens des monastères au profit des nécessiteux. Selon Athanase, les calamités qui s’abattent sur l’empire et sur l’Église sont dues à l’excès de luxe et de fastes.

Ainsi, il détourne une partie des revenus d’un monastère pour assister les pauvres. Ces mesures, soutenues par l’empereur que certains soupçonnent d’être soumis au patriarche, entraînent de vives protestations parmi la population et les milieux ecclésiastiques. Sous la pression, Athanase finit par démissionner tout en édictant un document dans lequel il prononce l’anathème contre ceux qu’il accuse d’être la cause de son départ.

Il est remplacé par le moine Cosmas de Sozopolis, qui devient patriarche en 1294 sous le nom de Jean XII Cosmas . S’il est plus diplomate qu’Athanase, il refuse d’entériner la demande d’Andronic qui veut instituer l’excommunication des personnes se rebellant contre l’autorité impériale. Toutefois, il soutient l’empereur dans sa démarche de condamnation de certains évêques qui soudoient leurs électeurs pour parvenir à l’épiscopat.

Malgré cet accord entre les deux autorités byzantines, Jean XII s’oppose à plusieurs reprises à Andronic II qui pense à rappeler Athanase. En 1302, Jean XII menace de démissionner et Andronic joue sur les prétendus dons prophétiques d’Athanase pour légitimer son retour en juin 1303. De nouveau, Athanase entame une politique de rigueur qui frappe le clergé. Ce dernier s’oppose fortement au patriarche mais l’empereur soutient Athanase. Ce dernier aide efficacement les réfugiés en provenance d’Asie Mineure. Dans le même temps, il dépouille les patriarches d’Alexandrie [14], d’Antioche [15] et de Jérusalem [16] de leurs propriétés. En 1309, Athanase décide de se consacrer définitivement à la vie monastique. Il est remplacé par Niphon de Constantinople , qui devient patriarche le 9 mai 1310. Bien moins ascétique que son prédécesseur, il cherche surtout à préserver l’unité de l’Église.

Sous Andronic II, la monnaie byzantine perd progressivement en valeur au point de voir son crédit chuter à l’étranger au profit des monnaies des républiques italiennes. Alors qu’au début du 13ème siècle, la monnaie byzantine possède 90 % de sa valeur nominale, ce taux descend à moins de 50 % à la suite de la crise économique du début du 14ème siècle.

Cette dépréciation a pour conséquence directe un renchérissement des prix alimentaires, qui ruine la population byzantine, tandis que la monnaie d’or byzantine devient un objet de thésaurisation. Les différentes mesures d’Andronic II pour renflouer les caisses de l’État restent sans grands effets, d’autant plus que les rentrées douanières sont confisquées par les républiques italiennes. À l’époque du haut Moyen Âge, les rentrées annuelles de l’empire s’élèvent à sept, voire huit millions de nomismata. Sous Andronic II, le budget annuel de l’empire ne dépasse pas le million d’hyperpères dont une bonne partie sert à payer divers tributs. En effet, l’armée byzantine étant réduite au strict minimum, Andronic n’a pas d’autres moyens pour assurer la sécurité de l’empire que d’acheter la paix.

La nomination du fils d’Andronic II Michel IX comme coempereur dès 1294 confirme la tendance née sous le règne de Michel VIII. Sous les Paléologue, le coempereur bénéficie de compétences importantes qui égalent celles de l’empereur, et Michel IX joue un grand rôle dans la politique impériale, ne serait-ce qu’en tant que chef militaire.

Peu à peu, le centralisme traditionnel de l’Empire byzantin se mue en un partage du pouvoir entre membres de la famille impériale. Toutefois, cette évolution reste éloignée du modèle féodal occidental comme en témoigne la brouille entre Andronic II et sa deuxième femme, Yolande de Montferrat , qui souhaite un partage du pouvoir impérial entre tous les princes impériaux.

Malgré tout, l’autorité impériale sur les provinces byzantines est de plus en plus faible et ne réside plus que dans la personnalité du gouverneur. Ce dernier est souvent un personnage proche de l’empereur et il ne reste que peu de temps en poste, les dangers d’une rébellion restant trop importants. Parfois, cette faiblesse du pouvoir impérial permet aux grands propriétaires de prendre le contrôle des provinces. L’aristocratie confirme sa domination sur la vie de l’empire depuis l’arrivée des Paléologue au pouvoir, et son niveau de vie élevé contraste avec la misère de plus en plus grande d’une paysannerie écrasée par le poids des taxes.

Andronic change l’administration du Péloponnèse [17], sous domination byzantine. D’un gouverneur militaire nommé pour un an, on passe à un système de députés impériaux aux compétences plus larges et aux missions plus longues. Peu à peu, la puissance byzantine dans le Péloponnèse renaît, tandis que le port de Monemvasie [18] reçoit d’importants privilèges commerciaux pour s’opposer à la puissance économique des Républiques italiennes.

Parmi les quelques réussites d’Andronic figure sa réforme judiciaire, entamée à la suite du tremblement de terre frappant Constantinople en 1296. Interprété comme un signe de la colère divine, cet évènement entraîne la réforme du système de justice pour combattre la corruption et le non-respect des lois.

L’ancien tribunal de l’Hippodrome est remplacé par une cour de douze juges (évêques, clercs, sénateurs). L’empereur fait prêter serment aux juges d’être impartiaux envers n’importe quel citoyen de l’empire. Les arrêts pris à l’unanimité s’imposent à tous, y compris à l’empereur. Malgré le succès de cette institution nouvelle, elle semble disparaître assez vite lors de la guerre civile entre Andronic II et Andronic III . Toutefois, deux principes naissent de cette réforme : la nécessité d’une cour de justice supérieure à toutes les autres et constituée d’hommes intègres, ainsi que celle d’une forte proportion d’hommes d’Église au sein de tribunaux laïcs.

Confronté à une multitude d’adversaires, l’Empire byzantin n’a pas les moyens de mener une politique offensive contre eux et tente de parer à chaque nouveau danger sans plan d’ensemble. À la même époque, les Turcs s’emparent des derniers territoires byzantins asiatiques sans que Constantinople n’ait réellement conscience de la gravité de la menace turque.

Depuis la prise de Constantinople en 1204, les républiques maritimes italiennes occupent une grande partie de l’ancien espace maritime byzantin. Que ce soit Gênes ou Venise, chacune des cités n’hésite pas à se confronter avec Byzance et à lui faire concurrence en ce qui concerne les fruits du commerce régional.

La chute de l’Empire latin de Constantinople [19] soutenu par Venise entraîne un certain déclassement de celle-ci dont profite Gênes. Ainsi cette dernière ville assure-t-elle à la fois le ravitaillement de l’empire de nombreuses denrées mais aussi la défense maritime de celui-ci. Toutefois, on note un certain retour en grâce de Venise à partir de 1285. Le traité de 1277 est en effet rétabli. Les Vénitiens bénéficient d’un quartier au sein de la cité impériale et voient leur souveraineté confirmée sur la Crète [20] La chute de Saint-Jean-d’Acre [21]en 1291 et la fin des États latins d’Orient privent Venise de sa dernière place dans la région. Très vite, elle se tourne vers la mer Noire [22], monopolisée par les Génois qui se sont implantés dans les anciens territoires byzantins de Crimée [23]

En juillet 1296, quelques jours après qu’un tremblement de terre eut sérieusement endommagé la capitale byzantine, les Vénitiens lancent une attaque contre Constantinople et Galata [24] Si Andronic fait arrêter tous les citoyens vénitiens, il ne peut les empêcher de mettre à sac les habitations génoises et byzantines situées en dehors des murailles. Très vite, Andronic se retrouve pris au piège dans l’escalade des tensions entre Venise et Gênes. Cette dernière réagit en massacrant les nobles vénitiens de Constantinople. En retour, et malgré les explications d’Andronic, Venise envoie 18 navires à Constantinople.

Ces derniers exigent une indemnisation et, face au refus des Byzantins, ils brûlent certains bâtiments près des Blachernes, avant de piller les côtes de la mer de Marmara [25] pour constituer des prisonniers et obtenir indirectement l’indemnisation attendue grâce aux rançons. Si la lutte entre Venise et Gênes s’achève en 1299, après la défaite de Venise l’année précédente, la guerre byzantino-vénitienne se prolonge encore jusqu’en 1302, date à laquelle Andronic refuse à nouveau de verser une quelconque indemnité.

Les Vénitiens envoient alors une nouvelle flotte ravager les alentours de Constantinople et menacer de tuer tout un groupe de réfugiés en provenance d’Asie Mineure pour obtenir une rançon de 4 000 hyperpères.

Dénué de flotte, Andronic doit renoncer à toute forme de résistance et, en septembre 1302, il s’engage dans un traité à verser la somme demandée. En 1310, ce même traité est prorogé pour une durée de 12 ans. Paradoxalement, Gênes profite de ces évènements pour accroître l’autonomie de sa colonie, Galata en y construisant une muraille. Andronic reconnaît les droits de cette cité dans plusieurs chartes successives mais, à la différence de son prédécesseur, il n’a plus les moyens de faire reconnaître la suzeraineté byzantine sur Galata.

La question de sa succession préoccupe très tôt Andronic II, qui associe son fils Michel IX au trône dès 1294. Ce dernier devait initialement se marier avec Catherine de Courtenay, l’héritière du titre d’empereur latin de Constantinople, mais l’opposition du Saint-siège fait échouer le projet et Michel doit se marier avec une fille du roi Léon III d’Arménie . Michel a deux fils de cette femme : Andronic et Manuel. Le premier, le futur Andronic III, obtient le titre de despote [26] et, très tôt, Andronic II envisage de l’associer au trône pour consolider la dynastie des Paléologue, ce qu’il fait dès 1316. Mais, dans le même temps, il doit faire face aux exigences de sa deuxième femme, Yolande de Montferrat, avec laquelle il a trois fils. Yolande souhaite le partage de l’empire entre ses trois fils et Michel IX, ce qui est inimaginable pour l’Empire byzantin. En désespoir de cause, elle finit par s’exiler à Thessalonique [27]. Malgré ce renoncement, Andronic doit faire avec ses deux coempereurs. Andronic III se révèle très vite être un personnage ambitieux et il craint de ne pas avoir le temps de monter sur le trône ou du moins, d’y arriver trop tard. Il est à l’origine d’un tragique accident lors duquel lui et ses hommes tuent par mégarde son frère Manuel.

Ce choc précipite la mort de Michel IX, qui vient d’éprouver la mort de sa fille Anne, peu de temps auparavant. Le fils d’Andronic meurt en 1320, laissant Andronic III comme seul coempereur. Déçu par l’attitude de son petit-fils, Andronic II décide de le déshériter au profit de son fils cadet Constantin, ce qui ouvre la voie à la première des guerres civiles sous l’ère Paléologue.

Si cette guerre civile éclate, c’est avant tout du fait de l’impopularité d’un empereur au pouvoir depuis 1282 et dont le règne s’apparente pour ses contemporains à une suite de catastrophes. En 1320, l’empire est ruiné financièrement et économiquement. Andronic II tente de parer à ce déclin par de nouveaux impôts qui écrasent un peu plus la population byzantine sous le poids des taxes. Ce ressentiment est accru par la relative prospérité des grands propriétaires terriens de Thrace [28]. Au niveau extérieur, l’Asie Mineure semble définitivement perdue et seules quelques villes résistent encore derrière leurs murailles à la poussée turque. Dès lors, il n’est guère étonnant de voir Andronic III soutenu par une grande partie de la population face à un empereur vieillissant, impopulaire et outrepassant ses pouvoirs en privant son petit-fils de tout droit à la succession.

Andronic III bénéficie d’abord du soutien de l’aristocratie terrienne qui supprime l’impôt dans les villes de Thrace pour se concilier la population locale.

Cette lutte armée épuise bientôt les ressources d’Andronic III qui doit compter sur l’aide de Jean Cantacuzène . Ce dernier lève une troupe de mercenaires à ses frais tandis que la popularité croissante d’Andronic III est symbolisée par le ralliement de Thessalonique et de l’île de Lesbos [29] à la cause rebelle.

En juillet 1322, un nouvel accord est signé qui instaure une diarchie à la tête de l’empire, mais dans les faits, c’est Andronic II qui exerce la réalité du pouvoir tandis qu’Andronic III réside à Didymotika [30] où il se charge de la défense de l’empire contre les Bulgares [31]. Ces derniers menacent Andrinople [32], après avoir pris Philippopolis [33]. Après avoir repoussé les Bulgares, Andronic III pénètre en Bulgarie et il laisse un de ses généraux reprendre Philippopolis. Peu après, Andronic III reçoit l’assurance d’être l’héritier d’Andronic II puis il est finalement couronné empereur en 1325. Cependant, cette bonne entente apparente cache une profonde méfiance entre les deux empereurs.

Sur un plan extérieur, la guerre civile et le partage des tâches a des conséquences néfastes pour l’empire, qui peine à lutter contre ses adversaires extérieurs. En désespoir de cause, Andronic II rappelle Alexis Philanthropénos pour lutter contre les Turcs qui assiègent Philadelphie [34]. Malgré sa cécité et son âge, il réussit à repousser les Turcs mais rien n’est possible contre les agissements des flottes turques en mer Égée [35].

Sur le front européen, les Byzantins réussissent à faire la paix avec les Bulgares car le nouveau tsar Michel III Chichman Asen épouse Théodora, la veuve de son prédécesseur et fille de Michel IX. Toutefois en 1326, la ville de Brousse [36] tombe aux mains des Ottomans [37]. L’instabilité politique de l’empire est confirmée par la révolte de Jean Paléologue, le neveu d’Andronic II et gouverneur de Thessalonique qui réussit à gagner le soutien des Serbes mais meurt dès 1326.

Cet intérêt des Serbes pour la politique de l’empire se confirme à l’automne 1327 lorsque la guerre civile est sur le point de reprendre. En mai 1327, Andronic III signe un traité d’alliance avec son beau-frère et khan des Bulgares Michel III Chichman. Ce traité prévoit le soutien d’Andronic III dans la lutte de Michel contre les Serbes si Michel soutient Andronic III contre son grand-père. En réaction, Andronic II s’allie avec Stefan Uroš III Dečanski , le roi de Serbie [38].

Durant l’automne 1327, les deux empereurs échangent des lettres de plus en plus agressives pendant qu’Andronic II semble perdre tout sens de la mesure et tient absolument à dénier à Andronic III tout droit sur la couronne. Dans le même temps, les promesses d’Andronic III lui permettent de gagner en popularité.

En juin 1328, la ville de Thessalonique se place de son côté tout comme la majeure partie de la Macédoine byzantine. Malgré leur promesse d’intervention, les Serbes restent passifs et Andronic II doit faire appel aux Bulgares qui acceptent de renier leur alliance avec Andronic III. Cependant, ce dernier barre le passage à l’armée bulgare et persuade son chef de se replier.

Le dernier soutien d’Andronic II disparaissant, c’est son trône qui est perdu. Le 23 mai 1328, Andronic III pénètre dans Constantinople grâce au soutien de ses partisans à l’intérieur de la ville. Accompagné de 800 hommes, Andronic III dépossède son grand-père, sans violence. Devenu presque aveugle, Andronic II devient moine sous le nom d’Antoine et se retire en 1330 dans un monastère où il meurt le 13 février 1332.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jean-Claude Cheynet, Byzance, l’Empire romain d’Orient, Paris, Armand Colin, 2012 (ISBN 978-2-200-28153-3)

Notes

[1] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[2] Byzance est une ancienne cité grecque, capitale de la Thrace, située à l’entrée du Bosphore sous une partie de l’actuelle Istanbul. La cité a été reconstruite par Constantin 1er et, renommée Constantinople en 330, elle est devenue la capitale de l’Empire romain, puis de l’Empire romain d’Orient et enfin de l’Empire ottoman à partir de 1453 date de la prise de la ville par les Turcs. Elle fut rebaptisée Istanbul en 1930.

[3] La république de Venise, parfois surnommée « la Sérénissime », est une ancienne thalassocratie d’Italie, progressivement constituée au Moyen Âge autour de la cité de Venise, et qui s’est développée par l’annexion de territoires divers en Italie du Nord, le long des côtes de la mer Adriatique et en Méditerranée orientale : les « Domini di Terraferma », l’Istrie, la Dalmatie, les bouches de Cattaro, l’Albanie vénitienne, les îles Ioniennes, la Crète, l’Eubée, Chypre et d’autres îles grecques, jusqu’à devenir une des principales puissances économiques européennes.

[4] La République de Gênes est l’une des grandes républiques maritimes italiennes (ou thalassocratie) qui a duré près de 8 siècles, du milieu du 11ème siècle à 1797, après l’abdication du dernier doge de Gênes, Giacomo Maria Brignole.

[5] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[6] Le Méandre, aujourd’hui appelé officiellement Büyük Menderes (« grand Méandre ») en Turquie, est un fleuve d’Asie Mineure se déversant dans la mer Égée.

[7] La fonction de grand domestique est une fonction militaire élevée dans l’Empire byzantin du 11ème au 15ème siècle, désignant le commandant en chef de l’armée byzantine, directement sous l’empereur. Elle évolue à partir de la précédente fonction, celle de domestique des Scholes, et finit par se classer parmi les dignités byzantines les plus élevées. Elle est par ailleurs adoptée par l’Empire de Trébizonde.

[8] Aydin, Turquie

[9] Région montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l’Albanie. Épire se traduit par "Continent" en français. Ses habitants sont les Épirotes. Le terme peut désigner plus particulièrement :
- la périphérie d’Épire, l’une des 13 périphéries de la Grèce. Elle est bordée à l’ouest par la Mer Ionienne ; elle est limitrophe au sud-ouest de l’Albanie, au nord de la région de Macédoine de l’Ouest, à l’est de la région de Thessalie. La périphérie (capitale Ioannina (57 000 habitants) est divisée en 4 préfectures : Thesprotie, Ioannina, Arta et Preveza.

- l’Épire du Nord, une région d’Albanie La dynastie des rois éacides du peuple des Molosses y fonda un royaume puissant au 5ème siècle av. jc, avec les autres peuples Chaones, et Thesprôtes. Pyrrhus est un des membres de cette dynastie, ainsi qu’Olympias, la mère d’Alexandre le Grand.

[10] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[11] duché d’Athènes, principauté d’Achaïe

[12] Les Blachernes sont un quartier au nord de Constantinople, situé entre le monastère de Chora, la porte d’Andrinople et la Corne d’Or et abritant, outre un palais, l’une des 24 portes de la muraille de Théodose II, appelée porte des Blachernes, ainsi que la basilique Sainte-Marie-Mère de Dieu, dite « Sainte-Marie des Blachernes ».

[13] Le mont Athos, est une montagne de Grèce située en Macédoine, à l’extrémité de l’Aktè dont il constitue le point culminant avec 2 030 mètres d’altitude. Il est célèbre pour les vingt monastères orthodoxes qui y sont établis sur ses flancs et dans les environs depuis le 10ème siècle. Cette communauté théocratique est organisée en République monastique du Mont-Athos qui tire son nom de la montagne et qui jouit d’un certain degré d’autonomie interne au sein de la République hellénique.

[14] L’Histoire des patriarches de l’Église d’Alexandrie, en fait à l’origine Biographies de la Sainte Église (Siyar al-Bī’ah al-Muqaddasah), est un ouvrage historiographique majeur de la tradition de l’Église copte. Il s’agit de l’équivalent pour le patriarcat copte de ce qu’est le Liber Pontificalis pour la papauté romaine : un recueil des biographies de tous les patriarches successifs, rédigées, puis compilées, à différentes époques. Ces biographies sont toutes en arabe. Le recueil nous est parvenu dans deux recensions divergentes, l’une désignée par les spécialistes comme « recension primitive », l’autre comme « vulgate ». La tradition d’ajouter des biographies au recueil a été poursuivie jusqu’au 20ème siècle.

[15] Le titre de « patriarche d’Antioche » est traditionnellement porté par l’évêque d’Antioche (dans l’actuelle Turquie). L’Église d’Antioche est l’une des plus anciennes de la chrétienté, son institution remontant à l’apôtre Pierre. Aujourd’hui, pas moins de cinq chefs d’Église, dont trois catholiques, portent le titre de « patriarche d’Antioche ». Aucun d’entre eux ne réside à Antioche / Antakya depuis la présence musulmane majoritaire en Turquie.

[16] Le Patriarche latin de Jérusalem est l’un des patriarches catholiques orientaux. C’est le titre le plus ancien parmi tous les patriarches catholiques orientaux puisqu’il date de 1099 et le seul de rite latin. En effet, après la prise de Jérusalem par les croisés en 1099, une structure religieuse, le patriarcat latin, est créée à Jérusalem en complément d’une structure temporelle, qui sera le royaume de Jérusalem.

[17] Le Péloponnèse est une péninsule grecque, qui couvre 21 379 km². Elle a donné son nom à la périphérie du même nom qui couvre une part importante de la péninsule, regroupant cinq des sept nomes modernes qui la divisent. Seuls deux nomes (l’Achaïe et l’Élide) situés au nord-ouest de celle-ci sont rattachés à la périphérie de Grèce-Occidentale.

[18] Monemvasia ou Monovásia ou Malvoisie est une ville fortifiée de Grèce située au sud du Péloponnèse, sur la côte est du district régional de Laconie. La cité a donné son nom à un cépage, puis à un vin célèbre au Moyen Âge, le malvoisie, qui était exporté jusqu’en Angleterre. Selon une légende populaire, George Plantagenêt, duc de Clarence, condamné à mort en 1478 pour avoir comploté contre son frère le roi Édouard IV, aurait choisi de mourir noyé dans un tonneau de ce vin.

[19] L’Empire latin de Constantinople est un État éphémère fondé en avril 1204 sur le territoire de l’Empire byzantin à la suite de la quatrième croisade et la chute de Constantinople aux mains des Latins. Il dure jusqu’en 1261, année de la reconquête de la ville par Michel Paléologue, qui restaure l’Empire byzantin.

[20] La Crète, est une île grecque, autrefois appelée « île de Candie ». Cinquième île de la mer Méditerranée en superficie, elle est rattachée en 1913 à la Grèce

[21] Acre est une ville d’Israël, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et dotée d’un port en eaux profondes. Acre est située à 152 km de Jérusalem et dépend administrativement du district nord. Cette ville côtière donne son nom à la plaine d’Acre qui comporte plusieurs villages. Son ancien port de commerce florissant dans l’Antiquité, est devenu une zone de pêche et de plaisance de moindre importance. Elle devient au 13ème siècle la capitale du Royaume de Jérusalem et le principal port de Terre sainte.

[22] La mer Noire est une mer située entre l’Europe et l’Anatolie. Large d’environ 1 150 km d’ouest en est et de 600 km du nord au sud, elle s’étend sur une superficie de 413 000 km². Elle communique au nord avec la mer d’Azov par le détroit de Kertch, et au sud-ouest avec la Méditerranée par le Bosphore, la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles. Dans l’Antiquité, les Grecs la désignèrent d’abord par Skythikos Pontos. Les Scythes, peuple de langue iranienne, la désignèrent comme Axaïna, c’est-à-dire « indigo ». Les Grecs quand ses courants et ses vents leur devinrent familiers, la désignèrente comme Pontos Euxeinos, traduit en français par Pont-Euxin.Les Romains l’appelèrent Mare Caecili, terme qui fut traduit par la suite par les bulgares en « mer Cécile ».Au 13ème siècle, elle apparaît sur les portulans génois, dans les chroniques de Wavrin et de Villehardouin sous les noms de mer Majoure c’est-à-dire « grande m

[23] Le khanat de Crimée est un ancien État gouverné par les Tatars de Crimée de 1441 à 1783. Son nom originel était Qırım Yurtu. Parmi les khanats turcs issus de l’éclatement de la Horde d’or, le khanat de Crimée est celui qui a duré le plus longtemps. Le khanat s’étendait sur environ 150 000 km² comprenant la Crimée (exceptée la côte sud et les ports contrôlés par les Grecs et les Génois, puis par les Turcs) et une vaste portion, plus ou moins étendue selon les époques, de la steppe pontique héritée des Coumans, au nord et autour de la mer Méotide et des embouchures du Dniestr, du Boug méridional, du Dniepr, du Don et du Kouban.

[24] Le quartier de Karaköy (anciennement Galata ou Pera) est un quartier d’Istanbul, la plus grande ville de la Turquie. Karaköy est situé au nord de la Corne d’Or, position qui la sépare du vieux centre de la ville de l’ancienne Constantinople. La Corne d’or est traversée par plusieurs ponts, le plus connu étant le pont de Galata. Karaköy est aujourd’hui un quartier du district de Beyoğlu. Au centre du quartier se trouve la tour de Galata, construite par les Génois en 1348 au nord et au plus haut point de la citadelle.

[25] La mer de Marmara, autrefois appelée la Propontide, est une mer située entre l’Europe orientale et l’Asie Mineure et qui communique avec les Dardanelles au sud-ouest et le Bosphore au nord-est. Par ces détroits, elle constitue une mer transitoire entre la mer Égée (mer Méditerranée) et la mer Noire. La mer de Marmara s’étend sur une superficie de 11 500 km² et a une profondeur maximale de 1 261 mètres. Elle est bordée au nord et au sud par la Turquie et est située sur une faille responsable de nombreux et dramatiques séismes.

[26] Le titre de despote apparaît au 12ème siècle dans l’Empire byzantin. Il occupe le sommet de la hiérarchie officielle, juste après celui d’empereur et de coempereur. C’était déjà une épithète indiquant la plus haute noblesse : on le trouve sur les sceaux de sébastokrators et de césars à cette période. Les empereurs peuvent accorder le titre à plusieurs individus simultanément, mais d’abord à leurs fils. Il ne donne toutefois aucune indication sur le droit de succession. Après la quatrième croisade, le démembrement de l’Empire byzantin vit la création de principautés dirigées par un despote : le despotat d’Épire, puis plus tard le despotat de Morée. Après la chute de l’Empire Serbe et la mort du prince Lazar Hrebeljanović 1389, la plus grande partie du territoire serbe pris le nom de Despotat de Serbie.

[27] Thessalonique ou Salonique est une ville de Grèce, chef-lieu du district régional du même nom, située au fond du golfe Thermaïque. Aujourd’hui, elle est la capitale de la périphérie (région) de Macédoine centrale en Macédoine grecque mais aussi celle du diocèse décentralisé de Macédoine-Thrace.

[28] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[29] Lesbos est une île grecque de la périphérie d’Egée Septentrionale, souvent aussi appelée du nom de sa capitale Mytilène. L’île présente plusieurs centres d’intérêt, notamment culturel (vestiges antiques), géologique, gastronomique et religieux. Lesbos est aussi connue dans le monde antique pour la qualité de ses vins et de son bois de construction pour les navires et pour son marbre bleu clair.

[30] Didymotique est une ville de Thrace, située au nord-est de la Grèce dans le dème du même nom et le district régional de l’Évros. Le nom peut être romanisé de plusieurs façons et plusieurs graphies sont donc utilisées. Elle est appelée en turc Dimetoka, et Le Dimot par les auteurs français du Moyen Âge.

[31] Le Second Empire bulgare est une ancienne monarchie médiévale des Balkans s’étendant non seulement sur l’actuelle Bulgarie (sauf le littoral) mais aussi sur l’Albanie, le sud de la Roumanie et de la Moldavie, le sud-ouest de l’Ukraine, la Macédoine du Nord, la Grèce septentrionale et la Serbie orientale.

[32] Edirne (autrefois Andrinople ou Adrianople) est la préfecture de la province turque du même nom, limitrophe de la Bulgarie et de la Grèce. Elle est traversée par la Maritsa (Meriç en turc).

[33] Plovdiv est la deuxième ville de Bulgarie, chef-lieu de l’oblast de Plovdiv et unique territoire de l’opština Plovdiv-Grad, sur la Maritsa. En 342 av. jc, elle fut conquise par Philippe II de Macédoine, père d’Alexandre le Grand, qui la renomma Philippopolis. Plus tard, elle devint indépendante dans le cadre des royaumes thraces, jusqu’à son intégration à l’Empire romain, sous lequel elle fut appelée Trimontium (ville des trois collines). Elle devint alors la capitale de la province de Thrace (Thracia). Trimontium était un carrefour important dans l’Empire romain. Les Slaves s’installèrent dans la région au milieu du 6ème siècle. Plovdiv devint bulgare pour la première fois en 815. Au cours des siècles, elle passa successivement entre les mains des Byzantins et des Bulgares, avant que la ville soit conquise par l’empire ottoman en 1364. Le nom « Plovdiv » apparaît pour la première fois au 15ème siècle et dérive d’un des noms antiques de la ville, « Pulpudeva », connue par les Slaves d’abord comme « Păldin »

[34] Philadelphie était une ancienne cité lydienne, en Asie Mineure. Elle se situait au sud de Kogamis, sur la route reliant Sardes à Colosse, au niveau de l’actuelle Alaşehir - aujourd’hui en Turquie.

[35] La mer Égée est une mer intérieure du bassin méditerranéen, située entre l’Europe et la Grèce à l’ouest, et l’Asie et la Turquie à l’est. Elle s’étend de la côte thrace et du détroit des Dardanelles au nord jusqu’à la Crète au sud.

[36] Bursa, l’antique Pruse, plus tard connue en français sous le nom de Brousse, est une ville du nord-ouest de l’Anatolie en Turquie, capitale de la province du même nom.

[37] L’Empire ottoman, connu historiquement en Europe de l’Ouest comme l’Empire turc, la Turquie ottomane ou simplement la Turquie, est un empire fondé à la fin du 13ème siècle au nord-ouest de l’Anatolie, dans la commune de Söğüt (actuelle province de Bilecik), par le chef tribal oghouze Osman 1er. Après 1354, les Ottomans sont entrés en Europe, et, avec la conquête des Balkans, le Beylik ottoman s’est transformé en un empire trans-continental. Après l’avoir encerclé puis réduit à sa capitale et à quelques lambeaux, les Ottomans ont mis fin à l’Empire byzantin en 1453 par la conquête de Constantinople sous le règne du sultan Mehmed II. Aux 15ème et 16ème siècles, à son apogée, sous le règne de Soliman 1er le Magnifique, l’Empire ottoman était un empire multinational et multilingue contrôlant une grande partie de l’Europe du Sud-Est, des parties de l’Europe centrale, de l’Asie occidentale, du Caucase, de l’Afrique du Nord, sauf le royaume du Maroc et le Sahara.

[38] La Rascie est l’une des plus importantes principautés serbes du Moyen Âge. Établie à la fin du 11ème siècle, c’est à partir de celle-ci qu’est constitué le royaume de Serbie puis l’Empire serbe, après l’arrivée au pouvoir des Nemanjić. Par la suite, le terme de Rascie reste utilisé pour désigner l’ancienne principauté aussi bien que la Serbie d’alors. Ainsi, au 14ème siècle, la principauté du knèze Lazar Hrebeljanović (Lazareva zemlja), est désignée par les Hongrois comme royaume de Rascie.