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Anségise de Fontenelle ou saint Anségise

samedi 30 janvier 2021, par ljallamion

Anségise de Fontenelle ou saint Anségise (vers 770-833)

Religieux franc-Diplomate de Charlemagne et de Louis le Pieux

Il fut abbé de Luxeuil [1] puis de Fontenelle [2]. Il a compilé les capitulaires des rois Francs.   Il eut pour père Anastase et pour mère Himilrade, issu de sang royal. On croit apercevoir dans son testament des indices de son lieu de naissance, qui serait près du monastère de Brebone ou Saint-Rembert [3], dans le diocèse de Lyon [4].   Il fit de bonnes études, puisqu’il passait en son temps pour être habile dans les Lettres sacrées et profanes au monastère de Saint-Rambert-en-Bugey. Lorsqu’il fut en âge de choisir le genre de vie qu’il désirait, il se retira à Fontenelle auprès de son oncle abbé du monastère Saint Gervold.   Il commence sa carrière comme moine à l’abbaye de Fontenelle et Gervold, son oncle le tonsura. Il le fait connaître à l’empereur [Charlemagne] vers 795 en l’emmenant à Aix-la-Chapelle [5], et celui-ci lui confie rapidement la tâche de réformer les monastères de Saint Sixte, près de Reims [6] et de Saint-Memius, dans le diocèse de Châlons [7], tâche dont il s’acquitte avec succès.   Charlemagne le nomme ensuite abbé de Saint-Germer-de-Fly [8] au diocèse de Beauvais [9], en 807 et il assure en même temps la supervision des travaux royaux, sous la direction générale de l’abbé Eginhard, dont il devient l’ami. Ce dernier était intendant des bâtiments impériaux, abbé laïc de Seligenstad [10], de Saint-Jean-Baptiste de Pavie, de Saint-Wandrille, de Saint-Servais de Maastricht et des saints Pierre et Bavon de Gand. L’empereur l’emploie également à diverses ambassades dont il s’acquitte avec honneur et succès.   En 817, l’empereur Louis le Pieux, l’utilise comme son père dans différentes négociations et le nomme abbé de la célèbre abbaye de Luxeuil, fondée par saint Colomban vers 590, après la mort de Dadim ou de Léotric.

Pour maintenir l’unité de l’empire, Louis associe son fils Lothaire au gouvernement. Bernard, frère de Louis et roi d’Italie, se rebelle. Il est condamné à mort en 818 et ses demi-frères Drogon et Hugues sont enfermés, le premier à Luxeuil où il retrouve Anségise, le second à Charroux dans la Vienne.   Après avoir réformé Luxeuil et récupéré des biens qui avaient été dérobés au monastère, entre autres le prieuré de Clefmont [11], il obtient de l’empereur Louis le fameux diplôme énumérant les biens du monastère.   Il est nommé abbé de l’abbaye de Saint-Wandrille de Fontenelle en janvier 823, après la démission volontaire d’Éginhard. Fontenelle est l’abbaye où il avait commencé sa vie religieuse et il la réforme également avec succès, comme ses précédentes abbayes. Il se retrouve pourvu de trois abbayes en même temps. Il y fait revivre l’esprit de Saint-Benoît et la discipline.   Il restaure les édifices, en ajoute de nouveaux et les embellit de peintures murales, d’orfèvrerie, sans oublier les bibliothèques, pourvues de bons livres. Il fit faire une galerie couverte de l’église de Saint-Pierre à la chapelle Saint-Martin, recouverte de lames de fer.   Il est également connu comme le compilateur des capitulaires des rois des Francs [12]. Cet ouvrage ne sera imprimé dans son intégrité qu’en 1588 par Claude Chappelet à Paris, à l’initiative du juriste humaniste Pierre Pithou sous le titre “Karoli Msgni et Ludovici pii christianiss. regum et impp. Francorum capitula sive Francorum leges ecclesiasticae et civiles ab Ansegiso abbate collectae....”   Tombé paralysé, vers 831 ou 832, il fit son testament et choisit saint Hildeman évêque de Beauvais, et Bertonicus ainsi que le moine Landonus pour être ses exécuteurs testamentaires. Anségise y décide un grand nombre de legs, car il possédait des biens considérables.   Il meurt le 20 juillet 833 et est inhumé à Fontenelle, dans la salle du chapitre qu’il avait fait construire. Il donna 31 volumes à l’abbaye de Fontennelle, et son successeur Joseph 1er fit bâtir une tour pour les mettre en sûreté. À Luxeuil il était célébré comme un saint au mois de février.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ansegisus »

Notes

[1] Le monastère Saint-Pierre et Saint-Paul de Luxeuil est situé à Luxeuil-les-Bains au Sud-Est des Vosges. Il a été fondé en 590 par saint Colomban, ce qui a permis à Luxovium, importante cité à l’époque romaine mais déserte car complètement ruinée par les invasions barbares, de revivre. Les Sarrasins la pillent en 732, mais Charlemagne la relève et la règle de Saint-Benoît remplace celle de Saint-Colomban.Ce monastère était renommé pour son scriptorium, actif dès le milieu du 7ème siècle, et probablement le lieu de naissance de la première écriture calligraphique en minuscules, avec une ornementation marginale empruntée à la grammaire décorative de l’Irlande.

[2] L’abbaye Saint-Wandrille, anciennement abbaye de Fontenelle, est une abbaye bénédictine de la congrégation de Solesmes située dans le département de la Seine-Maritime, en Haute-Normandie. Fondée en 649, l’abbaye a connu une longue histoire marquée par trois grandes périodes de saccages et de destructions : celles liées aux incursions des Vikings, puis celles engendrées par les guerres de religion, et enfin celles consécutives à la Révolution française. C’est encore aujourd’hui une abbaye de moines bénédictins.

[3] L’abbaye de Saint-Rambert-en-Bugey est une ancienne abbaye, du 11ème siècle, qui se dresse sur la commune de Saint-Rambert-en-Bugey dans le département de l’Ain.

[4] L’archidiocèse de Lyon (en latin : Archidioecesis Lugdunensis) est un des archidiocèses métropolitains de l’Église catholique en France. Burchard 1er de Lyon puis Burchard II, respectivement frère et fils illégitime de Conrad III de Bourgogne, posent les premiers jalons d’une principauté épiscopale lyonnaise dès la seconde moitié du 10ème siècle. À ce titre et à la suite du rapprochement avec le royaume de France (amorcé par la permutation de 1173), l’évêque Jean II de Belles-Mains édifia à la fin du 11ème siècle un château à motte ; motte de Béchevelin. La motte, outre le rôle symbolique et politique, tête de pont sur la rive gauche du Rhône de l’église de Lyon, contrôlait le passage sur le fleuve et surveillait le « compendium » antique Lyon-Vienne ; un péage y était attaché. Ce même évêque favorisa également la construction du pont du Rhône, pont de la Guillotière actuel. Il est à noter que ce territoire sur lequel l’église de Lyon avait autorité était contesté par le comte de Savoie, les seigneurs de Chandieu et les dauphins de Viennois.

[5] Le palais d’Aix-la-Chapelle était un ensemble de bâtiments résidentiels, politiques et religieux choisi par Charlemagne pour être le centre du pouvoir carolingien. Le palais était situé dans la ville actuelle d’Aix-la-Chapelle qui se trouve à l’ouest de l’Allemagne, dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. On sait que le gros œuvre était terminé en 798 et que la chapelle fut consacrée en 805, mais les travaux continuèrent jusqu’à la mort de Charlemagne en 814. C’est Eudes de Metz qui dessina les plans du palais qui s’inscrivait dans le programme de rénovation du royaume voulue par le souverain. La majeure partie du palais a été détruite, mais il subsiste la chapelle palatiale qui est considérée comme l’un des trésors de l’architecture carolingienne et un beau témoin de la Renaissance carolingienne.

[6] Le premier texte précis concernant le diocèse de Reims date du concile d’Arles en 314 : parmi les 16 évêques figurant à ce concile se trouvaient ceux de Reims (Bétause) et de Trèves, provinces de la Gaule belgique. D’après la tradition, l’évêché de Reims fut fondé vers 250 par les saints Sixte et Sinice. Aucun de leurs successeurs ne fut plus célèbre que saint Remi, mort en 533, après 74 ans d’épiscopat. Une des prérogatives des archevêques de Reims fut de sacrer les rois de France, avec l’huile de la Sainte Ampoule. Dans la cathédrale de Reims actuelle, de Louis VIII à Charles X, vingt-cinq rois de France furent sacrés. L’archevêque reçut le titre de primat de Gaule belgique en 1089. En 1023, l’archevêque Ebles acquit définitivement le comté de Reims, qui fut érigé en duché-pairie entre 1060 et 1170.

[7] Érigé au 4ème siècle, il est un des diocèses historiques de l’ancienne province de Champagne. Supprimé en 1801, il est rétabli en 1822. Il est suffragant de l’archidiocèse métropolitain de Reims. En tant que titulaire de l’une des anciennes pairies de France, l’évêque-comte de Châlons portait l’anneau du Roi au cours de la cérémonie du sacre du roi de France.

[8] L’abbaye Saint-Germer-de-Fly est une ancienne abbaye de bénédictins située dans le département de l’Oise, sur la commune de Saint-Germer-de-Fly. Fondée dans les années 630 par saint Germer, son premier abbé, elle est ravagée par les Vikings au siècle suivant et délaissée par les moines. Relevée par Anségise de Fontenelle au début du 9ème siècle, elle est cependant de nouveau détruite par les Normands en 851, et reste cette fois-ci abandonnée pendant près de deux siècles.

[9] Depuis qu’il a été érigé au 3ème siècle, le diocèse de Beauvais a connu plusieurs évêques. À l’occasion du concordat de 1801, le diocèse fut supprimé le 21 novembre 1801 et regroupé avec celui d’Amiens, mais, reconstitué le 6 octobre 1822, le diocèse est depuis la réforme des circonscriptions françaises de 2002 appelé « diocèse de Beauvais, de Noyon et de Senlis ».

[10] Franconie

[11] Haute-Marne

[12] codification des lois civiles et religieuses qui fut un texte de référence pendant plusieurs siècles