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L’histoire pour le plaisir

Mul

jeudi 14 avril 2022, par ljallamion

Mul (mort en 687)

Roi de Kent de 686 à sa mort

Issu de la famille royale du Wessex [1], son père Cenberht est un descendant du roi Cenwalh . Son frère Cædwalla devient roi du Wessex en 685 ou 686. En 686, il envahit le Kent [2] et place Mul sur le trône de ce royaume à la place d’Eadric.

Le règne de Mul est de courte durée : la Chronique anglo-saxonne [3] rapporte qu’en 687, Mul est brûlé dans le Kent, avec 12 autres hommes, au terme d’une révolte de ses sujets.

Cædwalla réagit en lançant une nouvelle campagne contre le Kent. Il est possible qu’il ait directement régné sur le Kent jusqu’à son abdication en 688.

Quelques années plus tard, en 694, le roi Wihtred de Kent accepte de payer un wergeld [4] de 30 000 pence à Ine, le successeur de Cædwalla, en compensation pour la mort de Mul.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de D. P. Kirby, The Earliest English Kings, Routledge, 2000 (ISBN 0-415-24211-8).

Notes

[1] Le Wessex est l’un des royaumes fondés par les Anglo-Saxons en Angleterre durant le Haut Moyen Âge. Il s’étend sur une partie du sud-ouest de la Grande-Bretagne, entre la Domnonée à l’ouest, la Mercie au nord et les royaumes de Kent, de Sussex et d’Essex à l’est. Au IXe siècle, le Wessex est le dernier royaume anglo-saxon à résister aux invasions vikings.

[2] Le Kent est un royaume anglo-saxon fondé au 5ème siècle par les Jutes dans le sud-est de l’Angleterre. Il correspond approximativement au territoire occupé par le peuple celtique des Cantiaci avant la conquête romaine, et à l’actuel comté de Kent. C’est le premier royaume anglo-saxon converti au christianisme, et il atteint son apogée au début du 7ème siècle sous le roi Æthelberht.

[3] La Chronique anglo-saxonne est un ensemble d’annales en vieil anglais relatant l’histoire des Anglo-Saxons. Le manuscrit original est probablement rédigé dans le royaume de Wessex sous le règne d’Alfred le Grand, à la fin du 9ème siècle. De multiples copies sont distribuées aux monastères d’Angleterre et ensuite mises à jour indépendamment les unes des autres.

[4] Le wergeld, littéralement « prix de l’homme, est une somme d’argent demandée en réparation à une personne coupable d’un meurtre, ou d’un autre crime grave. Cette tradition exerçait un rôle important dans les anciennes civilisations d’Europe du Nord, en particulier chez les Germains et les Vikings. Les Celtes connaissaient également cette coutume, mais distinguaient le « prix de l’honneur » pour meurtre du « prix du visage » pour d’autres crimes. Le montant du wergeld en cas de meurtre dépendait assez largement du rang social auquel appartenait la victime. Charlemagne a rendu le wergeld obligatoire dans le cadre de la vengeance privée (faida). En effet, la vengeance privée était source de désordres et était surtout contraire à la religion catholique. Malgré tout, la faida persistera dans la coutume. En effet le wergeld du droit coutumier germanique est bien une réparation, et pas une amende à la grecque. C’est-à-dire qu’il n’y avait pas d’équivalence automatique entre un crime et un montant pécuniaire. Au lieu de ça, la parentèle de la partie offensée et celle de la partie incriminée débattaient, encadrées par une assemblée des Anciens. S’ils tombaient d’accord sur un montant (souvent en nature, mais en monnaie dans les zones de contact avec l’empire romain), on considérait l’affaire comme réglée. Sinon, l’autre forme commune de réparation légale à cette époque était la revanche par le sang, appelée faide, identique à la loi du talion.