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Aubert d’Avranches ou Saint Aubert

vendredi 30 avril 2021, par ljallamion

Aubert d’Avranches ou Saint Aubert (vers 670-vers 725)

Évêque d’Avranches

Abbaye du mont Saint-Michel.Il fonda le Mont Saint-Michel [1] au 8ème siècle.

Saint Aubert naît aux environs d’Avranches [2] dans la famille des Seigneurs de Genêts [3], au temps du roi Childebert IV. À la mort des siens, il distribue son héritage aux pauvres et se fait prêtre. Prélat charitable et sage, il est élu évêque d’Avranches [4] en 704 à la mort de son prédécesseur.

Le récit miraculeux qui raconte la légende de Saint Aubert et du dragon est issu d’un texte en latin de la “Revelatio ecclesiae sancti Michaelis in monte Tumba” rédigé par un chanoine du Mont-Saint-Michel ou de la cathédrale d’Avranches au début du 9ème siècle. Ce texte de circonstance s’inscrit dans le contexte de lutte de pouvoir entre la Bretagne [5] et le duché de Normandie [6] avec le royaume franc ainsi que des réformes canoniques entreprises par les empereurs carolingiens.

La même hagiographie [7] rapporte qu’après avoir été le témoin d’un combat entre l’archange saint Michel et un dragon débuté sur le mont-Dol [8] et achevé sur le mont Tombe [9], il a reçu de l’archange Michel l’ordre d’entreprendre la construction à l’endroit où il a vaincu le Malin, le mont Tombe, à l’instar du Mont Gargano [10] en Italie où l’archange était déjà honoré depuis le 5ème siècle.

En 708, saint Aubert eut une vision dans laquelle l’archange Michel lui ordonnait d’édifier une église sur l’île de marée rocheuse à l’embouchure du Couesnon [11]. Ce rocher escarpé s’élevait, aride et solitaire, dans une baie formée par la réunion des côtes de la Normandie et de la Bretagne. Une nuit, Aubert a reçu trois fois, au cours de son sommeil, l’ordre de l’Archange Saint Michel de faire ériger sur le Mont Tombe une église en son honneur, mont où il se retirait pour s’y livrer à la prière et à la méditation. Vu l’état de cette pointe rocheuse, à peine rattachée au continent, couverte de broussailles et de ronces et seulement habitée, outre les bêtes sauvages, par quelques ermites, il jugea cela impossible et pensa d’abord à un artifice du Malin. Ce n’est qu’à la troisième injonction qu’il obéit après que l’Archange, afin de mettre fin à ses hésitations, appuya fortement le doigt sur son front et y laissant une mystérieuse empreinte. Aubert se réveilla avec ce creux sur le front et comprit la véracité de l’ordre archangélique.

Aubert envoya deux moines s’informer au sanctuaire du Mont Gargano en Italie, dédié à saint Michel. Puis, le 16 octobre 709, l’évêque fit la dédicace de l’église et y installa un chapitre de 12 chanoines. Le Mont Saint-Michel quitta son appellation de Mont Tombe pour prendre celui de Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer : l’abbaye du Mont-Saint-Michel était née.

À la mort de Saint Aubert, son corps fut probablement placé dans un sarcophage de pierre, comme le voulait la coutume mérovingienne et, selon ses vœux, placé dans le chœur du Mont-Saint-Michel, la tête vers l’autel, les chanoines gardant son crâne et son bras droit comme reliques.

Selon “l’Introductio monachorum”, le chanoine Bernier aurait caché les ossements d’Aubert dans les combles de sa demeure, près de l’oratoire primitif, lors du remplacement des clercs par les bénédictins en 966, peut-être pour protéger ces reliques des attaques des Vikings.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Aubert d’Avranches/ Portail de la Normandie/ Portail du Haut Moyen Âge/ Catégories : Évêque d’Avranches

Notes

[1] L’abbaye du Mont-Saint-Michel est une ancienne abbaye bénédictine et un monument historique situé sur l’îlot du mont Saint-Michel, qui se trouve lui-même sur le territoire de la commune française nommée Le Mont-Saint-Michel, dans le département de la Manche en région de Normandie.

[2] Avranches est une commune française située dans le département de la Manche en Normandie. La vicomté d’Avranches est arrachée au comte de Chester impuissant ; comme tous les seigneurs anglo-normands refusant de reconnaître l’autorité nouvelle du roi de France, Ranulf perd toutes ses prérogatives et possessions normandes. De 1226 à 1234, l’Angleterre refuse cette annexion forcée et tente de reprendre pied sur le sol normand en exerçant un harcèlement constant depuis les marches de Bretagne en direction des places fortes de Saint-James et Pontorson. Puis, en 1232, saint Louis obtient de la noblesse du Cotentin, et plus particulièrement la famille Paisnel d’Avranches, qu’elle se ligue contre une Bretagne orientale sous domination militaire anglaise. En 1236, afin de verrouiller définitivement ce secteur de Normandie et surtout de se prémunir contre d’éventuelles agressions étrangères, le roi de France rachète la vicomté d’Avranches ; le roi, qui séjourne à deux reprises dans la cité en 1256 et 1269, s’attache à lui redonner l’apparence d’une place forte désormais royale en la dotant de nouveaux remparts entourés de fossés.

[3] Genêts est une commune française, située dans le département de la Manche. Les bonnes conditions d’abri qu’offrait le port (un arc entre le bec d’Andaine et le Haut Moncel, encadrant l’estuaire du Lerre) lui permet de se développer et de devenir un port assez important de commerce : vin, blé, poissons séchés, plâtres, pierres à chaux, mercerie, draps, étoffes. Les sources anciennes mentionnent l’activité de ce port. Un commerce de la région, les meules à moulins de Brie et de Champagne a donné son nom au bois des Meules

[4] Le diocèse d’Avranches est un ancien diocèse de l’Église catholique en France. Érigé au 5ème siècle, il est un des diocèses historiques de Normandie. Il couvrait l’Avranchin et le Mortainais, deux pays traditionnels de Basse-Normandie. L’abbaye du Mont-Saint-Michel en dépendait. Suffragant de l’archidiocèse métropolitain de Rouen, il relevait de la province ecclésiastique de Rouen. Supprimé en 1801, il n’a pas été rétabli. Depuis 1854, l’évêque de Coutances relève le titre d’évêque d’Avranches.

[5] La Bretagne est une entité géographique et culturelle, et une des nations dites celtiques. Elle occupe une péninsule, à l’extrémité ouest de la France, située entre la Manche au nord, la mer Celtique et la mer d’Iroise à l’ouest et le golfe de Gascogne au sud. À la fin de l’Empire romain, elle connaît un afflux de population dû à une immigration de Bretons insulaires dans une partie de l’ancienne Armorique gauloise, et vont influencer durablement sa culture. Ceux-ci créent un royaume au 9ème siècle, qui devient ensuite un duché.

[6] Le duché de Normandie est un duché féodal du royaume de France qui a existé de 911 à 1469, d’abord comme principauté largement autonome, puis après sa conquête par le roi de France en 1204, comme partie du domaine royal ou comme apanage. Louis XI supprime le duché en 1469. Toutefois, il subsiste pour sa partie insulaire (les îles Anglo-Normandes) comme dépendance de la couronne britannique. Le duché de Normandie fait partie, comme l’Aquitaine, la Flandre ou la Catalogne, de ces principautés qui émergent au milieu du Moyen Âge avec l’affaiblissement du pouvoir royal carolingien.

[7] L’hagiographie est l’écriture de la vie et/ou de l’œuvre des saints. Pour un texte particulier, on ne parle que rarement d’« une hagiographie », mais plutôt d’un texte hagiographique ou tout simplement d’une vie de saint. Le texte hagiographique étant destiné à être lu, soit lors de l’office des moines soit en public dans le cadre de la prédication. Un texte hagiographique recouvre plusieurs genres littéraires ou artistiques parmi lesquels on compte en premier lieu la vita, c’est-à-dire le récit biographique de la vie du saint. Une fresque à épisode est également une hagiographie, de même qu’une simple notice résumant la vie du bienheureux. Par rapport à une biographie, l’hagiographie est un genre littéraire qui veut mettre en avant le caractère de sainteté du personnage dont on raconte la vie. L’écrivain, l’hagiographe n’a pas d’abord une démarche d’historien, surtout lorsque le genre hagiographique s’est déployé. Aussi les hagiographies anciennes sont parsemées de passages merveilleux à l’historicité douteuse. De plus, des typologies de saints existaient au Moyen Âge, ce qui a conduit les hagiographes à se conformer à ces modèles et à faire de nombreux emprunts à des récits antérieurs.

[8] Ce tertre dominant les marais, à 65 mètres de hauteur (comparable au mont Saint-Michel qui se dessine à l’horizon) ne pouvait que cristalliser les manifestations du sacré. Il fut peut-être un haut lieu de culte païen : culte celte de Taranisc ? Cultes gallo-romains de Mithra, de Cybèle (au printemps et aux marées d’équinoxe) ? Des traces de temple sont encore visibles aujourd’hui aux visiteurs avertis. Saint Samson aurait fait édifier une chapelle dédiée à saint Michel dès le 6ème siècle dans l’enceinte d’un temple dédié à Cybèle. Sous les ruines de cette chapelle ont été découverts deux anciennes tables-passoires qui correspondraient aux autels tauroboliques élevés au culte de Cybèle. Le bas d’un pilier fut aussi récupéré pour l’église en contre-bas.

[9] Le Mont Tombe est l’ancien nom du Mont-Saint-Michel, avant que Charlemagne ne choisisse saint Michel pour protecteur de son empire au 9ème siècle. Le nouveau nom complet était Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer. Ce choix viendrait d’un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 ou 710 par saint Aubert, évêque d’Avranches, dédié à l’archange Saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-Sous-Terre, c’est-à-dire sous la nef de l’abbatiale.

[10] Le Gargano est une région naturelle située dans la province de Foggia (région des Pouilles) dans le sud de l’Italie. C’est un important promontoire de la péninsule italienne qui s’avance dans la mer Adriatique, lui valant le surnom d’éperon » ou d’ergot de l’Italie. Du 4ème au 11ème siècle la montagne est disputée entre les Ostrogoths et les Romains d’Orient, puis entre ces derniers et les Lombards. De cette époque restent les ruines de quelques chapelles de style byzantin, mais le lieu de culte le plus connu de la montagne est le sanctuaire de Monte Gargano, fondé par le pape Gélase 1er à la fin du 5ème siècle et où repose le roi lombard Rothari (mort en 652). La légende locale attribue la fondation de ce sanctuaire à l’apparition de l’archange Michel à l’évêque de Sipontum près d’une grotte. Malgré les pèlerinages au sanctuaire, le mont Gargano semble alors d’autant plus isolé, que les plaines alentour tombent aux mains des Sarrasins de l’émirat de Bari fondé en 847.

[11] Le Couesnon est un petit fleuve côtier dans les trois départements d’Ille-et-Vilaine, de la Manche, de la Mayenne