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Bardas Phocas l’Ancien

dimanche 2 mai 2021, par ljallamion

Bardas Phocas l’Ancien (vers 878-vers 968)

Général byzantin

Père de l´empereur Nicéphore II Phokas et du curopalate [1] Léon Phocas le Jeune.

Bardas était issu du clan Phocas [2].

Son père Nicéphore Phocas l’Aîné était un éminent général qui se distingua en Italie.

En 917, Bardas participa à la désastreuse bataille d´Anchialos [3] sous les ordres de son frère aîné Léon Phocas l´Aîné.

En 941, il fut gouverneur du thème des Arméniaques [4] et contint avec ses troupes locales les attaques des Rus [5]´ menés par Igor de Kiev en Bithynie [6], avant l´arrivée de l´armée byzantine [7] menée par Jean Kourkouas qui les chassa définitivement.

En 945, il fut nommé commandant suprême de l´armée byzantine orientale par l´empereur Constantin VII Porphyrogénète. Profitant des tensions entre l’émir d’Alep [8] et l’Égypte, il occupa en 948 et 949 les villes de Germanicia [9] et d’Erzeroum [10]. En 950 Ali Sayf al-Dawla envahit la Cappadoce [11], mais dut ensuite battre en retraite, abandonné de certains de ses alliés. Le 26 octobre, Bardas Phocas lui tendit une embuscade et détruisit une grande partie de son armée. En 951, Bardas Phocas empêcha de nouveau l’émir d’Alep d’envahir la Cappadoce et déplaça la suite du conflit en Cilicie [12] et en Mésopotamie. Dans les années qui suivirent, il n’arriva pas à progresser.

En 953, il fut vaincu et grièvement blessé par l´émir lors de la bataille de Germanicia [13] et fut remplacé par son fils Nicéphore en 955-956.

Lorsque celui-ci monta sur le trône, il décerna à son père le titre extrêmement prestigieux de césar. Bardas mourut en 968 à l’âge de 90 ans.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les Princes caucasiens et l’Empire du VIe au IXe siècle, 2006

Notes

[1] La dignité de curopalate fut d’abord une fonction de la cour impériale byzantine avant de devenir l’un des titres les plus prestigieux du 6ème au 12ème siècle. Réservée aux membres de la famille impériale et à divers rois et princes du Caucase, elle finit par se déprécier et être reléguée à la fin des listes de préséance avant de tomber en désuétude sous les Paléologues. L’épouse d’un curopalate portait le titre de kouropalatissa.

[2] l´une des plus grandes familles de l´aristocratie militaire anatolienne

[3] La troisième bataille d’Anchialos opposa le 20 août 917, les forces de l’armée byzantine commandées par Romain 1er Lécapène, Léon Phocas et Jean Bogas à celles de l’empereur Siméon 1er de Bulgarie sur les rivages de la mer Noire autour de cette ville (aujourd’hui Pomorie en Bulgarie). Elle se termina par une victoire bulgare au terme de laquelle Siméon se rendit à Constantinople où il fut couronné une deuxième fois comme tsar.

[4] Les Arméniaques ou le thème des Arméniaques sont un thème de l’Empire byzantin situé au nord-est de l’Asie Mineure (Turquie actuelle). Ce thème est l’un des quatre thèmes originels, créés vers la moitié du 7ème siècle.

[5] Russie médiévale

[6] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.

[7] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[8] Alep est une ville de Syrie, chef-lieu du gouvernorat d’Alep, le gouvernorat de Syrie le plus peuplé, situé dans le Nord-Ouest du pays. Pendant des siècles, Alep a été la ville la plus grande de la région syrienne et la troisième plus grande ville de l’Empire ottoman

[9] Kahramanmaraş est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom. La ville s’appelle Germanicia aux époques romaine puis byzantine, Marach, par les croisés et Marach par les Arméniens. Les Arabes et les Byzantins se la disputent pendant des siècles.

[10] Erzurum ou Erzéroum est une ville d’Anatolie orientale ou d’Arménie occidentale, aujourd’hui en Turquie, ayant appartenu à l’Arménie et à la Géorgie.

[11] La Cappadoce est une région historique d’Asie Mineure située dans l’actuelle Turquie. Elle se situe à l’est de la Turquie centrale, autour de la ville de Nevşehir. La notion de « Cappadoce » est à la fois historique et géographique. Les contours en sont donc flous et varient considérablement selon les époques et les points de vue.

[12] *

[13] La bataille de Marach se déroule en 953 près de la ville de Marach (aujourd’hui Kahramanmaraş) entre les forces de l’Empire byzantin conduites par le domestique des Scholes Bardas Phocas et l’émir hamdanide d’Alep Ali Sayf al-Dawla. Ce dernier est le plus grand adversaire des Byzantins sur leur frontière orientale au milieu du 10ème siècle. Malgré leur infériorité numérique, les Arabes défont les Byzantins qui doivent fuir. Bardas Phocas lui-même échappe de peu à la capture grâce à l’intervention de ses gardes et souffre d’une sérieuse blessure au visage. Son plus jeune fils et gouverneur de Séleucie, Constantin Phocas, est fait prisonnier et détenu à Alep jusqu’à sa mort de maladie quelque temps plus tard. Cette débâcle combinée aux défaites de 954 et 955 conduisent à l’éviction de Bardas Phocas de son poste de domestique des Scholes et de son remplacement par son fils aîné, Nicéphore Phocas.