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Prétextat

jeudi 21 mai 2015 (Date de rédaction antérieure : 4 septembre 2011).

Prétextat

Évêque de Rouen

Evêque de Rouen pendant la lutte sanglante, appelée "faide royale" [1], entre notamment Sigebert, roi de Metz, avec son épouse Brunehaut et Chilpéric 1er, roi de Soissons, avec son épouse Frédégonde.

Il est le parrain de Mérovée, fils de Chilpéric.

Avec l’évêque de Paris saint Germain, il assista en 567 au concile de Tours [2].

En 575, après l’assassinat de son époux Sigebert, Brunehilde, prisonnière de Chilpéric, est amenée à Rouen. L’année suivante, Mérovée et Brunehilde se marient devant l’évêque Prétextat. À la suite d’un certain nombre de péripéties, Brunehilde repart en Austrasie, tandis que Mérovée traqué finit par être tué à Thérouanne [3].

Chilpéric convoque alors à Paris un concile d’évêques, devant lequel il fait comparaître Prétextat en 577, l’accusant d’avoir violé les lois canoniques mais aussi d’avoir voulu, en accord avec Mérovée, le faire assassiner et d’avoir excité le peuple contre lui. Prétextat est défendu par Grégoire de Tours, mais en vain. L’évêque de Rouen est condamné à la déposition et à l’exil sur une île, probablement Jersey. Il est remplacé par Melantius.

La mort de Chilpéric, en 584 permet à Prétextat de rentrer à Rouen, rappelé, selon la formule consacrée, "par le clergé et par le peuple". Le frère de Chilpéric, Gontran, roi de Burgondie, prend en charge le sort de Frédégonde et de son fils nouveau-né, Clotaire. Il écarte cependant de la cour Frédégonde qui s’établit d’abord dans une villa royale proche de Rouen, Rotoialum [4].

il fut assassiné dans sa cathédrale sur l’ordre de Frédégonde en 586

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, Éditions Complexe, Bruxelles, 1995/

Notes

[1] La faide était dans les sociétés germaniques (Francs, Burgondes, Lombards, etc.) un système de vengeance privée opposant deux familles ennemies, deux clans, deux tribus, etc..

[2] Le second concile de Tours est ouvert le 17 novembre 567. Il précise que tout ecclésiastique trouvé dans son lit avec une femme sera excommunié pendant un an et réduit à l’état laïc (nicolaïsme) et donne aux évêques le droit d’excommunier les juges oppresseurs qui n’ont pas obtempéré aux réprimandes épiscopales. Les évêques rédigent une lettre pastorale introduisant la perception de la dîme considérée alors comme une aumône.

[3] Thérouanne est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. Après la conquête de la Gaule, elle a reçu un peuplement romain. Ce fut ensuite le siège d’un diocèse important, érigé par saint Achaire. Le plus célèbre de ses évêques est saint Omer. Saint Erkembode, moine bénédictin irlandais, devint évêque de Thérouanne au 8ème siècle. Au Moyen Âge, Thérouanne a fait partie du comté de Flandre, puis du comté d’Artois lorsqu’il s’en est détaché. La cité fut pillée par les Normands en 880 et 882. Les étudiants de son diocèse faisaient partie de la Nation Picarde aux universités de Paris, Orléans et Bologne. Par sa position stratégique, Thérouanne a représenté un enjeu militaire important, en particulier pendant les guerres d’Italie. Après un dernier siège, débuté le 11 avril 1553, Thérouanne a été prise le 20 juin 1553, puis rasée dans le courant de l’été 1553 sur l’ordre de Charles Quint, qui y aurait même fait répandre symboliquement du sel.

[4] Val de Reuil