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L’histoire pour le plaisir

Jean Tzétzès

mardi 1er juin 2021, par ljallamion

Jean Tzétzès (vers 1110-vers1180)

Grammairien et poète byzantin

Né à Constantinople [1], frère d’ Isaac Tzétzès . Leur grand-père Jean Tzétzès, selon ses propres dires, était analphabète, mais pourvu d’une solide fortune, apparemment un riche parvenu ami des lettrés. L’arrière-grand-père était déjà citoyen de Constantinople, inhumé au monastère d’Euphrosyne. Leur mère Eudocie était une petite-fille du sébaste [2] et grand drongaire [3] Constantin, neveu du patriarche Michel Cérulaire et cousin de l’impératrice Eudocie Makrembolitissa . Ce Constantin avait épousé en secondes noces, entre 1074 et 1078, une Géorgienne venue à Constantinople dans la suite de l’impératrice Marie d’Alanie. Isaac et Jean Tzétzès avaient donc une arrière-grand-mère géorgienne et une parenté princière du côté maternel.

Il dit que son principal professeur fut son père Michel, qui passait beaucoup de temps, y compris la nuit, à l’instruire dans toutes les disciplines. À l’âge de 15 ans, il eut d’autres instructeurs, qui lui apprirent entre autres choses l’hébreu et le syriaque. Ses écrits montrent assez l’ampleur et la diversité de sa culture, accompagnée d’ailleurs chez lui d’une vanité et d’une morgue sans pareilles.

Secrétaire du gouverneur de Béroia [4] en Macédoine [5], il fut congédié brutalement pour avoir poursuivi la femme de son patron de ses assiduités. Il traversa alors une période difficile et dû vendre presque tous ses livres pour subvenir à ses besoins.

Il gagna sa vie comme scribe et secrétaire dans des services, puis comme grammatikos [6] à Constantinople à partir de 1139. Il accéda aux cercles lettrés proches du palais impérial et jouit du patronage de grands personnages ecclésiastiques ou civils, telle la sébastokratorissa [7] Irène, épouse du prince Andronic Comnène et protectrice de lettrés. Cependant, les thèmes de la pauvreté et de l’insatisfaction devant le sort qui lui était fait traversent son œuvre.

On a conservé de lui une œuvre abondante et variée, expression surtout de sa grande érudition. Il écrit très souvent en vers, quel que soit le sujet.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de W. Buchwald, Armin Holweg et al., Dictionnaires des auteurs grecs et latins de l’Antiquité et du Moyen Âge, Brepols, 1991

Notes

[1] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[2] Le sébaste ou sebastos est une dignité honorifique utilisée en Grèce pour traduire le titre impérial romain d’Auguste. À partir de la fin du 11ème siècle, sous les Comnènes, le titre de sébaste et ses formes dérivées (protosébaste, panhypersébaste) forment la base d’un nouveau système de titres de cour au sein de l’Empire byzantin. Il est aussi à l’origine de la création du titre de sebastokratōr.

[3] Un drongaire est un rang militaire de la fin de l’Empire romain et de l’Empire byzantin. Il désigne le chef d’un drongos.

[4] Véria (Bérée, Béroia ou Véroia) est une ville de Grèce, en Macédoine-Centrale, capitale du district régional d’Imathie, existant depuis l’Antiquité. Berceau de la dynastie antigonide, siège du koinon des Macédoniens, c’est une ville florissante aux époques romaine et médiévale.

[5] La Macédoine est une région géographique et historique de l’Europe du sud et de la péninsule des Balkans qui tire son nom du royaume antique de Macédoine et qui est actuellement répartie sur plusieurs pays : la Grèce, la Macédoine du Nord, la Bulgarie, mais aussi, selon certaines cartes, quelques petits territoires en Albanie orientale et en Serbie méridionale, le long de leurs frontières.

[6] professeur

[7] Sébastokrator ou sébastocrate est un titre impérial byzantin. On peut le traduire par « noble maître ». La femme d’un sebastokratōr est une sebastokratorissa. Après le démembrement de l’empire par la quatrième croisade en 1204, le titre est adopté par l’Empire latin, l’Empire de Nicée et l’Empire bulgare. Le royaume de Serbie a également utilisé le titre de sébastrokrator, notamment le roi Stefan Nemanja et la dynastie des Nemanjic. À Nicée et sous l’Empire byzantin restauré, le titre reste l’une des plus hautes dignités de la cour, presque toujours réservée aux membres de la famille impériale.