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Serge le Nicétiate ou Serge Nicétiatès

samedi 29 mai 2021, par ljallamion

 Serge le Nicétiate ou Serge Nicétiatès

Haut officiel byzantin du 9ème siècle

L'Empire Byzantin en 867, à la fin du règne de Michel III.Membre de la dynastie amorienne [1]. Serge le Nicétiate est un personnage obscure et énigmatique selon Cyril Mango , uniquement connu par de brèves références dans deux œuvres hagiographiques, “les Actes des saints David, Syméon et Georges et le Synaxarium Constantinopolitanum”. Selon ces sources, Serge serait né dans le village de Nikétia, près d’Amastris [2] en Paphlagonie [3], Il est un proche, probablement l’oncle, de Théodora, l’épouse de l’empereur Théophile et la mère de Michel III.

Sous le règne de Théophile, il devient l’un des principaux membres du Sénat byzantin, atteignant le rang aulique suprême de magistros [4]. Les sceaux qui lui sont attribués indiquent qu’il s’est progressivement élevé, d’hypatos [5], à anthypatos [6], puis à protospatharios [7] et à patrikios [8], et qu’il a exercé la fonction de logothète général [9] ou de logothète du drome [10].

En 843, il joue un rôle important avec Théoctiste le Logothète et les frères de Théodora, Bardas et Petronas , dans l’abandon final de l’iconoclasme [11] et la restauration du culte des images, raison pour laquelle l’Église orthodoxe le vénère comme saint.

La même année, selon le “Synaxarium Constantinopolitanum”, il se voit confier la direction d’une expédition contre l’émirat de Crète [12], bien que toutes les autres sources attribuent cette direction à Théoctiste. Il est toutefois possible que Serge ait été laissé sur place lors du retour précipité de Théoctiste à Constantinople [13].

Serge meurt en Crète, où les Byzantins sont défaits par les Arabes, et est enterré dans un monastère crétois connu pour ce fait ultérieurement comme tou magistrou [14]. Son corps est ensuite re-enterré dans un monastère de la Théotokos [15] dans le golfe de Nicomédie [16], qu’il avait fondé et qui devient à son tour connu comme “tou Niketiatou”.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sergios Niketiates »

Notes

[1] La dynastie amorienne fut fondée par Michel l’Amorien en 820 ; elle règnera sur l’Empire byzantin jusqu’à l’assassinat de Michel III par son chambellan Basile le Macédonien en 867. La période pendant laquelle règnera cette dynastie sera principalement marquée par divers conflits religieux dont le principal fut celui de l’iconoclasme.

[2] aujourd’hui Amasra en Turquie d’où son surnom.

[3] La Paphlagonie est une région historique de l’Asie Mineure située sur la côte nord, entre la Bithynie et le Pont, et bornée au sud par la Galatie. Elle avait pour capitale Amastris (Amasra) et comme villes principales Gangra (Çankırı) et Sinope (Sinop).

[4] Le magister officiorum ou maître des offices est un haut fonctionnaire romain de l’époque du Bas-Empire. Sous l’Empire byzantin, il devient une dignité, le magistros, avant de disparaître au 12ème siècle.

[5] L’hypatos est une dignité de cour qui est originellement la traduction en grec du latin consul. Cette dignité vient des consulats honoraires décernés à la fin de l’Empire romain et survit jusqu’au 12ème siècle. Elle est souvent conférée aux dirigeants des principautés du sud de l’Italie. Dans les documents italiens, le terme est souvent latinisé en hypatus ou ypatus, voire ipato. La forme féminine est hypatissa

[6] Le terme d’anthypatos est la traduction grecque du latin proconsul. Dans la région grecque de l’Empire romain, elle sert à désigner cet office de proconsul à la fin de l’ère romaine et au début de l’époque byzantine, et perdure en tant que fonction administrative jusqu’au 9ème siècle. Par la suite et jusqu’au 11ème siècle, elle devient une dignité byzantine de cour.

[7] Un protospathaire est une des plus hautes dignités de l’Empire byzantin à l’époque mésobyzantine (8ème-12ème siècles), conférée aux principaux généraux et aux gouverneurs provinciaux, ainsi qu’à des princes étrangers.

[8] Equivalent à Patrice, titre honorifique dans l’Empire byzantin et en Occident après la fin de l’Empire romain d’Occident, ainsi que comme charge et titre nobiliaire dans la péninsule italienne (en italien patrizio) jusqu’à l’apparition de la République italienne en 1946.

[9] Le logothète général ou logothète du genikon est le logothète qui est le plus haut responsable de l’administration fiscale (genikon logothesion) dans l’Empire byzantin entre le 7ème et le 12ème siècles. Au 13ème siècle, il devient un titre aulique.

[10] Dans la terminologie byzantine, la fonction de logothète désigne au départ une responsabilité d’ordre financier. La charge de logothetes tou dromou ou « logothète de la Course » ou encore « logothète du Drome » dérive de celui de curiosus cursus publici praesentalis, qui dépendait du bureau du maître des Offices.

[11] L’iconoclasme est, au sens strict, la destruction délibérée de symboles ou représentations religieuses appartenant à sa propre culture, généralement pour des motifs religieux ou politiques. Ce courant de pensée rejette l’adoration vouée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier. L’iconoclasme est opposé à l’iconodulie. L’iconoclasme ou Querelle des Images est un mouvement hostile au culte des icônes, les images saintes, adorées dans l’Empire romain d’Orient. Il se manifesta aux 8ème et 9ème siècles par des destructions massives d’iconostases et la persécution de leurs adorateurs, les iconophiles ou iconodules. Il caractérise également la Réforme protestante.

[12] La Crète, est une île grecque, autrefois appelée « île de Candie ». Cinquième île de la mer Méditerranée en superficie, elle est rattachée en 1913 à la Grèce

[13] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[14] du magistros

[15] Le titre de Théotokos, ou de Mère de Dieu, attribué à la Vierge Marie, apparaît sous la plume d’Alexandre d’Alexandrie en 325, l’année du Premier concile de Nicée, avant celui définitif du concile d’Éphèse en 431. Dans l’Église latine, le titre de Mère de Dieu est parfois rendu par Deiparae Virginis Mariae issu de Deipara.

[16] Nicomédie est une ville d’Asie mineure, capitale du royaume de Bithynie. Elle est appelée Izmit aujourd’hui. Hannibal s’y donna la mort en 183 av. jc et l’historien Arrien y naquit vers 90.