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Humbert 1er de Viennois dit Humbert de la Tour du Pin

dimanche 31 octobre 2021, par ljallamion

Humbert 1er de Viennois dit Humbert de la Tour du Pin (vers 1240-1307)

Issu de la puissante maison des sires de la Tour [1] Il fut d’abord baron de la Tour et de Colignyavant de devenir, par mariage, dauphin de Viennois [2] de 1282 à 1306.

Fils d’Albert III de la Tour du Pin, et de Béatrice de Coligny [3]. Sa mère était elle-même fille d’ Hugues 1er de Coligny , et de Béatrice d’Albon , dauphine de Viennois.

Le 1er septembre 1273, il épouse Anne d’Albon ou Anne de Bourgogne, fille de Guigues VII du Viennois , dauphin de Viennois et de Béatrice de Faucigny .

Humbert devient ainsi dauphin, en 1282, à la mort de son beau-frère Jean 1er de Viennois et contribue à l’élargissement du Dauphiné [4] en intégrant sa baronnie de La Tour, ce qui coupe les communications entre la Bresse [5] et la Savoie [6], 2 domaines du comte de Savoie. Ne pouvant tolérer cette nouvelle entrave, le comte Philippe 1er de Savoie entre en guerre ouverte avec son voisin en 1282. Cette guerre, comme la plupart des conflits médiévaux, n’est qu’une succession de chevauchées, terme consacré pour désigner des incursions en territoire ennemi destinées à ravager les récoltes et semer la terreur parmi les habitants.

Les mandements du Haut Grésivaudan sont touchés dès l’avènement d’Humbert par une succession de chevauchées savoyardes : Avalon est attaqué en août mais la défense héroïque d’une compagnie d’arbalétriers grenoblois empêche sa prise. Ce bourg frontalier est à nouveau attaqué à deux reprises dans la semaine précédant la Toussaint. Tous les moulins sont détruits. Cette même semaine, Bellecombe est attaqué. Enfin en décembre, Louis, second neveu du comte Philippe, accompagné de 48 cavaliers assiège sans succès le château de la Buissière et ne rentre qu’avec 6 prisonniers. Cette guerre s’achèvera en 1286 par le traité de Paris.

Cette même année le châtelain de Bellecombe, Aimeric de Briançon, est pressé par le comte de Savoie pour lui rendre hommage, ce qu’il fait. Cela signifie que le mandement de La Buissière et son château redeviennent la première ligne de défense du domaine delphinal sur la rive droite. Ne pouvant accepter cet empiétement sur ses terres, Humbert 1er propose un habile marché à Aimeric consistant à l’échange de son mandement de Bellecombe contre celui de Varces [7], ce qu’il accepte en 1289. Bellecombe devient ainsi définitivement Dauphinois, pour la plus grande fureur du comte de Savoie, Amédée le Grand .

Décidé à se venger, celui-ci attaque et détruit le bourg de Bellecombe, passant ses habitants au fil de l’épée. Poursuivant sa chevauchée en Grésivaudan [8], brûlant les granges et les maisons qu’il rencontre, il met le siège devant le château de La Terrasse défendu par le châtelain Hugues d’Arces. L’assaut dure une journée entière mais il échoue, laissant de nombreux soldats morts. Battant en retraite, il incendie Barraux [9] et rase le donjon Dauphinois qui était construit à l’emplacement de l’actuel Fort Barraux [10].

Ce dernier acte de vengeance le perdra, car le temps passé à la démolition du donjon est mis à profit par Humbert 1er qui, ayant réuni une petite armée de secours composée notamment de nobles et chevaliers de La Buissière, vient lui tendre une embuscade dans le bois de Servette entre Barraux et Chapareillan [11]. Laissant passer l’avant garde savoyarde, il tombe sur le restant des troupe d’Amédée qu’il met en déroute, en tuant un grand nombre et faisant une multitude de prisonniers. En 1285, il reconnaît la suzeraineté du duc de BourgogneLe duché de Bourgogne est fondé en 880 à partir du royaume de Bourgogne, par les rois carolingiens Louis III et Carloman II et les membres princiers de leur famille qui se partagent l’Empire carolingien de Charlemagne dont ils ont hérité. Ils féodalisent tous les royaumes carolingiens de France en duchés et comtés vassaux des rois de France. Richard II de Bourgogne (dit Richard le Justicier) est nommé marquis puis premier duc de Bourgogne et un des six pairs laïcs primitifs de France par son suzerain le roi Louis III. sur le Revermont [12] et s’engage à lui verser en quatre fois la somme de 20 000 livres. Il abandonne au comte de Savoie, Buenc [13] et des terres situées dans le Grésivaudan et dans le Viennois.

Après une trêve en avril 1286, il reprend le conflit peu de temps après en mettant en place une nouvelle coalition avec l’évêque de Genève [14], Robert de Genève , son neveu, le comte de Genève [15], Amédée II de Genève contre le comte Amédée V de Savoie. Le comte de Savoie s’empare de la ville de Genève [16]. Un traité est signé entre le comte et ses ennemis à Annemasse [17] le 18 novembre. Le Dauphin se voit obligé de prêter serment au comte de Savoie pour la seigneurie de la Tour du Pin. Cet accord, devant traiter de la rupture de fidélité entre hauts personnages, a demandé l’intervention de cinq docteurs en droit de l’université de Bologne [18].

Ce conflit prend fin en 1293 par le traité de Saint Jean de Moirans [19].

Pour avoir entrepris des expéditions guerrières contre le comte de Savoie et avoir accablé ses sujets de péages abusifs, Humbert tombera sous le coup d’une triple excommunication. Ceci ne l’empêchera pas de finir sa vie à la chartreuse de Val Ste Marie en 1306 en laissant le pouvoir à son fils Jean.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Humbert Ier de Viennois / Portail du Dauphiné/ Famille de La Tour du Pin

Notes

[1] La famille de La Tour du Pin est une famille subsistante de la noblesse française originaire du Viennois où une commune porte ce nom aujourd’hui (département de l’Isère). Elle est à l’origine de plusieurs dauphins de Viennois à partir de Humbert 1er de la Tour du Pin devenant Humbert 1er de Viennois de 1282 à 1306, suivi de son fils Jean II de la Tour du Pin ou de Viennois de 1306 à 1319 né d’ Anne d’Albon, sœur du dernier dauphin du Viennois et comte d’Albon Jean d’Albon, mort prématurément d’une chute de cheval. Jean II aura deux fils dauphins de Viennois de Béatrice de Hongrie : Guigues VIII jusqu’en 1333, puis Humbert II de Viennois jusqu’en 1349. Plusieurs branches entre autres en descendent : de Vinay, de Clelles, de Gouvernet, de Montauban, de Verclause, de La Charce de Chambly et de Forez.

[2] Les comtes d’Albon puis dauphins de Viennois, seigneurs du Dauphiné de Viennois, furent les premiers à porter le titre de dauphins de Viennois.

[3] La famille de Coligny était une très ancienne famille française noble originaire de Bresse éteinte en 1694, qui tirait son nom d’une petite ville située sur la frontière du comté de Bourgogne et du pays de Bresse. Cette famille a donné deux maréchaux de France, un lieutenant-général de l’infanterie française, deux amiraux, un cardinal, évêque de Beauvais, et un archevêque de Lyon. Elle forma plusieurs branches

[4] Le Dauphiné est une entité historique et culturelle. Elle occupe l’ancienne province Viennoise située dans le quart sud-est de la France actuelle. Le Dauphiné de Viennois fut un État, sous l’autorité des comtes d’Albon, qui prirent le titre de dauphins, ce dernier terme ayant donné au Dauphiné son nom. Cette entité apparaît dans l’ancienne Provence, et était une subdivision du Saint Empire romain germanique, de ses origines admises au 11ème siècle, jusqu’à son rattachement en 1349 au royaume de France. Le Dauphiné de Viennois devient alors la province du Dauphiné, et conserve une certaine autonomie jusqu’en 1457.

[5] Dès 1266, à la suite de l’héritage de Philippe 1er de Savoie de Renaud V de Baugé ou Bagé, la Savoie a autorité sur toute la Bresse (la principale héritière Sibylle de Baugé étant déjà la pupille de Philippe). De la fin du règne de Philippe 1er au traité de Paris de 1355, les comtes de Savoie n’ont cessé, comme en Bugey, pendant une période de guerre, de mettre en place sur l’ensemble de son territoire une politique administrative, financière, sociale et architecturale, affermissant les réformes initiées par Pierre II de Savoie. La Bresse est annexée au comté de Savoie lorsque Sibylle de Baugé, seule héritière, l’apporte en dot lors de son mariage en 1272 avec le futur comte de Savoie Amédée V. Bâgé en sera la capitale jusqu’à cette date avant que Bourg (devenu officiellement Bourg-en-Bresse seulement en 1955), place également fortifiée, de 3 400 habitants, lui ravisse le rôle de centre administratif et devienne en 1321 le centre du bailliage de Bresse. À partir du 15 juin 1322, la Bresse sera remise en apanage aux héritiers du comté de Savoie. Après 1350, en l’absence des comtes de Savoie et de leurs enfants, la Bresse et le Bugey sont administrés par des gouverneurs et lieutenants généraux, qui y commandent en temps de guerre et de paix. Ceux-ci devaient rendre compte de leurs actions au chancelier et au conseil de Savoie. Leurs charges étaient révocables au bon vouloir du prince. Parmi eux, on compte Jacques de La Baume, lieutenant général de Bresse de 1438 à 1440 et Jean de La Baume en 1536. Le 17 janvier 1601, par le traité de Lyon signé entre le duc Charles-Emmanuel 1er de Savoie et le roi Henri IV, la Bresse est rattachée au royaume de France, ainsi que le Bugey, le pays de Gex et le Valromey, en échange du marquisat de Saluces qui rentre dans le giron des États de Savoie.

[6] Le duché de Savoie est un ancien duché indépendant, noyau des États de Savoie, devenu Royaume de Sardaigne en 1713, et divisé entre la France et l’Italie en 1860. Le 19 février 1416, l’empereur Sigismond 1er érige le comté de Savoie en duché de Savoie, lui offrant une autonomie politique sans précédent. Les successeurs d’Amédée VIII de Savoie portent désormais le titre de duc jusqu’à ce qu’ils deviennent rois de Sicile, puis de Sardaigne au début du 18ème siècle.

[7] Varces-Allières-et-Risset est une commune française située dans le département de l’Isère. Autrefois rattaché à l’ancienne province royale du Dauphiné, le village puis la commune de Varces est longtemps resté une très modeste agglomération de la vallée de la Gresse, un affluent du Drac, avant de bénéficier du rattachement de nombreux villages (qui furent d’anciennes communes) situés aux alentours

[8] Le Grésivaudana est une des vallées de l’Isère dans les Alpes françaises correspondant à la partie sud du sillon alpin. Au sens strict, elle s’étend de Pontcharra au nord à Grenoble au sud. Le Grésivaudan est un ancien bailliage du Dauphiné. Situé entre le massif de Belledonne et le massif de la Chartreuse.

[9] Barraux est une commune située dans le département de l’Isère, situé à 21 km de Chambéry et 42 km de Grenoble

[10] Le fort Barraux, situé sur la commune de Barraux en Isère, constitue l’un des plus anciens forts bastionnés des Alpes encore en l’état. La construction de ce fort, alors appelé fort de Saint-Barthélémy, est commencée le 24 août 1597 par le duc de Savoie Charles-Emmanuel 1er pour défendre l’entrée de la vallée du Grésivaudan. Celle-ci fait suite à la bataille de Pontcharra du 17 septembre 1591 lors de laquelle l’armée française commandée par Lesdiguières bat l’armée du duc de Savoie Charles-Emmanuel. Malgré tout, la Savoie commence la construction d’un fort bastionné sur les terres du Royaume de France dont l’achèvement est attendu par Henri IV. Les troupes de duc de Lesdiguières réussissent, le 15 mars 1598 et grâce à un stratagème, à prendre le contrôle du fort dont la construction est tout juste achevée.

[11] Chapareillan est situé dans la vallée du Grésivaudan, à la limite du département de la Savoie, à 16 km au sud-est de Chambéry et 42 km au nord-est de Grenoble, juste sous le Mont Granier, premier contrefort du massif de la Chartreuse. Elle s’étend de l’Isère (altitude 244 m) au sommet du Mont Granier (1 934 m), sur plus de 3 000 ha.

[12] Le Revermont est une région naturelle de France située dans les départements de l’Ain et du Jura. Cette région comprenait deux entités géographiques, le Revermont proprement dit, qu’on peut définir comme les premiers contreforts du massif du Jura, et la frange bressane qui s’étire de Bourg-en-Bresse à Lons-le-Saunier.

[13] Hautecourt-Romanèche

[14] Le diocèse de Genève est un ancien diocèse dont la métropole se trouvait à Genève. Créé probablement vers le 4ème siècle, son premier évêque connu est un certain Isaac au début du siècle suivant. La circonscription disparaît en 1802, la restauration des diocèses en 1822, amène à un partage entre le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg et celui d’Annecy.

[15] Les titres de comte de Genève, en latin comes Gebennensis, est un titre porté par les seigneurs ayant l’autorité sur le comté et sa ville principale, Genève. Il est porté, depuis le milieu du 11ème siècle, par dix-sept seigneurs appartenant à la maison de Genève. À la fin du 14ème siècle, il passe à la maison de Thoire-Villars, avant que le comté entre dans les possessions de la maison de Savoie, qui en font une terre d’apanage.

[16] Genève est une ville suisse située à l’extrémité sud-ouest du Léman. Elle est la deuxième ville la plus peuplée de Suisse après Zurich. Elle est le chef-lieu et la commune la plus peuplée du canton de Genève. Dès son avènement en 1580, les attaques du duc Charles-Emmanuel 1er de Savoie se multiplient. Genève étend alors son alliance avec Soleure, Zurich et la France. En avril 1589, les Genevois et leurs alliés tentent de faire reculer les Savoyards qui parviennent à maintenir leur position. Le 11 décembre 1602, la nouvelle attaque nocturne des Savoyards, défaite restée dans l’histoire sous le nom d’« Escalade », contraint le duc à accepter une paix durable scellée par le traité de Saint-Julien du 12 juillet 1603 qui reconnaît l’indépendance de la cité.

[17] Annemasse est une commune française située dans le département de la Haute-Savoie. La ville se trouve à la frontière franco-suisse, au sud-ouest du lac Léman, dans l’aire urbaine de Genève-Annemasse et l’agglomération du Grand Genève. Appartenant au duché de Savoie, et plus précisément à la province de Carouge, Annemasse est française de 1792 à 1815, dans le département du Mont-Blanc puis dans celui du Léman. Chef-lieu de canton sous le Consulat, elle n’abrite que 600 habitants au premier recensement de 1801 et vit alors de l’agriculture et des marchés de Genève. En 1815, elle est rendue au royaume de Piémont-Sardaigne. Lors des débats sur l’avenir du duché de Savoie, en 1860, la population est sensible à l’idée d’une union de la partie nord du duché à la Suisse. Le duché est réuni à la suite d’un plébiscite organisé les 22 et 23 avril 1860 où 99,8 % des Savoyards répondent « oui » à la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France ? »

[18] Fondée en 1088, l’université de Bologne est considérée comme la première et la plus ancienne université européenne. Elle est la première institution à utiliser le terme université (en latin universitas) ainsi que la première université reconnue comme telle par le pape. Sa devise est Petrus ubique pater legum Bononia mater, « Saint Pierre est le père de tous les lieux et Bologne la mère de la loi ».

[19] Saint Jean de Moirans est une commune française située dans le département de l’Isère. Durant l’Antiquité, le pays voironnais est peuplé par les Allobroges, un peuple gaulois dont le territoire était situé entre l’Isère, le Rhône et les Alpes du Nord. À partir de 121 av. jc, ce territoire, nommé Allobrogie, est intégré dans la province romaine du Viennois avec pour capitale la cité de Vienne qui était aussi le siège de l’ancien diocèse romain de Vienne. C’est le 5 janvier 1355, par le traité de Paris et par mandement de l’évêque à ses diocésains, que Voiron et Saint-Jean-de-Voyron furent rattachées au Dauphiné et donc à la France, à qui Humbert II avait cédé son domaine en 1349.